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Vous aussi, vous avez vécu dans le noir, de peur de faire entrer plus de chaleur encore dans votre maison ? Vous aussi, vous avez manqué de sommeil, harassés par des nuits tropicales à répétition ? Alors pour vous comme pour moi, l'été 2026 restera celui où le changement climatique a cessé de ressembler à une courbe de température qui grimpe pour se transformer en une douloureuse expérience physique.
Après un été historiquement chaud, une rentrée à nouveau anormalement chaude ! La France va connaître un coup de chaleur notable sur la moitié sud, et il n’est pas impossible que les températures de certains départements atteignent les seuils caniculaires.... Lire la suite
L'été 2026 a été chaud. Sans doute, le plus chaud jamais enregistré en France avec une température moyenne se rapprochant des 24 °C.
Le record précédent était détenu par l'été 2003 et sa température de 23,1 °C.
[1/4] L’été 2026 est, de loin, le + chaud jamais observé en France, devançant 2003 de 0,8°C. Seulement 5 jours sous les normales, contre 86 au-dessus. Il laisse derrière lui une agriculture en lambeaux et des écosystèmes à l’agonie.
Le froid durable sous les normes n'existe… pic.twitter.com/nQXYTDwnqM
Le bilan de ces trois derniers mois est dressé. Mais à quoi ressembleront nos étés demain, en 2035, en 2050 ? Et un peu plus loin, ceux de nos petits-enfants, en 2100 ?
Les scientifiques comptent sur des simulations pour explorer l'éventail des possibles. Pas seulement un climat, mais aussi le cadre de vie dans lequel nous, et nos enfants continuerons (ou non) à nous émerveiller de la beauté de notre monde.
Vous avez probablement déjà entendu parler des scénarios sur lesquelles reposent ses simulations. Les « trajectoires socio-économiques partagées » (SSP) qui occupaient une place centrale dans le dernier rapport du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
Les courbes de réchauffement global par rapport à la période 1850-1900 pour chaque scénario SSP. © Giec AR6 WGI SPM
Climat : les nouveaux scénarios qui changent tout
Une nouvelle série de scénarios vient d'être publiée pour la septième phase du Projet d'intercomparaison de modèles couplés (CMIP7). Et elle s'accompagne de quelques (relatives) bonnes nouvelles.
Les 10 prochains étés en France : ce que les modèles climatiques annoncent concrètement
Trois canicules en trois mois, une sécheresse de niveau extrême sur les trois quarts du pays, des incendies jusqu’en Ile-de-France, et des orages parfois dévastateurs : l’été 2026 annonce-t-il la couleur de ce qui nous attend ces 10 prochaines années ?... Lire la suite
D'abord, la disparition du scénario caractérisé par une « absence de politique climatique ». Le signe, donc, que nos sociétés prennent désormais le problème un minimum au sérieux.
Puis, comme l'hypothèse d'un monde dominé à l'avenir par le charbon n'apparaît plus plausible, les projections d'émissions les plus élevées ont été revues à la baisse.
Résultat, alors que les scénarios SSP précédents laissaient entrevoir un réchauffement allant jusqu'à +4,7 °C en 2100, ceux-là ramènent la limite supérieure à cette échéance à +3,3 °C.
Des nouvelles limites à la réalité
Une limite haute revue à la baisse, c'est la première fois que cela arrive en quatre générations de modélisation climatique - les simulations sont réalisées tous les 6 à 7 ans.
Sur le front des mauvaises nouvelles, une limite inférieure revue, elle, à la hausse. Comprenez que le franchissement du seuil de +1,5 °C de réchauffement est désormais quasi inévitable. Le scénario « très bas » donne un pic à +1,8 °C d'ici 2050 et un retour vers +1,6 °C en 2100. Plus ou moins sous le seuil fixé par l'Accord de Paris sur le climat.
Mais la réalité du moment est moins positive. Car le nouveau scénario « intermédiaire », celui qui reflète les politiques actuelles de nos gouvernements, franchit le cap des +1,5 °C de réchauffement climatique dans moins de 10 ans puis les +2 °C vers 2050 pour atteindre... +2,9 °C en 2100 !
Ce même scénario décrit aussi une Terre plus peuplée, avec un pic de population vers 2080 à 10,1 milliards d'habitants. Et un revenu par habitant en 2100 qui aura baissé de 10 à 25 % !
« Nous n’arriverons pas à éliminer les 10 milliards de tonnes de CO2 par an annoncés pour 2050 »
En brûlant des énergies fossiles, nous émettons du dioxyde de carbone. En éliminant ce CO2, nous pourrions limiter le réchauffement de notre climat. Mais ne croyez pas tenir là LA solution à la crise mondiale que nous vivons. Car le chemin pour y arriver est encore long. Et l’élimination du CO2 ne pourra pas se substituer à l’indispensable atténuation de nos émissions.... Lire la suite
Le tout comptant, entre autres, sur l'élimination du dioxyde de carbone (CO2). En quantité parfois astronomique : 2 360 milliards de tonnes cumulées d'ici 2150 pour le scénario d'émissions « bas à négatif ».
If we run these emissions scenarios through a reduced complexity climate model (FaIR) we see a range of possible warming outcomes by 2100. For the first time scenarios are also being extended (by default) another 50 years through 2150, reflecting the fact that 2100 is no longer… pic.twitter.com/dm0xnH9xgC
— Zeke Hausfather (@hausfath) September 1, 2026Et si l’été 2026 devenait la norme pour nos enfants ?
Le scénario du pire est désormais peu probable. Mais le scénario du meilleur n'est pas beaucoup plus plausible.
Et nous sommes directement concernés. De la Nouvelle-Aquitaine aux Alpes, la France se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. Si les +2 °C de réchauffement global sont atteints en 2050, nous devrons nous préparer à ce que l'été que nous avons vécu cette année devienne la norme, voire l'un des plus frais : canicules à répétition, plus longues, intenses et précoces, sécheresses généralisées et feux de forêt dans de nouvelles régions, nuits tropicales où le sommeil devient un luxe et pics de pollution aggravés par la chaleur.
L’été 2026 pulvérise les repères : voici l’ampleur réelle de ce qui vient de se produire
Températures records, vagues de chaleur à répétition, sécheresse, incendies, canicule marine et éboulements : en quelques semaines, les chiffres de l'été 2026 ont atteint des niveaux vertigineux.... Lire la suite
Ces nouveaux scénarios, toutefois, ne dessinent que des avenirs possibles. À nous de décider lequel deviendra notre réalité en fonction des choix politiques que nous ferons demain. Déjà cet été, les relevés de Météo-France montrent une anomalie de température saisonnière qui atteint les +3,6 °C : un avant-goût concret de ce que pourraient être nos « normales de demain »... ou un signal pour agir avant que ces étés ne deviennent l'héritage climatique que nous laisserons aux générations futures.


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