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Se déplacer à l’intérieur comme à l'extérieur de la circonscription de Rimouski n’est pas toujours aisé, surtout pour une personne qui ne possède pas de voiture. Les candidats aux élections provinciales ont d’ailleurs tous inscrit le transport sur leur liste de priorités.
Le transport, qu’il soit terrestre, maritime, ferroviaire ou aérien, est en grande difficulté à Rimouski et il y a le transport collectif aussi, lance d’entrée de jeu le candidat du Parti québécois, Yohann St-Pierre.
Selon lui, un service de traversier entre Rimouski et Forestville est essentiel pour le tourisme et l’économie de Rimouski ainsi que celle de l’est du Québec.
Le pédiatre de formation se réjouit d’ailleurs qu’un entrepreneur privé se lance dans l'aventure, mais il ne s’engage pas formellement à ce qu’un gouvernement péquiste soutienne financièrement le projet.
Je comprends qu’il y a un besoin de subventions et on suivra ça de près, indique Yohann St-Pierre.

Yohann St-Pierre est devenu le candidat du Parti québécois dans Rimouski en mars dernier après avoir reçu l'appui de 66 % des militants souverainistes.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) aussi ne prend pas d’engagement financier. Cédric Gauthier prône l’autonomie des régions.
On sait ce qui est bon pour nous. On sait ce qui est important. [Il faut] ramener les enveloppes vers la région pour qu’on réussisse à distribuer les fonds selon nos besoins locaux.
Il déplore d’ailleurs qu’en vertu des règles en vigueur, les Villes de Rimouski et de Forestville ne soient pas en mesure de soutenir financièrement le projet de traversier du promoteur Louis-Olivier Carré, sans obtenir l’aval des élus de l’Assemblée nationale.
Les deux Villes sont d’accord, mais les décisions sont prises ailleurs, fait valoir ce Gaspésien d’origine installé à Rimouski depuis 21 ans.

Le candidat conservateur, Cédric Gauthier, plaide pour une plus grande autonomie des régions.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
L’importance du transport collectif
Celui qui est directeur à l’ingénierie pour l'entreprise de télécommunication Telus se désole de la fin imminente du transport inter-MRC dans Rimouski-Neigette.
Même son de cloche pour la candidate de la Coalition avenir Québec, Julia Brillant-Ruest, pour qui le transport collectif fait partie intrinsèque du développement économique du territoire.
Les travailleurs s’achètent des terrains en périphérie parce que c’est plus accessible. La demande est là donc c’est un indicateur qu’il faut vraiment peser fort sur le crayon dans ce dossier-là, souligne la femme de 27 ans.
Questionnée quant au refus de sa formation politique de permettre à la Régie de transport du Bas-Saint-Laurent de financer le transport en commun interurbain à l’aide d’une majoration de taxe sur l’essence de deux cents le litre, la candidate explique que ce n’est pas la meilleure option selon elle.

À 27 ans, la candidate de la Coalition avenir Québec dans Rimouski, Julia Brillant-Ruest, espère inspirer d'autres jeunes à se lancer en politique.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Est-ce que c’est le moment d’ajouter une pression sur le portefeuille des Québécois et des Québécoises?, répond cette diplômée en gestion hôtelière et coordonnatrice pour Tourisme Rimouski.
Elle ne propose pas d’autres moyens pour financer le service, mais indique qu’elle ne ferme la porte à rien.
La candidate de Québec solidaire (QS), Virginie Chevalier-Archambault, croit aussi qu’il faut mettre l’accent sur le transport en commun dans la MRC. J’ai rencontré les maires et mairesses, la préfète aussi, pour justement leur promettre notre soutien parce que c’est un service essentiel.
Cette militante de longue date estime que ce service doit permettre aux jeunes de la ruralité de se déplacer à Rimouski pour étudier ou travailler. Ce n’est pas vrai que tous les jeunes de 16 ans ont assez de sous de côté pour avoir un char à eux, souligne cette éducatrice à l’enfance installée au Bic depuis près de quatre ans.
Logement et coût de la vie
La femme de 34 ans aimerait pouvoir parler d’environnement et de l’indépendance du Québec, mais les rencontres qu’elle fait sur le terrain lui ont démontré que les besoins de base sont au cœur des préoccupations des électeurs.
Ce dont ils me parlent, leurs préoccupations premières, c’est se loger à un coût abordable, puis être capable de payer leurs factures, remarque Mme Chevalier-Archambault.
Tout coûte cher en ce moment, puis les gens n’arrivent pas.
Elle s’engage à ce que plus de logements financés par l’État soient construits. Des logements abordables, il n’y en a plus, soulignant au passage que ce sont les conséquences d’avoir laissé trop de place au marché privé à son avis.

Bien qu'elle soit candidate pour la première fois, Virginie Chevalier-Archambault, en est à sa 6e campagne électorale à titre de militante pour Québec solidaire.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Le péquiste Yohann St-Pierre croit aussi que la situation en matière de logements est toujours préoccupante. Il y a une amélioration de la situation actuelle en termes de quantité de logements, mais l’accessibilité demeure un enjeu important et ça, il faut y travailler.
Un député en région a un rôle supplémentaire de défendre les acquis du comté, défendre sa région aussi.
Il faut selon lui, favoriser la construction de nouveaux logements et d’habitations et faciliter l’accès à la propriété pour les premiers acheteurs. Le but est de continuer à augmenter le nombre de logements et d’habitations pour stabiliser les prix.
Tout tourne beaucoup autour du coût de la vie, confie la candidate caquiste. À l’instar de sa cheffe, Christine Fréchette, elle propose de convertir des places en garderies privées en places subventionnées afin d’aider financièrement les familles.
Je veux être la voix qui représente les citoyens et citoyennes et ça passe avant tout par l’écoute. Je pense que c’est une de mes grandes forces.
De la CAQ au PCQ
Après un long règne péquiste, les citoyens de la circonscription de Rimouski ont choisi la Coalition avenir Québec lors du scrutin de 2022 en élisant Maïté Blanchette Vézina comme députée.
Son départ fracassant de la formation politique, suivie de son adhésion au Parti conservateur du Québec n’a cependant pas d’impact dans la présente campagne, croit la candidate de la CAQ.
Sur le terrain, les gens ne m’en parlent pas. [Ils] sont capable de faire la distinction entre les deux personnes, entre ce qui s’est passé et le parti en tant que tel, affirme Julia Brillant-Ruest.
Au contraire, le candidat conservateur, Cédric Gauthier, dit s’en faire parler régulièrement sur le terrain. Selon lui, le changement d’allégeance de la précédente députée de Rimouski est loin de nuire à sa campagne.

Élue députée de Rimouski sous la bannière caquiste en 2022, Maïté Blanchette Vézina avait récolté 41,7 % des suffrages. (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Elle s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup trop de dépenses gouvernementales, que les régions étaient oubliées [...] Je suis contente de la compter parmi nos rangs.
Le péquiste Yohann St-Pierre ne s’en cache pas. Il aurait aimé avoir l’occasion de débattre avec la députée sortante qui a quitté la région pour se présenter dans La Peltrie sous la bannière conservatrice.
Des premiers pas conjoints
À l’exception du candidat du Parti libéral du Québec, Michel Bienvenu, le nom de l’ensemble des candidats et candidates dans Rimouski va se retrouver sur un bulletin de vote pour la première fois.
On est tous des gens dévoués et engagés qui veulent, au final, peu importe notre allégeance politique, le meilleur pour notre communauté, indique Julia Brillant-Ruest.
Elle s’est notamment donné pour mission d’inspirer les jeunes à se lancer en politique. Il faut être représenté à l’Assemblée nationale.
Bien que son visage se retrouve pour la première fois sur une affiche électorale, la solidaire Virginie Chevalier-Archambault travaille bénévolement pour le parti depuis ses 17 ans.
Je n’avais même pas encore le droit de vote que je militais déjà sur le terrain, mentionne celle qui participe à sa sixième campagne électorale.
Peu importe l’issue du vote le 5 octobre, le candidat du PCQ, Cédric Gauthier, s’attend à sortir grandi de son expérience, car il estime qu'il aura une bien meilleure connaissance des enjeux de son milieu de vie.
On veut tous aider la province. On veut tous aider la région. C’est juste qu’on a des solutions différentes, confie-t-il.
Le PLQ et son candidat dans Rimouski, Michel Bienvenue, n'ont pas répondu à nos courriels et n’ont pas rappelé Radio-Canada.


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