«On achève bien les chevaux», comme l’énonce le titre d’un film mémorable de Sydney Pollack. «Alors pourquoi pas les êtres humains?» enchaîne celui qui a prononcé cette phrase. Et donc pourquoi pas les livres, aurions-nous envie d’ajouter? Leur avenir ne s’annonce pas sous de très bons augures en effet, si l’on en juge par les nouvelles qui tombent. Des entreprises de l’IA, notamment Anthropic, n’ont-elles pas été surprises en train d’acheter incognito des masses de livres rares et anciens afin d’engraisser leur système?
Jusqu’ici rien que de bien normal. On pourrait même croire à une mission salutaire, offrant ainsi une seconde chance à des invendus qui dorment sur les étagères des libraires. Sauf que les ouvrages sont impitoyablement détruits, une fois qu’on en a extrait la substantifique moelle. Pour des raisons qui ne tiennent pas seulement aux exigences de la numérisation. Leur suppression physique permet aux entreprises de contourner les restrictions imposées par le respect du droit d’auteur: plus un livre est rare, plus il est facile de s’abriter derrière l’exception du «fair use» qui autorise, dans le droit des Etats-Unis, à exploiter le contenu d’un livre si cela sert un intérêt collectif.


10 hour_ago
43




















.jpg)






French (CA)