Labyrinthe, dédale, toile d’araignée: les métaphores ne manquent pas pour qualifier Les Lieux souterrains et elles ne mentent pas. En 700 pages fabuleuses, le Péruvien Gustavo Faverón Patriau édifie une architecture vertigineuse. Les strates temporelles se bousculent, les personnages, réels, imaginaires ou fantastiques, se perdent et se retrouvent, les histoires se croisent en miroir, les symboles se percutent, les allusions culturelles fantaisistes ou exactes fleurissent. Le roman couvre la période des dictatures dans l’Amérique latine des années 1970 à 1990, et insiste sur le rôle de la CIA, mais il remonte loin aux origines du mal: l’Allemagne nazie, la Deuxième Guerre mondiale jusque dans les Balkans, la guerre de Corée, celle d’Irak.
Au centre, la double figure de George W. Bennett, né dans le Maine au début des années 1960, cinéaste et/ou assassin, fils d’un agent de la CIA, lequel organise tortures et prisons en Amérique latine. Quand ce père tue le meilleur ami de son fils, un jeune homme qu’il torturait dans sa cave, George mesure sa monstruosité et part sur ses traces pour tenter de réparer ses crimes, au risque de se tromper de cible. Il est obsédé par un tableau de Jérôme Bosch, La Pierre de folie, et cherche à extirper cette pierre du cerveau de ses victimes. Dans la première partie du roman, un narrateur qui ressemble à l’auteur le suit à Lima et relate son premier acte de vengeance.


1 day_ago
25




















.jpg)






French (CA)