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C’est mon 4e voyage en Grèce, où je m’étais rendu deux fois en 2010, plus une randonnée en Crète en 2020 (voir « Randonnée crétoise pour fuir la coronafolie »). Voyez mes photos de ce voyage 2026 disponibles sur ce lien. En 2010, c’était une année difficile, que j’ai partiellement effacée de ma mémoire. Des séjours de 2010, j’avais tiré l’article « D’Alexis Zorba et de quelques contradictions grecques », qui ne disait quasiment rien sur le contenu de ces deux voyages. En relisant ces notes, je constate avec étonnement comment ma vision des choses a évolué en 15 ans. Dans cet article, je n’avais même pas inclus mes photos (juste quelques-unes pour illustrer), que je viens de retrouver et d’ajouter à l’article, en réactivant avec difficulté mon ancien ordinateur. Les métadonnées de ces photos me rappellent que ce premier voyage avait eu lieu du 22 au 29 avril 2010, 16 ans jour pour jour avant ce nouveau voyage. C’était l’année du psychodrame du volcan islandais. Pour une fois, j’avais planifié un voyage avec un ami, mon ami Serge / Siarhai, et nous avions fini par partir avec 2 ou 3 jours de retard quand les vols ont repris. Le détail avait disparu de ma mémoire, mais grâce à ces photos je sais que nous avions passé d’abord 2 nuits à Athènes, puis nous étions allés à Rhodes, où nous avions loué une voiture, puis nous étions revenus à Athènes, en prenant directement un bus pour les Météores, puis retour à Athènes pour une nuit. La même année, j’avais participé à une randonnée organisée du 25 juillet au 6 août, sur les îles de Santorin, Naxos, Amorgos, et c’est au dernier jour de ce voyage, donc sans doute par une température caniculaire, que j’avais assisté à la relève des evzones, dont j’avais tiré d’assez belles photos.
J’ai été assez ému en 2026 de revenir sur ces lieux, car entretemps, mon ami Serge est mort, suicidé à l’âge de 50 ans en 2022, étant tombé dans l’enfer du « chemsex » dans les années qui ont suivi ce voyage (à moins qu’il ait déjà commencé à cette époque sans que je l’aie su, mais c’est peu probable, car quand il s’est adonné à cette pratique, il a cessé toute consommation d’alcool, ce qui n’était pas le cas). C’est une des raisons de l’effacement de ces voyages dans ma mémoire, en dehors des articles sur ce site. Tout ce qui s’est passé depuis a bouleversé ma conception non seulement des voyages, mais de mes relations de voyages. Je fais des articles bien plus complets, où je développe tous les aspects culturels, pour pallier mon défaut de mémoire. Je me rends compte que je ne retournerai plus dans tous ces pays.
Cet article est complété par une fiche de lecture sur Histoire du monde grec antique de François Lefèvre.
Plan de l’article
Introduction
Les sites antiques du Péloponnèse : le choc des civilisations !
Olympie
Athènes en solo
Chansons & spectacles
L’Acropole et son musée
Introduction
Dès l’aéroport Charles de Gaulle, j’avais photographié deux distributeurs automatiques ornés de panonceaux « en panne », pour persifler : « À l’aéroport, certains détails ne trompent pas : nous sommes bien en France ! » Nous avons été conviés dans l’avion d’Air France à l’heure prévue, mais une fois installés, prêts au décollage, la commandante de bord nous prévint qu’il fallait changer une roue et que cela durerait « 45 minutes ». Nous avions droit à nous lever et à un verre d’eau. De 45 minutes en 45 minutes, nous décollâmes finalement avec deux heures de retard. Je suis assez satisfait d’Air France globalement, mais là, ils se sont fichés du monde : pourquoi nous embarquer pour nous clouer à notre fauteuil, surtout que pour Athènes, l’air de rien, c’est un vol relativement long (3h30). Le résultat des courses fut que je ne pus pas profiter (ou à peine) de la journée annuelle des musées gratuits, le 18 avril. Pourtant j’avais pris mon vol moi-même, plus tôt que celui prévu par l’agence de voyage, justement pour profiter de la journée !
Sur le chemin, émerveillement lors du survol des Alpes, que nous caressions de l’aile. La compagnie a fait un léger effort sur l’en-cas proposé à bord, qui correspond d’ailleurs au tarif. Dans les jours précédant le départ, j’avais eu peur que le vol soit annulé ou je ne sais quoi, à cause de la guerre de l’USraël contre l’Iran, mais non. J’ai écrit sur mon fil Telegram : « J’allais en Iran, mais on nous a interdit l’accès. Bon alors je vais rester en Grèce, tant pis !
Bref, nous voici arrivés en Grèce. Certains détails ne trompent pas : des gadgets pour touristes en forme de pénis multicolores proposés sur des portants à la porte des boutiques (probablement fabriqués en Asie) : c’est la Grèce ! Bien que ce soit le tout début de la saison, il y a énormément de monde, beaucoup de Français (Macron a encore du boulot pour finir de nous ruiner au profit de ses employeurs). La Grèce est affectée par le surtourisme, selon un article de BFMTV.
Dès le premier jour je peux constater – et ce sera confirmé par notre guide – que les tarifs des sites ont pris du viagra. En prime, en ce jour de musées gratuits, je me fais avoir, car j’espérais avoir la gratuité pour le musée de l’Acropole, voire l’Acropole (20 + 30 €), mais non, ils ne participent pas ces pouacres ! L’horaire pour ces sites était jusqu’à 20 h dès le mois d’avril, alors que par exemple pour le musée d’archéologie, l’ouverture jusqu’à 20 h ne commence que le 1er mai. Je conseille donc la période de début mai comme idéale pour le tourisme culturel (et même balnéaire, car l’eau de mer doit commencer à être baignable). Je reviens à mon récit. Ayant perdu du temps pour aller jusqu’à ces sites en vain, j’ai rebroussé chemin et visité l’Olympiéion, qui était bien gratuit, puis je me suis cassé le nez sur le stade panathénaique (le stade reconstruit à neuf pour les premiers jeux olympiques de l’ère moderne en 1896), mais j’ai estimé que ce que l’on voit de l’extérieur suffit, enfin ils demandaient 15 € pour fouler un stade ! L’Olympiéion, même s’il ne reste qu’une poignée de colonnes debout, en met plein la vue, car ces colonnes font 17 mètres de haut ! L’entreprise était démesurée, et le temple ne fut achevé, par Hadrien, qu’au bout de 6 siècles. Je n’ai pas réussi à trouver le nombre de colonnes du temple (il n’y en a qu’une quinzaine debout, et au bout de tant de siècles, le chantier est toujours plein d’échafaudages : fainéants de Grecs) ! Le guide nous a appris que le nombre de colonnes d’un temple périptère était (à l’époque classique) pour le grand côté du rectangle, 2 fois le nombre de colonnes du petit côté plus une, comme expliqué ici mais pas là !
Voici un site savant sur l’architecture des temples grecs, dont j’ai extrait cette diapo ci-dessus.
Pour en finir avec les tarifs, en dehors de l’Acropole à 30 €, tous les sites importants sont à 20, les sites secondaires à 10 ou 15. Mais par exemple à Olympie, il faut doubler le prix car le musée et le site ont chacun leur entrée ! Le guide nous a dit que les prix sont passés de 6 € à 20 en un an, mais c’est impossible à vérifier, en tout cas j’ai photographié une pancarte sur laquelle le nouveau prix était ajouté par un bout de papier, ce qui révèle une précipitation. L’air de rien, c’est un peu à risque à terme car cela enchérit les prix des voyages. Le premier jour, nous avons visité 4 sites, soit 70 ou 80 €. Les enfants ont la gratuité, et les anciens (pire que moi) demi-tarif. Cela donne des théories de gamins, comme au musée du Louvre, qui traversent les lieux en hurlant, sans aucun profit. Je ne veux pas dire que la visite d’un site historique majeur n’ait pas la valeur de 20 ou 30 €, bien sûr, puisque l’on accepte de mettre cette somme pour déjeuner ou des activités triviales. Il faut juste trouver le juste milieu, comme dirait Aristote, et ne pas tuer la poule aux œufs d’or. En tout cas cela relativise la hausse récente du tarif du musée du Louvre. Le fait scandaleux est qu’on y a instauré un tarif différent pour les ressortissants de l’UE et les étrangers. Le tarif de 32 € n’est pas scandaleux en soi. Ce qui est choquant, c’est que ce tarif ne permet pas d’engager le nombre suffisant de gardiens pour que le musée soit entièrement ouvert. Le touriste qui veut voir une œuvre précise (en dehors de la Joconde, Samothrace et Milo) n’est jamais sûr de la voir.
Les sites antiques : le choc des civilisations !
La partie voyage accompagné de mes vacances a commencé le dimanche, avec le choc de la cité antique de Mycènes, qui répondait à mes préoccupations actuelles. Mais nous avons d’abord fait halte pour jeter un œil au canal de Corinthe, qui permet à des bateaux à faible tirant de traverser cette bande étroite de terre qui rattache la presqu’île du Péloponnèse à la Grèce continentale. Il a été percé au XIXe siècle seulement, alors que « la première tentative de construction d’un canal à cet endroit est attribuée à Néron en 67, qui inaugura les travaux avec une pelle en or. Elle mobilise 6 000 prisonniers juifs envoyés par Vespasien. » J’aime bien cette idée qui rappelle un aspect de la réalité qu’on oublie à notre époque de « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». Quand j’ai visité la Palestine, je n’avais pas pris conscience que les seules traces antiques y sont romaines, avec quelques sites nabatéens (voir cette page touristique). Les Hébreux étaient un peuple d’esclaves, comme nous le rappelle Nabucco de Verdi. La partie nord-est d’Israël faisait partie de l’aire phénicienne, très grande civilisation ; pour le reste, on avait surtout un peuple de bergers. Voici les réflexions que je me suis faites lors de mes visites du Louvre, renouvelées dans mon récent article sur Le Lobby sioniste des deux côtés de l’Atlantique, de Ilan Pappé : « En visitant enfin le 14 mars 2026 l’immense section consacrée à l’Iran enfin ouverte, alors que les États-Unis et Israël bombardent ce pays immémorial depuis 2 semaines, j’ai été estomaqué. Ne serait-ce pas par jalousie que ces civilisations naines (Hébreux & Étasuniens) veulent raser l’une des plus brillantes civilisations de la planète ? Du coup, j’ai demandé à un ami de questionner ChatGPT et Gemini : « Peux-tu classer les civilisations de l’Antiquité depuis -3000 jusqu’à l’an 0 selon leur degré de développement dans les arts et les techniques, notamment la construction ? Tu pourrais les classer par siècles ou par tranches de 5 siècles selon ce qui te semble le plus pertinent. Ajoute comme exemples des vestiges visibles soit sur place, soit dans des musées. » Voici la réponse de l’oracle.
Les dirigeants sionistes actuels (que l’on ne confondra bien sûr pas avec le « juif de la rue ») mentent effrontément et diffusent leur légende du génocide heureux (semblable à l’« inceste heureux » de Ducon-Maserati) : 730 millions de dollars de propagande attribués en 2026. Ce budget n’inclut pas les mensonges que les néoconservateurs ont popularisés, avec la prétendue « civilisation judéo-chrétienne » et le non moins prétendu « choc des civilisations », ou encore le « berceau de la civilisation » que j’ai pointé dans le livre d’Ilan Pappé.
Pour en revenir à ces esclaves juifs ayant été envoyés creuser le canal de Corinthe, une information du guide du Routard (photo) m’a étonné, et j’en ai trouvé confirmation avec un bémol dans l’article de Wikipédia Patriarcat orthodoxe de Jérusalem : cette église autocéphale, donc très peu « grecque » possède un patrimoine immobilier immense à Jérusalem, y compris la Knesset ! Un autre encadré du Routard (photo) nous apprend que l’église orthodoxe grecque interdit le chiffre de la bête (666) sur les cartes d’identité. Cela me rappelle cependant le tube du groupe de rock progressif Aphrodite’s Child « Infinity », extrait scandaleux du non moins scandaleux album 666 (1972). Irène Papas mime un orgasme sur fond de musique psychédélique. Le groupe a en fait été réuni à Paris, avec Vangelis et Demis Roussos. Cela dit je ne sais rien sur l’album entier, qui était selon Wikipédia « l’adaptation musicale de l’Apocalypse de Saint-Jean », qui contient l’épisode du chiffre de la bête. Est-ce entièrement sacrilège ou juste une provocation années 70 ?
Bref, voir en vrai la fameuse porte des lionnes qui hante ma mémoire depuis les cours d’histoire de 6e fut un choc, redoublé par les tombes à Tholos enterrées de Clytemnestre et d’Atrée (photos), découvertes par le fameux archéologue autodidacte Heinrich Schliemann. Ce sont des tombes immenses et « cyclopéennes », comme les murailles, faites d’empilement de pierres, dont certaines énormes, avec une voûte en encorbellement, qui ne peut tenir en place que par la masse de terre sous laquelle elle est dissimulée. Le bloc de pierre qui surmonte l’entrée de la tombe la plus massive (Trésor d’Atrée) pèse 120 tonnes selon Wikipédia. Comment avoir pu mouvoir une telle masse ? Certes, la roue existait, et peut-être les poulies, mais quel exploit ! Enfin, digne de l’Égypte ancienne. Ce choc est complété par la visite du petit musée, et la boucle sera bouclée par le musée archéologique d’Athènes, que j’ai mitraillé, qui présente un certain nombre d’objets magnifiques que vous verrez à la fois dans mes photos et dans celles de l’article Civilisation mycénienne de Wikipédia.
Figurine de terre cuite représentant un bœuf et son bouvier (1300 avant J.-C.), musée de Mycènes.
© Lionel Labosse
Étant motivé également par le thème de culture générale en vigueur « Les animaux et nous », je suis particulièrement sensible à tout ce qui touche à ce thème, comme la figurine de terre cuite représentant un bœuf et son bouvier, datée de 1300 avant J.-C., dans ce musée de Mycènes ; et j’en verrai une autre semblable à Athènes.
Cette première journée a été incroyablement riche, car après avoir séché l’autre site mycénien de Tirynthe qui était pourtant à notre programme, nous avons déjeuné dans un excellent restaurant à Nauplie, charmante ville portuaire, puis nous avons filé visiter le site d’Épidaure, son magnifique théâtre et son sanctuaire d’Asclépios, avec les ruines du « katagogion », hôpital conçu avec des espaces distincts pour éviter la propagation des maladies. Les anastyloses présentées sur le site exhibent la différence entre les parties anciennes et les reconstitutions modernes. J’ai photographié une grosse machine bizarre en fer rouillé, avec des sortes de pales triangulaires. On n’a pas trouvé ce que c’est. On imagine que ça a un rapport avec les colonnes, peut-être leurs rainures. À Nauplie (= neopolis, comme Naples ou Naplouse) nous avons visité la Forteresse Palamède, édifiée par les Vénitiens au début du XVIIIe siècle, qui donne une belle vue sur l’Argolide. En ville, on trouve des lions de Saint-Marc témoignant de cette époque vénitienne. Encore 20 € ! J’ai pris une photo d’un dépôt de pales et mâts d’éoliennes, étonnant car on se rend compte de la taille par rapport aux paquebots. Je n’ai pas pu aller les voir de près, vu le programme chargé de la journée, mais cela témoigne du délire d’éoliennes que l’on constate partout dans le paysage grec, dans toute les régions. J’ai photographié une vitrine de boutique de Komboloï, ces petits chapelets à égrener qui n’ont pas de sens strictement religieux paraît-il. Nous avons terminé la journée par une balade sur la promenade maritime, photogénique, avant de dîner au même restaurant que le midi. Nous avons d’ailleurs fort bien mangé dans tout ce circuit, de bons produits bien cuisinés et généreusement servis, dans des restaurants touristiques. J’ai pris 2 ou 3 photos. Dans ma prolongation athénienne, j’ai déjeuné 3 fois aux halles, juste à côté de mon hôtel, du poulpe, du calamar et des crevettes (photo) avec une bière ; cela coûte dans les 20 balles. Franchement, vu comme c’est servi, le touriste est bien traité. Et on a partout les excellents feuilletés aux épinards ou au fromage, et les pitas, les fameux sandwiches grecs, bien meilleurs et moins étouffants que ce que l’on vous vend sous ce nom en France, avec du vrai yaourt. J’en profite pour montrer cette nature morte de poissons prise dans les halles. J’ai aussi photographié des têtes de cochon. On a l’impression de retrouver l’ambiance des halles de Paris montrée par Duvivier ou Billy Wilder.
Étalage de poissons aux halles centrales d’Athènes.
© Lionel Labosse
Le lendemain, nous sommes allés à Sparte, où nous avons passé la nuit. Le site de la ville antique est un des seuls en accès libre, tant il est détérioré. La ruine la plus lisible est un théâtre romain du 1er siècle ; mais l’endroit est charmant, avec ses oliviers sur fond des montagnes enneigées de la chaîne du Taygète (photo). La grosse visite de la journée fut le site archéologique de Mystras, une citadelle franque du XIIIe & XIVe, à l’époque où le Péloponnèse était le despotat de Morée. Ce mot est utilisée dans le Chapitre XXXIII de Gargantua de François Rabelais « Comment certains gouverneurs de Picrochole par conseil précipité le mirent au dernier péril ». Picrochole fait du tourisme polémologique, en égrenant les provinces que ses conseillers lui proposent de prendre. Mais quand on lit l’histoire de la Grèce antique (cf. infra), on constate que les Grecs anciens n’ont pas pratiqué que la pédérastie et l’architecture ; ils passaient leur temps libre à guerroyer en faisant le tour de la Méditerranée !
Le site est immense, avec de fortes déclivités, et la randonnée était érudite. Nous avons visité plusieurs églises et monastères, avec des fresques en état moyen. Un martyr de Saint Laurent (qui grille et demande aux soldats de le retourner pour cuire l’autre côté !) parmi d’autres martyrs. J’ai photographié un système de lance anti-incendie fixe remarquable. La vue du haut de la citadelle est époustouflante, sur la plaine de Laconie ou le Taygète, qui culmine à 2 404 avec son « Prophète Élie ». En 2007, des incendies ont détruit la moitié du massif forestier. On comprend qu’on s’équipe.
La ville moderne de Sparte a un plan à damier typique. Dans la rue, je me suis amusé à photographier une camionnette d’entreprise de bâtiment baptisée « bledar sako », pour mes étudiants (le nom doit les faire rire !) J’ai photographié la sculpture d’un guerrier spartiate, accroupi et nu, avec une inscription sur une plaque que je n’arrive pas à comprendre, et la statue de Léonidas Ier, celui qui se sacrifia lors de la bataille des Thermopyles pour retarder les Perses, au début du Ve siècle.
Le lendemain, journée plus calme, dans la péninsule du Magne. Villages isolés & déserts témoins des guerres entre Turcs et Vénitiens entre le XVe et le XVIIe siècles, mais aussi de la guerre d’indépendance de 1821. La situation géographique du Magne, les nombreuses baies sont propices à la piraterie. Les clans règnent, et se retranchent dans leurs tours fortifiées. Nous avons marché jusqu’à la pointe sud, un joli phare photogénique. Dans les villages, photo d’une petite église ornée des signes du zodiaque. Les meules de moulins sont réemployées dans les murs. C’est là que j’ai photographié le drapeau grec effiloché qui sert de miniature à cet article.
Après une nuit en bord de mer, nous repartons pour une longue journée qui nous mène en Arcadie, avec pour commencer le site de Messène, en Messénie. Ville importante fondée en 369 av. J.-C. par le célèbre général thébain Épaminondas. On contemple le site en contrebas de la route. Il est parcouru par un ruisseau qui apportait l’eau utile, que ce soit aux latrines (photo) ou dans le stade transformé en piscine pour les naumachies à l’époque romaine. On admire un théâtre assez récent, et les éléments classiques d’une ville, agora, portique, bouleutérion, stade, etc. Un bâtiment original est le marché aux animaux, avec la pierre où l’on égorgeait les bêtes. Le livre de François Lefèvre que j’ai lu pendant ce voyage nous apprend d’ailleurs que la consommation de viande était très limitée en Grèce antique. Une sorte de tombe au toit conique flanque le stade, au nord d’une grande palestre au péristyle toujours dressé. C’est là que j’ai photographié les seuls figuiers des Hottentots que j’aie vus pendant ce voyage. Dans un coin du stade sont exposées des statues embryonnaires récentes qui permettent de comprendre comment on travaillait un bloc de marbre.
À quelque distance du site, on visite les ruines de la muraille cyclopéenne rythmée par des tours défensives, qui entourait la cité à l’époque d’Épaminondas. J’en ai profité pour faire cette vidéo ironique sur notre supériorité par rapport à nos ancêtres Grecs ! Nous avons repris la route pour visiter le Temple d’Apollon à Bassae, dit « Épikourios », perché à 1130 mètres, de la fin du Ve siècle avant JC. Il est protégé par un vélum depuis 1990. Il mélange les 3 ordres, dorique, ionien et corinthien, et ne respecte pas la proportion du rapport entre les faces courte et longue du périptère (15 / 6 colonnes au lieu de 13 / 6). Voir la fiche sur le site du Patrimoine mondial de l’Unesco. C’est un gros chantier de restauration avec les meilleures techniques actuelles.
Après cette visite, nous avons caracolé dans les méandres montagneux de l’Arcadie, en évitant les chèvres sur la route, pour rejoindre notre hébergement dans le village pittoresque de Stemnitsa, perché dans les hauteurs. C’est un centre important pour la joaillerie. Le beffroi est orné d’une belle plaque représentant Saint Georges et le dragon. J’ai fait une vidéo sur le monument aux morts qui surplombe le village.
Le lendemain, nous avons fait une randonnée dans les gorges du Louisios. Nous avons eu la chance d’avoir la pluie juste avant et juste après. Nous avons visité un monastère troglodyte. Rencontre amusante d’une « femme », flanquée de pas moins de deux beaux jeunes guides grecs, qui entreprit notre guide, en quête d’infos sur la région, avec une pose typiquement masculine. Une caricature de trans, mais je pense avoir été le seul à le remarquer. J’ai photographié l’écorce d’un platane d’Orient, que tout le monde confond avec l’érable faux platane (Érable sycomore), que j’avais déjà remarqué en Crête. À côté du monastère, une couple de chats me donne une leçon de choses inattendue. Nous terminons la journée par le village de Dimitsana, non moins pittoresque. J’y photographie un acrotère anthropomorphe. En parlant de chats, ils pullulent en Grèce, au grand plaisir des touristes coréennes ; mais on ne voit pas de souris ni de rats comme dans notre poubelle ville de Paris. Le professeur Didier Raoult a expliqué pourquoi dans une entrevue d’Idriss Aberkane.
Olympie
Le lendemain, grande journée de retour sur Athènes, avec visite du site d’Olympie et de son exceptionnel musée. Le site est photogénique, avec ses arbres de Judée fleuris de rose et ses parterres de colonnes debout ou en rondelles, qui signalent les différents temples, palestres ou atelier de Phidias. Les inscriptions sur les pierres sont toujours lisibles, avec un alphabet inchangé par rapport à l’alphabet moderne, incroyable pérennité d’une culture. Comme le musée est à la porte du site, on comprend par exemple la base de la colonne triangulaire de la Victoire de Paionios. Les traces des griffes qui permettaient l’assemblage des blocs sont visibles. Le stade ne dit pas grand-chose ; on distingue juste la ligne de départ. Il faut de l’imagination pour voir les sites ; les panonceaux explicatifs y aident, notamment pour le vague carré de pierres où la flamme olympique actuelle est censée être allumée tous les 4 ans. Le Philippéion dédié à la victoire de Philippe II de Macédoine est un tholos (temple rond) ionique détruit par les Byzantins, puis reconstitué en partie par les archéologues modernes.
Le musée n’est pas vaste, mais d’une richesse incroyable. Une aile montre une collection de bronzes, sculptures zoomorphes pour la plupart, des poignées ou plaques de chaudrons. Un silène ithyphallique du 6e siècle avant J.-C. ; une tête de bélier ; anse de chaudron en forme de lions dévorant un lévrier. Un fer de bélier d’assaut orné d’une tête de bélier, remarquable exemple de calembour visuel. Une remarquable statue en terre cuite du Ve siècle « Zeus enlevant Ganymède », que j’ai réinterprétée « Jean-Michel détournant Choupinet », fait l’objet d’un long article de Wikipédia, dont j’extrais quelques lignes : « Le coq est un cadeau pédérastique classique, il place la scène dans un contexte culturel, tout comme la canne du dieu. Le lien érotique entre un homme adulte et un jeune garçon n’était pas désapprouvé par la culture grecque classique : il faisait partie d’un idéal aristocratique très codifié, parfois légiféré. Le mythe de Zeus et Ganymède était représentatif de ces usages sociaux, et formaient modèle ; il n’a cessé d’être repris au fil des siècles jusqu’à nos jours.
Ce groupe de terracotta semble être la première œuvre de l’art grec où les yeux sont représentés de manière expressive et où les personnages ne regardent pas simplement droit devant, comme c’était auparavant la norme ». On remarque l’assemblage de morceaux, travail remarquable de reconstitution des archéologues, malgré le sujet scabreux à l’époque où ils ont découvert l’objet.
Hermès portant Dionysos enfant, attribuée à Praxitèle (330 avant J.-C.).
© Lionel Labosse / Musée d’Olympie
La statue de la Victoire de Paionios est mise en valeur, mais celle qui emporte le pompon est incontestablement Hermès portant Dionysos enfant, statue de marbre de Paros polie attribuée à Praxitèle. On remarque le contraste entre le devant poli et luisant, et l’arrière, plus fruste, qui présente des traces d’outils, détaillées dans l’article de Wikipédia (gouge, gradine, râpe). Voir montage de mes photos ci-dessus.
On remarque aussi des séries de moules de l’atelier de Phidias (oui, le même qui a dirigé le chantier du Parthénon à Athènes !), permettant de fabriquer des parties de statues, peut-être la Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, une des 7 merveilles du monde, détruite dans un incendie au 5e siècle après J.C., après avoir été amenée à Constantinople. Une grosse statue représentant un bœuf, du 2e siècle après Jésus Christ ; des éléments d’architecture (sima = chéneau avec des têtes de lions). La grande salle centrale est consacrée à la reconstitution des deux frontons monumentaux du temple de Zeus, plus des métopes, combat des Centaures & des Lapithes à l’ouest, et préparatifs de la course de chars entre Pélops et Œnomaos à l’est. Voir l’article Frontons du temple de Zeus à Olympie. Ce qui est remarquable est que quasiment toutes les statues sont en ronde bosse, bien qu’on ne puisse pas en faire le tour ! À l’extérieur du musée vous avez quelques éléments, par exemple des chéneaux zoomorphes.
Une fois restaurés par d’excellents sandwiches pitas, nous avons repris la route. J’ai fait une vidéo assez mauvaise hélas pour montrer un exemple de la ruine de la Grèce. Je l’avais remarqué trop tard lors d’un long trajet précédent, qui m’a donné l’idée, donc j’ai filmé sur l’autoroute qui longe le sud du golfe de Corinthe, où c’était moins flagrant, mais l’idée est là : l’automobiliste est racketté non pas une seule fois lorsqu’il quitte la voie rapide, mais à intervalles réguliers, par des portiques qui ralentissent le rythme. Notre excellent guide-chauffeur payait à l’ancienne, (en drachmes, for sure !), ce qui lui permettait de discuter pluie et beau temps avec les employés). La première fois que j’avais constaté le truc, c’était encore plus flagrant : il n’y avait personne sur la route. Les Grecs sont ruinés (comme nous le serons avec encore 5 ans de rothschildisme), et ne prennent la route qu’en cas de pronostic vital ! J’ai filmé de loin le fameux pont Rion-Antirion, en commettant une grosse erreur dans mon commentaire : ayant mal regardé la carte, je me figurais que nous le franchirions, pour retourner à Athènes par la rive nord du golfe, alors que nous avons rejoint par le sud le canal de Corinthe, puis Athènes !
La ruine économique a un avantage : on peut partout payer en espèces sans problème. Belles espèces d’ailleurs : les pièces sont magnifiques : celle de 1 € porte une mise en abyme, avec la représentation d’une pièce d’une tétradrachme athénienne représentant une chouette et une branche d’olivier. Pour celle de 2 €, c’est l’enlèvement d’Europe par Zeus, métamorphosé en taureau, selon une mosaïque de Sparte.
Athènes en solo
J’ai laissé mes camarades du groupe, pour souffler en solitaire à Athènes, qu’il me semble enfin découvrir ; il serait temps ! J’ai l’habitude d’évoquer la clientèle de ce genre de voyages. Des gens âgés (je suis dans la moyenne désormais), très conformistes. Je confirme ce que j’ai déjà constaté lors de mes derniers voyages, mais ça n’a aucun intérêt dans le détail : nous les complotistes avons marqué des points, mais ces gens sont globalement incapables d’admettre, même avec l’explosion de l’affaire Epstein, dont nous les complotistes savons tout depuis 2019, que les médias leur mentent sur TOUT. Ils reconnaissent que leurs vaxins ne leur ont servi à rien, mais sont incapables d’extrapoler et d’admettre que l’ensemble de l’opération était une « psyop », et tout le reste, ou alors au mieux ils sont sur la défensive et quand ils rencontrent un complotiste diplômé, au lieu de profiter de l’aubaine, ils se comportent en protecteurs pathétiques de la doxa.
Les transports publics sont utiles et bon marché. J’ai photographié des tickets. Pour l’aéroport, depuis quelques années, une ligne de métro relie le centre d’Athènes, au tarif spécial de 9 €, mais avec un rythme de 1 rame toutes les 45 minutes à peu près. Je l’ai prise à l’aller, mais au retour j’ai préféré la ligne de bus X95, qui coûte moitié moins cher, avec un rythme bien plus fréquent et un temps de trajet de 1 h. Elle part de Syntagma, et fait quelques arrêts sur l’avenue Vasilíssis Sofías. J’ai pris un abonnement de 5 jours pour 8 € et quelque, qui m’a servi du vendredi soir au mardi, très rentable. Les bus sont fréquents, mais il n’y a aucun plan, et tout est écrit en grec. Je les ai pris quand même, avec des surprises, car ils font des zigzags. L’application Citymapper fonctionne, mais elle n’intègre que le métro, pas encore les bus. Bizarrement, il y a une prolongation de service le vendredi soir, mais pas le samedi, et le métro s’arrête assez tôt (vers minuit). C’est étonnant.
À la fin de mon séjour, je n’avais pas fait attention que le mardi était jour de fermeture de la plupart des musées, et j’avais visité le lundi l’Acropole et son musée, que j’aurais aussi bien pu voir le mardi. Me voilà donc contraint et forcé, moi, à passer un jour de vacances à ne rien faire ! Bon, ben j’ai pris le tram 33 pour aller manger des moules chez Eugène comme dirait Brel ! En réalité le tram 6, qui part désormais de Syntagma, mène aux plages du sud de la ville, puis au Pirée en changeant une fois parvenu en front de mer (station Edem). J’ai photographié le plan du métro. Cela prend du temps, mais on a le plaisir de contempler le paysage. Comme à Marseille, les beaux quartiers longent la mer. Je suppose qu’il est tout à fait possible de prendre un hôtel dans ces quartiers. Le reste de la ville ne m’a pas paru plus délabré et plein de drogués qu’en 2010, où je me souviens avoir été choqué par la population de traînards vers la place Omonia, sur le chemin du musée archéologique. Peut-être que le pays étant ruiné, les parasites ont dû se reporter sur les pays qui ne sont pas encore totalement ruinés comme la France ?
J’ai donc fait un tour au Pirée le mardi avant d’aller à l’aéroport, et je me suis bien sûr cassé le nez sur le petit musée d’archéologie local, vanté par le Guide du Routard. J’ai visité la grande église qui est entre l’arrêt du tram et du métro, et j’y ai trouvé un colifichet que je cherchais pour mon petit-neveu, grâce à une brave dame qui m’a adressé la parole, après avoir repéré une icône de saint Basile. J’ai photographié un beau trône de marbre à l’intérieur et quelques détails du port, même la marina du côté ville. Une statue équestre de Geórgios Karaïskákis m’a étonné : le cheval a l’air écrasé, peut-être parce que le type est mort au combat ? Des toilettes multicolores et photogéniques, homme, femme et handicapé. Le handicap abolit le genre !
Dans le métro d’Athènes la proportion de covidiots masqués est 2 fois plus importante qu’à Paris. Cela ne fait que 1% de la population, mais l’histoire nous a appris qu’une communauté de moins de 1% peut pourrir la vie des 99 %… et ce ne sont pas des gens qui veulent signaler qu’ils sont malades : beaucoup enlèvent le masque en sortant !
Chansons & spectacles
Pour se plonger dans l’atmosphère grecque du XXe siècle, voici deux musiques qui ont fait venir les touristes en Grèce : « Les enfants du Pirée » de Melina Mercouri nommée par euphémisme « Jamais le dimanche », car c’est l’histoire d’une prostituée qui respecte le jour saint.
La chanson de Zorba a connu des truellées d’adaptations, dont une par Dalida. En voici une moderne. Il ne s’agit pas d’une danse traditionnelle, mais d’une composition originale de Mikis Theodorakis (1925-2021) pour le film Zorba le Grec (1964) de Michael Cacoyannis. J’aime bien cette brochette de magnifiques jeunes gens qui ont l’air de bien s’amuser, sur une « orchestra » grecque, sous un soleil grec, avec des ombres grecques !
J’ai vu deux spectacles à Athènes, un gratuit et un payant. Le gratuit, c’était la grande relève du dimanche de la garde, avec les beaux evzones en fustanelle. Cela commence vers 10h45, ils déboulent depuis le palais, par l’avenue qui longe le jardin au Nord. Temps magnifique, et foule dense de touristes, beaucoup de Français, et nous ne sommes qu’au mois d’avril ! Sans l’avoir prémédité, j’ai tout filmé avec quelques commentaires, qui parfois – j’en suis désolé – empêchent d’apprécier la musique. Le claquement synchronisé des semelles de bois sur la chaussée est un instrument extraordinaire. Encore mieux que la relève du château de Prague. Comme Choupinet, qui a la bougeotte, venait de repartir d’Athènes, où il avait fait un séjour express du vendredi 24 au samedi 25 avril, je me suis dit qu’il aurait pu, en amateur d’hommes en jupe, s’inspirer de la fustanelle des Evzones pour relooker la Garde républicaine, qui pourrait porter des jupes pour accompagner Barbara Butch ou Aya Nakamura, de façon à poursuivre sa destruction de la France… En août 2010, j’avais assisté et pris de belles photos d’une relève simple, celle qui a lieu toutes les heures pleines, nuit comprise. Mais cela n’a rien à voir avec la grande relève du dimanche !
Choupinet avait amené son Jean-Michel dans ses valises. Ils ont dû éviter de réitérer le mauvais souvenir de cette entrevue improvisée lors de leur précédente visite en 2017 : « Birgit Macronne is complètement fluent in angliche and connaît véry vouel the grec culture ». Voici en exclusivité la vraie raison de la visite des macronescu à Athènes. « C’est mon 2e meilleur film » s’est exclamé Jean Brichel en allant voir la comédie musicale Tootsie inspirée du célèbre film. Je suis passé devant le théâtre par hasard en revenant de la gare où j’étais allé en repérage ; ce ne sont pas des lieux touristiques, c’est ma bonne étoile qui m’a amené là. J’ai vu que c’était la dernière le dimanche 26 avril ; les places étaient bradées à 20 €, alors j’y suis allé, n’écoutant que mon devoir de brigittologue ! Le spectacle dont j’avais cru voir qu’il durait deux heures, m’aura occupé en fait 6 heures, de 17 à 23h. Commencé avec 45 minutes de retard, entracte, salutations interminables, interactions avec la salle et sketches ajoutés. C’était la dernière, et filmé. Pour remplir ils ont offert des places gratis je pense au dernier moment, d’où le retard. Familial malgré le sujet. Un gamin de moins de 2 ans à ma gauche tambourinait mes genoux, en s’emplissant de chips. Il n’a pas dormi ni chouiné, il a regardé le spectacle. La vente de boissons & pop-corn n’a pas cessé, et ça puait et bruissait du début à la fin. J’ai compris le problème de l’obésité en Grèce, malgré l’huile d’olive. Je connaissais l’histoire du film, très changée, mais les longs dialogues en grec étaient usants, avec les pieds du gamin, dont j’admirais pourtant qu’il pût s’intéresser à cet âge à une intrigue à laquelle il ne devait pas comprendre grand-chose. Je me raccrochais parfois à des racines grecques. « Taphos », la tombe de Roméo et Juliette. Calo, cacos, andreion, gynecon… Bref, dans la salle ni sur la scène, aucune "transphobie" nulle part au pays de Lysistrata ni ailleurs ; j’ai déjà remarqué cela à chaque fois que j’ai eu l’occasion de voir ces spectacles toujours familiaux qui évoquent des travestis, notamment à Londres (Mme Doubtfire). En France, tout le monde adore Amanda Lear, qui a toujours rigolé quand on a évoqué son sexe de naissance. Un seul travesti au monde pose problème, un travelo qui a honte de sa bite. J’ai photographié les salutations du spectacle Tootsie comme si vous y étiez, avec le comédien en homme puis en travesti. L’acteur qui joue le double rôle s’appelle Markos Seferlis, grande vedette qui semble posséder son propre théâtre où il enchaîne les rôles ; il a toute la grâce féminine qui manque à Jean-Michel ! Voyez-le sur l’affiche du spectacle, en Jean-Michel à gauche et en brigitte à droite ! Sinon dans une boutique de la place Omona, j’ai photographié des « couvre-mamelons » que Chibritte a dû repérer !
J’ai été surpris de trouver assez fréquemment des inscriptions en français. J’en ai photographié deux : « Banque nationale de Grèce » (il faut le faire !) et « Gare centrale » devant la Gare d’Athènes. Nous vivons sur notre réputation. La gare Larissa, qui ne dessert en fait que la banlieue, se connecte avec la ligne 2 du métro : il n’y a pas de gare centrale en Grèce ! J’ai même vu, vers le métro Kerameikos, un passage à niveau en pleine ville ! Ce nom rappelle que c’était le quartier des potiers. Actuellement, c’est le quartier gay, enfin discrètement, mais c’est là que ça se passe… En face de l’ambassade (immense) des USA (ou plutôt d’USraël en ce moment), j’ai photographié un graffiti hostile, qui bizarrement n’avait pas été effacé entre le début et la fin de mon séjour. Ailleurs, j’ai photographié un pochage en anglais « Israeli soldiers are war criminels not welcome here ». Non loin de cette ambassade, sur la même avenue Vasilíssis Sofías, j’ai photographié la magnifique statue en verre de Costas Varotsos (né en 1955) qui représente un coureur, sans doute un marathonien. Une première version avait été installée place Omonia, mais elle a dû être retirée, et cette 2e version se trouve de l’autre côté de l’avenue par rapport à l’ancien hôtel Hilton, devenu le Conrad, un bâtiment emblématique de la ville, face à la Pinacothèque nationale d’Athènes (cf. ci-dessous).
J’ai photographié une boutique de bricolage juste à côté de mon hôtel, qui était idéalement situé, sur la rue Athinás. C’est ce qui est remarquable, à cause peut-être de la crise, bien qu’on soit à proximité du centre touristique (elle remonte au Nord depuis le métro Monastiráki), c’est qu’elle reste une rue normale où se croisent autochtones et touristes. Dans l’épicentre touristique, qui commence au sud de la rue, les restaurants sont à touche-touche sur quelques artères, mais d’autres rues sont désertes, et je crois peuplées normalement, car comme je l’ai remarqué, les beaux quartiers, comme dans beaucoup de grandes villes au bord de la mer, sont plutôt proches de la côte, ou alors vers l’hôtel Conrad et les ambassades (où était aussi situé mon premier hôtel avec le groupe).
Voici les visites que j’ai faites.
Musée de l’Acropole d’Athènes
C’est un bâtiment conçu par Bernard Tschumi & Michael Photiadis. Il est construit sur d’énormes piliers de béton prévus pour résister aux plus forts séismes. Sous le musée, ces colonnes laissent voir les ruines des maisons de la ville antique. Hommage du présent au passé. À l’intérieur les 3 étages, qui se parcourent relativement vite, avec en prime un vaste restaurant accessible même sans billet de visite, présentent des œuvres exceptionnelles, en plus des maquettes, vitrines et vidéos pédagogiques. Le premier étage présente des œuvres disparates, une chouette de l’Odéon de Périclès, une boîte à Offrande votive, etc. Le 2e étage présente les éléments retrouvés par les archéologues du fronton en calcaire de l’ancien temple Hécatompédon qui précéda le Parthénon à l’époque archaïque (6e siècle BC). Des animaux fantastiques peints, serpent, lion hermaphrodite, démon à trois corps, etc. La moitié de l’étage est interdit de photos, mais vous les trouvez dans les articles de Wikipédia (et j’en ai pris une de haut). Il y a les restes du Temple d’Athéna Polias, dont une statue de la déesse combattant les géants. Un berger portant un veau autour du cou pour un sacrifice, un sublime protomé de cheval archaïque, deux paires de chevaux de style archaïque, certainement éléments d’un quadrige. Un groupe d’étudiants s’est amusé à se photographier devant, en imitant les poses des chevaux. Une stèle « Athéna pensive » ; une stèle gravée du décret de Samos, avec Athéna et Héra, qui symbolisent les deux villes, se serrant la main. Au milieu de l’étage sont exposées les 5 cariatides originales, avec la place libre pour celle qui est au British museum. Un film montre la restauration et le nettoyage au laser. Ce qui est extraordinaire dans ces statues c’est le fait que, contrairement à la plupart des statues comme la Vénus de Milo, elles sont sculptées avec le même art sur la face arrière, notamment les coiffures, toutes différentes, ainsi que les drapés.
Métope de la frise du Parthénon (procession des grandes Panathénées), par Phidias.
© Lionel Labosse / Musée de l’Acropole d’Athènes
Au 3e étage sont présentés des moulages des ornementations de Phidias pour le Parthénon, les originaux étant à Londres. On peut contempler à hauteur d’homme des sculptures qui étaient perchées en l’air. La frise de la procession des grandes Panathénées (Frise du Parthénon) est bluffante avec toutes ces scènes réalistes, tous ces chevaux aux postures différentes. C’est la manifestation, du fond des temps, d’une vraie fête populaire comme le carnaval de Rio de nos jours. Voici l’une des métopes. Une vitrine montre le procédé abrasif pour aplanir les tronçons de colonnes, à l’aide d’un disque frotté avec des pigments qui révélait les excédents à limer. Au sous-sol, à côté des ruines du village, vous avez encore des œuvres, parmi lesquelles une tête d’Aristote. À l’extérieur se dresse une statue moderne qui représente un taureau ailé de Khorsabad. En attendant de vous y rendre en personne, voici l’appli du musée de l’Acropole.
Acropole d’Athènes
C’est la seconde fois que je la visite. Il ne m’a pas été nécessaire de réserver un billet, j’ai pu le faire sur place, à l’entrée en face du musée. Je me suis amusé à constater encore une fois la bêtise humaine. Ils ont installé un abri pour le soleil, mais ne l’ont pas construit à l’endroit où l’on fait la queue en plein cagnard, mais au-dessus des tourniquets où l’on passe rapidement ! En août ça doit être insupportable ! Prévoyez une ombrelle. Malgré le billet à 30 €, il y avait un monde fou, des groupes scolaires, etc. On ne se lasse pas d’admirer. Les propylées sont impressionnants (nom masculin, comme lycée), avec le monde qui y est massé. Des travaux sont en cours partout, tout le temps, pour solidifier et nettoyer les traces des anciennes restaurations maladroites. Toujours les mêmes rares sculptures restées en place sur le fronton. Je n’avais pas remarqué que c’est de la ronde-bosse, pas du haut-relief. Je suis toujours fan des têtes de chevaux à l’extrémité, qui semblent dépasser d’un box. Un ascenseur a été installé pour les invalides, qui fonctionne bien, avec un acheminement par voiturette jusqu’au pied de l’ascenseur. Il faut faire attention de marcher uniquement sur les allées, car les roches sont casse-gueule et glissantes. On peut observer sur le Temple d’Athéna Nikè, la façon dont la restauration est volontairement rendue visible par des pierres blanches.
Musée des technologies de la Grèce antique
Intéressante visite de ce musée Kotsanas, qui a des déclinaisons dans plusieurs villes de Grèce. À l’aide de maquettes, de reconstitutions, de panneaux explicatifs, de démonstrations par des animateurs, on peut se faire une idée de l’extraordinaire foisonnement des arts et des techniques dans tous les domaines, tel que le livre Histoire du monde grec antique de François Lefèvre l’expose. Vous trouverez dans cet article une photo de la maquette représentant le bateau Syracusia. Vous avez en vrac, la démonstration de la stéganographie par un message caché sous une tablette d’argile, un théodolite, une grande variété d’instruments de musique, lyres, harpes, harpe d’Orphée, mais aussi un orgue, un panneau sur la plus ancienne mélodie notée, l’Épitaphe de Seikilos, des clairons d’alarme ; des jeux, le stomachion ou Loculus d’Archimède, que j’avais découvert en Sicile, des bateaux de guerre, et les très impressionnantes armures des héros de la guerre de Troie (15e-13e s. BC), la Machine d’Anticythère, les poulies, etc. Visite à prioriser avec des enfants.
Armures des héros de la guerre de Troie (15e-13e s. BC), Musée des technologies de la Grèce antique
© Lionel Labosse / Musée Kotsanas
Pinacothèque nationale d’Athènes
J’ai visité la magnifique Pinacothèque nationale, située juste à côté de l’hôtel Conrad. On peut y apprécier des œuvres de peintres grecs anciens et modernes. J’y ai vu et photographié l’icône de la Crucifixion de la fin du XVe siècle d’Andrea Pavias que vous verrez dans mon article sur la Crète, où j’en avais entendu parler. Vous avez la Réception de Lord Byron (1861) de Theodoros Vryzakis. Une gravure du XVIIIe qui représente le prophète Isaie scié en deux, me fait penser à Jean-Brichel ; allez savoir pourquoi ?! Belle peinture de la porte des Lions de Mycènes (1882) par Vicenzo Lanza, Antigone et Polynice (1865) de Nikephoros Lytras, et Soirée avec vue sur l’Acropole, de Iakovos Rizos (1897). Une série de peintures familiales m’a réjoui : Premiers pas (1892), La préférée de grand-maman (1893), Douche froide (1898) et Concert d’enfants (1900) de Georgios Iakovidis (ci-dessous). Femme enceinte (1948) de Yannis Moralis. Gravure de Grammatopoulos Kostas, Sur l’île des Sirènes (1998). Ghika Builders Tools de Nikos Hatzikyriados (1975). Hélas, le 3e étage était fermé, ce qui n’entraînait aucune réduction du tarif !
« Concert d’enfants » (1900) de Georgios Iakovidis, Pinacothèque nationale d’Athènes
© Lionel Labosse
Musée national archéologique d’Athènes
Je me suis précipité visiter à nouveau ce musée qui m’avait déjà ravi en 2010, mais avec des yeux neufs. Les salles consacrées à l’art cycladique étaient fermées ; j’ai juste pu photographier à nouveau mon bon vieux joueur de lyre (3e millénaire quand même !), qui était visible depuis la porte condamnée. Dans les salles consacrées à la civilisation mycénienne, à l’honneur en face de l’entrée, on peut admirer tant de chefs-d’œuvres qui nous estomaquent. L’original du masque d’Agamemnon dont la copie est à Mycènes, et puis les stars, le rhyton d’argent à tête de taureau aux cornes dorées, des balances pour la pesée des âmes ornées de papillons (symbole de l’âme). Tablettes de linéaire B, vases de céramique et coupe en or à figure de poulpes, collection de sceaux du 15e BC gravés de figures animales. Je suis tombé en arrêt devant les deux gobelets de Vaphio « en or repoussé. L’un représente la capture violente de taureaux ; l’autre des bovins attachés et emmenés paisiblement. La qualité de leur travail les place parmi les représentations figurées les plus frappantes de l’âge du bronze grec » (Wikipédia). On a peine à croire que ces objets datent du 15e BC ! Le Jockey de l’Artémision et le Dieu de l’Artémision (460 BC, typiques du style sévère ou premier classicisme) sont admirés de tous, sous toutes les coutures.
Dieu de l’Artémision (460 BC), Zeus ou Poséidon ?
© Lionel Labosse / Musée national archéologique d’Athènes
J’ai apprécié un relief votif Kephisos représentant Acheloos en Taureau (410 BC), avec une corne au front. Un « amphiglyphon » votif (410 BC) représentant un quadrige très fringant qui mène deux femmes dans un char avec un homme nu qui semble vouloir stopper les chevaux (stèle votive à Hermès et aux Nymphes Échelos et Basilè), une émouvante danse circulaire de femmes provenant d’Olympie (9e AD). Dans une vitrine consacrée à la médecine, un dilatateur vaginal du 1er-3e AD. Une salle égyptienne présente une émouvante femme accroupie en bois, occupée à moudre du grain ou je ne sais quoi (Saqqara, 2400 BC). Des poids utilisés pour le saut en longueur, objets incroyables. La base d’un kouros funéraire, avec des joueurs d’un jeu ressemblant au hockey, des lutteurs, un combat de chat et chien ; la collection de kouros et de korés, un cochon en céramique provenant de l’île de Lemnos (3e millénaire), une stèle avec un joueur de balle à la palestre (380 BC). Stèle funéraire avec décor saisissant : un jeune écuyer éthiopien retient le cheval couvert d’une peau de panthère (3e BC). Stèle avec amazonomachie, 350 BC. La fameuse Tête d’un boxeur, etc.
Et voilà, c’est fini. Le vol du retour s’est fait à l’heure prévue. On est toujours surpris quand on arrive en France. Pas un seul employé sur le quai du RER à CDG, pas une seule annonce sonore. Rien. Mais à gare du Nord il y a de quoi foutre 40 pousseurs blacks. C’est pas le même budget sans doute. Pour nos amis touristes, la France est ce pays où l’on préfère payer des pousseurs de métro plutôt que des lits d’hôpitaux et des gardiens de musée.
– Cet article est complété par une fiche de lecture sur Histoire du monde grec antique de François Lefèvre.


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