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Le projet de rachat de la mine Caribou retardé

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Le projet de rachat de la mine Caribou, à l'arrêt depuis 2022, prend du retard. L'entreprise ontarienne Canadian Copper, qui souhaitait conclure la transaction de rachat à l’été 2025, vise maintenant le début de 2026 pour mener à terme l’opération financière.

En 2024, Canadian Copper déclarait avoir signé une liste de conditions et un accord d'exclusivité, lui donnant le droit exclusif d'acquérir la mine Caribou, située près de Bathurst, pour la somme de 6,2 millions de dollars.

À l’époque, le promoteur était persuadé que cette transaction allait être conclue d’ici le 11 juillet 2025.

Mais le 5 janvier 2026, l’entreprise a annoncé, sur son site Internet, qu’elle souhaite compléter cette opération financière au cours du premier trimestre de 2026.

Dans un communiqué en ligne, Canadian Copper affirme être en mesure de finaliser l’accord d’achat d’actifs en janvier, puis vise un transfert de la propriété d’ici mars. Mercredi, l’entreprise n’a toutefois pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

La mine Caribou, à Bathurst, reprend ses activités.

Trevali est une entreprise basée en Colombie-Britannique. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Rappelons qu’en août 2022, Trevali, propriétaire de cette mine de zinc, de cuivre, de plomb, d'argent et d'or, s'est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Plus de 200 personnes avaient perdu leur emploi.

Depuis l’effondrement financier de Trevali, le site minier est sous la responsabilité du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Nous maintenons les opérations essentielles à la mine Caribou afin de protéger l’environnement. [Ces opérations gouvernementales permettent aussi] de préserver la mine en vue d’une utilisation future, puisque le gouvernement cherche un nouvel exploitant, a déclaré par écrit le porte-parole du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Nick Brown.

Un développement économique souhaité

D’ici les 36 prochains mois, Canadian Copper espère pouvoir produire, annuellement, l’équivalent de 30 millions de livres de cuivre dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Pour la Commission des services régionaux (CSR) Chaleur, cette potentielle ouverture de la mine représente une occasion importante de développement économique.

Un projet de cette envergure pourrait générer des emplois de qualité, stimuler l’économie locale et contribuer à la vitalité de nos communautés [...] Des projets structurants comme celui-ci peuvent certainement jouer un rôle clé dans la diversification économique et la création d’un avenir plus prospère pour nos citoyens, déclare par écrit la directrice du Service de développement économique et touristique de la CSR Chaleur, Shirley de Silva.

Une femme assise tient des feuilles de papier.

La directrice du service de développement économique et touristique de la région Chaleur, Shirley da Silva (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La province partage un avis semblable.

Le [Nouveau-Brunswick] soutient la réouverture de la mine, car elle crée des opportunités d’emploi au sein de la communauté.

Des inquiétudes environnementales

L’avocat spécialisé en droit de l'environnement Rodrigue Turgeon est coresponsable du programme national de l'organisme Mining Watch Canada.

Puisque Canadian Copper souhaite entamer la production minière d’ici 2029, près de Bathurst, Rodrigue Turgeon invite les populations locales à se positionner et à s'informer rapidement quant à ce potentiel projet.

C’est maintenant le moment de s’intéresser au projet [minier]. Il faut absolument que les gens qui vivent à proximité, qu’ils soient en faveur du projet sous certaines conditions ou contre, s’intéressent aux impacts et aux compagnies avant même que les travaux commencent, croit-il.

Il ne faut pas attendre que les gouvernements s’empressent de délivrer les autorisations à un joueur qui n’a pas fait ses preuves, qui n’a pas [nécessairement] rempli les exigences.

Rodrigue Turgeon, portant un manteau noir, regarde vers la rivière sous un ciel nuageux et sombre.

Rodrigue Turgeon, de MiningWatch Canada (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Emmanuelle Latraverse

La mine a ouvert ses portes pour la première fois en 1955. Plusieurs propriétaires se sont succédé depuis. Dans ce contexte, Rodrigue Turgeon se demande si les installations peuvent rouvrir d’une manière durable.

La mine peine à attirer de gros joueurs de l'industrie qui ont les ressources nécessaires pour s’assurer d’éviter les catastrophes environnementales, et de réparer les dégâts, une fois qu’ils sont posés. C’est un drapeau rouge. Quand un joueur, comme Canadian Copper, prend autant de temps pour assembler les conditions pour l’acquisition, ça peut soulever des inquiétudes quant à leur capacité d’opérer ce site minier, d’une manière sécuritaire, d’un point de vue de la protection de l’environnement et de la sécurité pour les travailleurs, lance-t-il.

Selon le Nouveau-Brunswick, la vente de la mine Caribou devra être approuvée par les tribunaux de la Colombie-Britannique, là où la procédure d'insolvabilité serait toujours en cours.

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