L’entretien accordé par Omer Bartov au Temps samedi dernier, dépasse largement la critique courante de l’Etat d’Israël. Il propose une interprétation générale de l’histoire du sionisme dont la conclusion est qu’Israël devrait se réinventer sans lui. Il serait devenu une idéologie coloniale, suprémaciste et finalement génocidaire. Une telle thèse mérite d’être discutée tant elle interpelle par sa radicalité.
La modernité a fait de la critique une vertu cardinale, oubliant parfois que sa généalogie est ancienne. L’une de ses sources les plus profondes est la tradition prophétique hébraïque. Les prophètes d’Israël sont les premiers grands critiques du pouvoir. Ils dénoncent les fautes des rois, l’injustice sociale, la domination. Mais leur parole ne procède jamais d’une extériorité. Ils parlent au peuple et lui enjoignent de la fidélité à sa Loi éthique. Ils accusent pour sauver.


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