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«Le rêve américain»: amis devant et derrière la caméra

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Bouna et Jérémy viennent à peine de se rencontrer, mais c’est comme s’ils se connaissaient depuis toujours. D’où cette idée de se lancer ensemble dans un projet fou. En effet, les deux jeunes Français entendent percer l’univers clos de la ligue américaine de basketball (NBA) en devenant les agents de joueurs francophones d’Europe. Cela, sans contact… ni client. Dans le film Le rêve américain, d’Anthony Marciano, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard incarnent Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana au gré d’une histoire incroyable, mais vraie. On s’est entretenu avec les deux acteurs.

Révélé dans Yannick, puis confirmé dans Le deuxième acte et L’attachement, Raphaël Quenard, César de la meilleure révélation masculine en 2024 pour Le chien de la casse, fut d’emblée séduit par la nature du récit.

« Je n’avais jamais eu auparavant l’occasion de lire une histoire de ce genre-là, du type success story un peu flamboyante avec réussite grandiose à la clé, à propos spécifiquement de deux Français. Deux Français partis de rien, qui ne possèdent aucun des codes du milieu qu’ils vont s’évertuer à tenter de pénétrer, et qui pour autant, à la force de leur maladresse, mais surtout de leur sincérité, vont y parvenir. Avec JP, ça nous parlait et ça résonnait avec la façon qu’on a d’aborder la vie et d’essayer d’y faire notre petit bout de chemin. »

Ce que confirme « JP », alias Jean-Pascal Zadi, César de la meilleure révélation masculine en 2021 pour Tout simplement noir, qu’il a coréalisé, vu subséquemment dans L’amour ouf et Le procès du chien.

« La particularité de ce parcours-ci, c’est d’avoir osé rêver aussi grand, note ce dernier. Je trouve que ce film fait du bien pour cette raison, parce qu’il démontre aux gens qu’il n’y a pas de rêve trop grand. Sauf que, bien sûr, il y a un prix à payer : la galère, la pauvreté… »

Dynamique de groupe

Fait à signaler, depuis 2022, c’est la sixième fois que Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard tournent ensemble. Forcément, ça crée des liens. Or, justement, le film présente une formidable histoire d’amitié, une véritable « bromance » renforcée par la complicité palpable que partagent les deux vedettes.

« Avec JP, on ne s’est même pas posé la question de savoir si notre complicité allait être captée à l’image ou pas. Je trouve qu’elle l’a été, et en même temps, c’est normal, parce qu’on se regarde comme ça dans la vie : nos regards sont remplis de bienveillance et d’amour l’un pour l’autre. »

Opinant à ces paroles, Jean-Pascal Zadi renchérit : « Quand on se regarde dans le film, ce sont des moments de vérité. Et ça fait écho aux liens qui unissent Jérémy et Bouna : Raphaël et moi, on a en commun le fait d’avoir de l’amour, de la tendresse et de l’amitié l’un pour l’autre, comme Jérémy et Bouna. C’était un bonheur de tourner ensemble, de se côtoyer tous les matins. »

D’ailleurs, l’un des passages les plus forts dans le film survient lorsque Bouna dit à Jérémy, qui en est à tout remettre en question, qu’il ne peut pas y arriver sans lui, le premier expliquant au second combien leur complémentarité est leur principal atout.

« Ça montre que la réussite, même si le moteur est personnel, c’est quand même une dynamique globale, relève à ce propos Jean-Pascal Zadi. Jérémy et Bouna, l’un sans l’autre, ils n’y seraient pas arrivés, et, sans leurs conjointes, ils n’y seraient pas arrivés. »

D’où le côté un peu ironique du titre Le rêve américain

De poursuivre Jean-Pascal Zadi : « Le film montre que ce n’est pas une réussite à l’américaine do it yourself, seul contre le monde : là, c’est une dynamique de groupe, et moi, je suis assez d’accord avec ça. Ça correspond à mon propre parcours professionnel. Je trouve ça bien, que le film casse un peu le mythe de “seul contre tous”. Car, non, personne n’est seul contre tous dans cette histoire : il y a ce lien indéfectible entre Jérémy et Bouna, et il y a leurs meufs, qui prennent des crédits pour eux, et tout ça est le socle de leur réussite. »

L’amitié au centre

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils conservent de plus précieux du projet, Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi n’ont guère besoin de réfléchir. Et leurs réponses respectives cadrent avec leurs confidences faites en cours d’entrevue.

« Pour moi, je garde le bonheur de travailler avec JP et Anthony. »

« Moi aussi. Et puis, ce film a remis l’amitié au centre de ma vie. Je me dis que les amis qu’on a de longue date, c’est hyper important, mais que les amis qu’on se choisit, même si ce sont des liens tissés plus tardivement, ce n’est pas de moindre qualité que les amis d’enfance. La collaboration avec Raphaël et le bonheur qu’il m’apporte, le réconfort dans ma vie personnelle : c’est ça que je garde le plus précieusement du film. »


Le film Le rêve américain prend l’affiche le 3 avril.

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