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Cassie Sharpe aborde ses troisièmes Jeux olympiques de manière beaucoup plus terre à terre. Après avoir remporté des médailles d’or et d’argent à Pyeongchang, en 2018, et à Pékin, en 2022, elle ne vise pas nécessairement le podium à Milan-Cortina.
Le succès, pour moi, c’était simplement d'arriver aux Jeux olympiques et faire la compétition. Une médaille ou les finales, ce sont des bonis, affirme la skieuse canadienne de 31 ans, devenue mère à l’été 2023. Je suis juste contente d’être là et olympienne!
Sharpe pensait bien devoir passer à autre chose après avoir réalisé son rêve de fonder une famille. Elle s’est toutefois rapidement rendu compte que la passion pour la demi-lune en ski acrobatique était encore trop forte. Elle a repris la compétition après deux ans d’absence.
J’ai toujours su que je voulais des enfants. Je pensais que ma carrière serait finie [après être devenue maman]. J’ai regardé les X Games et j’avais encore le feu en moi, raconte-t-elle dans une entrevue à Radio-Canada.

Cassie Sharpe a remporté la médaille d'or en 2018 à Pyeongchang.
Photo : Radio-Canada
C’est un rêve! D’avoir mon bébé et ma famille en bas de la demi-lune, c’est le moment où je pourrai me dire que je l’ai fait!
L’athlète de 33 ans a pu compter sur l’aide de sa mère afin de poursuivre sa carrière. Elle a pris une année sabbatique pour voyager avec nous. C’est cool d’avoir ma mère et mon enfant avec moi. On va partout dans le monde et je partage le sport avec elles.
Une nouvelle réalité
Si les objectifs de performance sont revus à la baisse pour le plaisir en famille, c’est que la réalité de Sharpe a bien changé. Ses horaires de sommeil et d’entraînement sont souvent dictés par sa fille Lou.
À Copper Mountain, on s’est réveillé tellement tôt parce qu’elle avait faim! On mange une banane assise sur le plancher et on passe le temps, dit-elle en rigolant. Je suis vraiment fatiguée quand je vais skier ensuite.
L'Albertaine veut encore offrir des performances de qualité, et la médaille de bronze aux Championnats du monde de Engadin, en Suisse, l’an dernier, le prouve. Son rang ne dicte toutefois plus son humeur.
Le bébé et la famille, c’est plus grand que le sport! J’adore mon sport. Mais, si j’ai une mauvaise descente, je vois Lou et ça met les choses en perspective, ajoute Sharpe avec les yeux pétillants, même si elle doit composer avec un stress différent depuis qu’elle est mère.

Cassie Sharpe pendant la descente qui lui a valu une place sur la plus haute marche du podium, aux X Games, à Aspen.
Photo : Getty Images / Jamie Squire
Je vomis avant chaque compétition. Je ne sais pas si ce sont les hormones, mais je fais mon échauffement, je fais mes sauts et je suis malade. C’est comme un checklist. Je suis préparée!, lance en rigolant la double médaillée, qui fait contre mauvaise fortune bon cœur.
Malgré sa nouvelle réalité, Sharpe sera parmi les favorites pour l’emporter en Italie. Après tout, elle est devenue la première mère à gagner aux X Games, à Aspen, à la fin de janvier.
J’ai peur de ne pas performer comme je peux le faire, évoque Sharpe, traversée par un frisson devant cette possibilité. Mais je fais ce sport depuis si longtemps. Je n’ai pas véritablement de craintes. Je connais mes descentes.
La skieuse semble préparée à tous les scénarios qui pourraient se présenter à elle en Italie. De toute façon, tant que sa fille Lou, sa mère et son mari Justin Dorey l’attendent en bas de la piste, elle est convaincue qu’elle a remporté la plus précieuse des médailles.
Avec les informations de Roseline Filion


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