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Il dénombre quatre agresseurs, dont un homme politique et ami de ses parents. Après des années d’amnésie, c’est une violente agression dans son hall d’immeuble qui a ravivé sa mémoire.
Passer la publicité Passer la publicité«Je ne donne pas son nom parce que mon histoire est plus grande que lui», affirme ce jeudi 16 avril avec beaucoup de courage Frédéric Pommier face à Benjamin Duhamel. Le journaliste de France Inter a livré un témoignage bouleversant dans la matinale de la radio du service public.
Dans le livre Derrière les arbres, édité chez Flammarion, Frédéric Pommier raconte les viols qu’il a subis. «Un livre pour rester vivant, redonner vie au petit garçon qu’on a tué. Pour rendre justice au petit garçon que j’étais et au petit garçon qu’on a bousillé à quatre ans, à cinq ans, à six ans, à sept ans et qui lui, pour survivre, a oublié pendant très longtemps».
Ceux qui veulent le trouver, le trouveront
Frédéric Pommier sur France InterSans délivrer les identités de ses agresseurs, il précise toutefois que l’un d’eux était un ami de ses parents, mais aussi qu’il a été maire et député. «Je ne donne pas son nom parce que ce n’est pas mon sujet. Pendant plus de 40 ans, j’ai tenté de lutter contre son emprise. J’en suis sorti de cette emprise-là. Voir son nom écrit m’est assez peu supportable, de l’entendre m’est assez peu supportable», argument il avant d’ajouter : «Ceux qui veulent le trouver, le trouveront. Et ceux qui doivent le trouver, le trouveront.»
Le journaliste a porté plainte. Une confrontation a eu lieu, malgré la prescription des faits. «Un moment d’émotion forte et puis en même temps un massacre», estime Frédéric Pommier. «J’ai entendu l’un des hommes qui a bousillé mon enfance et une partie de ma vie dire “non, ce n’est pas vrai”», regrette-t-il. Mais cet homme politique est «un violeur parmi d’autres» dans l’histoire de Frédéric Pommier. Il en dénombre quatre en tout.
Une agression ravive sa mémoire
C’est une agression, à l’âge de 34 ans, qui fait remonter à la surface ses souvenirs enfouis par les traumatismes. Un homme lui plante un couteau dans le cou dans le hall de son immeuble. «Ce jour-là, je me défends parce que je suis adulte et je crois que le fait de m’être défendu a provoqué comme un déclic dans mon corps, c’est-à-dire qu’à ce moment-là, je n’ai pas été une victime, en tout cas j’ai refusé de l’être», explique-t-il au micro de France Inter. Les visages de ses agresseurs lui reviennent en mémoire et ce qu’il appelle «le puzzle» de ses souvenirs prend tout son sens. Les images des silhouettes, certaines phrases ou encore des odeurs «qui surgissent parfois».
«Je crois qu’il faut raconter ce genre d’histoires parce qu’on aura jamais assez de voix pour porter ce genre d’histoires. Moi il m’a fallu toutes ces années-là. Écrire pour avoir une parole plus forte et ajouter ma voix à celles des garçons qui ont déjà raconté ce type de parcours», conclut-il.


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