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Alors que la course aux minéraux critiques s’accélère au Canada et dans le monde, une première mine de nickel pourrait voir le jour en Colombie-Britannique d’ici 2034. D’ici là, les consultations avec le public et les Premières Nations ont débuté le 5 février et se poursuivront jusqu’au 9 mars.
C'est une grosse mine, une grosse opportunité pour la province. Elle [permettra] d’augmenter la croissance de la production de nickel au Canada d'à peu près 50 %, explique Martin Turenne, président-directeur général de FPX Nickel.
L’entreprise prévoit que la mine Baptiste, située à 80 km au nord-est de Fort St. James, fournira assez de nickel pour alimenter près de 1,3 million de véhicules par an.
La mine serait alimentée en électricité par une ligne de transmission de BC Hydro depuis le lac Fraser. Elle produirait près de 162 000 tonnes de nickel par jour et fonctionnerait pendant 28 ans.
Engagé dans la course aux minéraux critiques, le Canada a identifié 34 minéraux critiques, et 22 d’entre eux se trouvent en Colombie-Britannique. Dans sa stratégie sur les minéraux critiques de 2024, la province mise en priorité sur le nickel, le cobalt et le cuivre.
Un consentement essentiel
Il faudra encore attendre plusieurs années pour voir du nickel britanno-colombien être extrait près de Fort St. James, puisqu'après la phase de consultation de ce mois-ci, les évaluations environnementales provinciale et fédérale du projet suivront d’ici la fin de 2027.
Si le projet est approuvé, la direction de l’entreprise prévoit d’entamer la construction en 2030.
Dans le cadre de la Déclaration des droits des peuples autochtones signée par la province, le consentement libre et éclairé des Premières Nations est essentiel à l’avancée de tout projet minier dans la province.
Le projet de la mine Baptiste se situe sur les territoires traditionnels des Nations Binche Whut’en et Tl’azt’en. Le projet toucherait les nations Binche Whut’en et Tl’azt’en, ainsi que les territoires des nations Lake Babine, Nak’azdli Whut’en, Takla et Yekooche, sans oublier les Premières Nations Nechako (Nadleh Whut’en et Stellat’en).
M. Turenne assure que le consentement et la collaboration des Premières Nations sont essentiels à l'avancement du projet, conformément aux processus encadrés par le gouvernement provincial.
Il n’exclut toutefois pas de s’entendre directement avec les Premières Nations concernées.
Si [les Premières Nations] veulent que la compagnie soit dans ces discussions-là [avec la province] ou non, nous sommes toujours prêts à être directement [impliqués] dans ces discussions.
Le projet de mine pourrait faire partie de la liste du bureau fédéral des grands projets, à l’image de la mine de cuivre et d’or Red Chris Mine, dans le nord-ouest de la province. M. Turenne voit cette perspective d’un bon œil, mais « seulement de concert avec les Premières Nations ».
Si les Premières Nations voulaient voir un processus plus efficace, disons, cela serait quelque chose avec lequel on serait peut-être confortables, précise-t-il.

La mine Crawford doit produire jusqu'à 240 000 tonnes de minerai par jour, selon le fédéral.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Concurrencer l’Indonésie avec un alliage rare
Pour faire sa place sur le marché du nickel et concurrencer l’Indonésie, le premier pays exportateur mondial, l’entreprise FPX mise sur l’awaruite. Cet alliage hautement magnétique et rare est composé de fer et de nickel.
Son empreinte environnementale est bien moindre que celle des procédés traditionnels à base de souffre, explique le professeur en ingénierie minière John Steen, de l’Université de la Colombie-Britannique.
Cet alliage permettrait aussi une meilleure capture du carbone, selon l’expert.
La mine de Baptiste représenterait une alternative plus verte au nickel indonésien, selon John Steen, mais le prix du nickel britanno-colombien sera aussi plus élevé.
Le plus grand risque pour le projet réside dans l'évolution du marché indonésien du nickel. Si les fabricants décident qu'il est acceptable d'utiliser du nickel sale, alors les Indonésiens, financés par des bailleurs de fonds chinois, continueront à produire du nickel sale et à inonder le marché. Il sera alors très difficile d'obtenir un bon prix pour le nickel provenant de la Colombie-Britannique.
Dans un rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais) publié en juin dernier, l'ONG Climate Rights Watch a pointé du doigt des méthodes d'extraction hautement polluantes utilisées en Indonésie ainsi que la déforestation massive de territoires.
Un scénario de l’Agence internationale de l’énergie (nouvelle fenêtre) (en anglais) prévoit que la demande de nickel devrait doubler d'ici 2040 avec un risque de pénurie d’ici 2030. Le nickel est principalement utilisé pour fabriquer de l'acier inoxydable, mais aussi des batteries pour véhicules électriques.
D’ici la fin de la construction de la mine, vers 2034 selon M. Steen, l'Indonésie va continuer d’inonder le marché avec un nickel sale et peu cher.


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