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Le 10e festival Acadie Love bat son plein à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, un festival qui demeure pertinent une décennie après sa création, disent les organisateurs.
La programmation était bien remplie ces derniers jours pour célébrer le 10e anniversaire de l’événement, notamment avec des spectacles de Sylvie Boulianne, Sami Landri et Jeremy Dutcher.
Sans compter l'activité culinaire festive À table avec fierté, de retour cette année dans le stationnement du Centre culturel de Caraquet.

Jeremy Dutcher
Photo : Les films Sanajik et PVP Média / Priscillia Piccoli
La mission d’Acadie Love est de célébrer la diversité sexuelle et de genre, créer des espaces sécuritaires et inclusifs et faire rayonner les voix de la communauté de la région, explique le président du festival, Kevin Haché.
Longtemps, la communauté s’est cachée, elle a vit un peu dans le placard. Puis là maintenant, on fête dans la rue, note Kevin Haché. Que la météo soit là ou pas, nous, on est là pour célébrer la diversité.
Au Quai des artistes de Caraquet, des participants confectionnaient des macarons aux couleurs de la diversité, vendredi. Parmi eux, des visiteurs de Trois-Rivières venus participer aux activités d’Acadie Love.
Faire avancer la cause pour la communauté 2ELGBTQIA, pour tous les éléments de la communauté, je trouve ça important où il y a des événements et où on est visible , dit Sylvain Martel, de Trois-Rivières.

Des visiteurs de Trois-Rivières à l’atelier de macarons.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Kevin Haché, se souvient des premières années du festival alors qu'il était encore difficile d’afficher sa diversité. Les choses ont changé pour le mieux depuis, mais le travail est loin d’être terminé, fait-il remarquer.
Dix ans passés, je n’aurais jamais sorti mon drapeau LGBT et le mettre chez nous. Cette année, il flotte encore une fois devant mon bureau. Je pense que les gens ont accepté de prendre leur place à Caraquet , dit-il.
Cependant, on est loin de l’effervescence des premières années du festival.
Les commerces locaux sont de moins en moins nombreux à afficher le drapeau multicolore dans les rues de Caraquet.

Les drapeaux de la Fierté sont bien affichés à l'entrée de la Boutique de l’Étoile de Caraquet.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Viser une 11e édition?
Même après 10 ans, Acadie Love a toujours sa pertinence, assure le sénateur René Cormier. Grâce aux conférences et aux spectacles, l’événement permet d’éduquer la communauté afin de s’assurer que les droits de la diversité soient respectés.
Quand on regarde ce qui se passe au Canada et dans le reste du monde, on se rend compte qu’il y a d’importants reculs qui sont faits sur les droits LGBT+, dit René Cormier.
Travailler aux droits de la personne, que ce soit les communautés LGBT+ ou d’autres, c’est travailler pour les droits de tout le monde, poursuit le sénateur.
Les gens parlent, donc on n’est plus caché. Je pense qu’il y a une ouverture, mais il y a encore des préjugés lorsqu’on regarde la montée de la droite, note pour sa part Kevin Haché. Des fois, ça fait encore mal, donc c’est pour ça qu’il faut être résilient et continuer.

Le président d'Acadie Love, Kevin Haché (à gauche), et le sénateur René Cormier (à droite).
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Kevin Haché ajoute qu'Acadie Love a encore sa place, notamment parce qu'il s'agit du seul festival néo-brunswickois de la diversité en région.
Une petite communauté comme Caraquet, avec l’agrandissement, on est quand même juste 8500 et on fête le 10e anniversaire d’un événement comme ceci , dit-il fièrement. De dire que Caraquet continue à célébrer son 10e anniversaire, je pense qu’il faut le souligner, puis faut le fêter en grand.

Des festivaliers participent à une activité d'Acadie Love 2026, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Les organisateurs doivent néanmoins se battre année après année pour assurer la pérennité du festival. Organiser ce type d’événement est difficile et ce dixième anniversaire pourrait aussi être le dernier.
À ce sujet, Kevin Haché demeure prudent.
Chaque année, on doit se repositionner. Comme n’importe quel organisme, on va se questionner, on va faire le bilan cette année, en espérant qu’on aura une onzième.
Acadie Love, la façon dont elle est partie, c’est qu’elle doit toujours continuer à donner ce service-là, à donner des espaces sécuritaires. Elle doit continuer à faire son travail d’éducation, conclut Kevin Haché.
Acadie Love clôturera son festival samedi soir, avec le spectacle de Jeremy Dutcher, de la Première Nation de Tobique.
Avec des informations de l'émission La matinale - Acadie


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