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Depuis plus d’un siècle, le Centre de recherche et de développement de Summerland (CRDS), dans la vallée de l’Okanagan, développe de nouvelles variétés de pommes grâce au processus d’hybridation.
Faisant partie du réseau de 20 centres du ministère canadien de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, le CRDS a notamment pour mission de soutenir l’industrie horticole canadienne.
Le premier critère est la texture, la saveur et l’apparence du fruit. Un fruit qui ne [se distingue pas sur le plan de ces attributs] ne sera pas commercialisé, affirme Amritpal Singh, chercheur au CRDS.
Son travail consiste à créer, par croisement, des variétés de pommes et de cerises, puis à sélectionner les meilleures pour le marché fruitier.

Amritpal Singh est chercheur au Centre de recherche et de développement de Summerland depuis 2017.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Plus de 80 à 85 % des variétés de cerises douces dans le monde proviennent ou dérivent de notre programme de recherche ici à Summerland.
Ce sont aussi 33 variétés de pommes développées par le centre qui ont été ajoutées à l'industrie pomicole depuis 1924.
Une population dynamique de 35 000 variétés de pommes et de 9000 variétés de cerises est cultivée dans les vergers entourant le CRDS.

Chaque année, 5000 nouvelles sortes de pommes et 1000 sortes de cerises sont ajoutées, et le même nombre de variétés sous-performantes de chaque fruit est retiré.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Un long processus de sélection
Le processus d'hybridation, ou de croisement, s’inspire des insectes pollinisateurs, tout en contrôlant la reproduction entre le stigmate d’une fleur de variété A et le pollen d’une variété B afin de créer une variété hybride C.
Chaque pomme renferme des graines qui sont comme des frères et sœurs, provenant des mêmes parents, mais qui ne sont pas tout à fait identiques, indique Amritpal Singh.

Le chercheur Amritpal Singh n’a qu’une fenêtre de 5 à 10 jours au printemps pour réaliser la pollinisation manuelle, avant que les fleurs n’éclosent et se fassent polliniser par des insectes.
Photo : Radio-Canada
Au fil de plusieurs étapes, chaque graine provenant d’une pomme hybride deviendra éventuellement un pommier qui produira des pommes de la nouvelle variété créée.
Pour être commercialisée, cette nouvelle variété doit traverser un processus de sélection en quatre étapes échelonnées sur une période de 20 à 25 ans. C’est une activité à très long terme, souligne le chercheur.
Si une variété est retenue, elle sera reproduite par multiplication végétative, généralement par écussonnage, une méthode qui consiste à effectuer une photocopie du matériel génétique d’un pommier, explique-t-il.
4 étapes de sélection pour une variété de pomme du CRDS :
1) Identification des meilleures variétés : moins de 1 % d’entre elles passent ensuite à la deuxième étape.
2) Évaluation comparative avec les variétés de fruits préexistantes : si les nouvelles variétés sont meilleures que celles préexistentes, elles sont retenues à la troisième étape.
3) Évaluation dans différents environnements : dans des sites d’essai en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse, qui sont les principales régions productrices de pommes au Canada.
4) Préparation à la commercialisation : plantation à grande échelle et choix d’un nom pour la nouvelle variété.
Source : Centre de recherche et de développement de Summerland
Place aux papilles gustatives!
Avant la commercialisation d'un fruit, il a probablement été goûté par des centaines, voire des milliers de personnes, affirme Amritpal Singh.
Après une première présélection, les pommes sont soumises à une dégustation officielle qui survient à plusieurs reprises dans le processus de développement d'une nouvelle variété.
Une douzaine de juges, souvent du CRDS, évaluent 10 fruits sur la base de leur goût, de leur texture et de leur apparence.
La résilience climatique de mise
La vallée de l’Okanagan ayant vécu plusieurs perturbations climatiques dans les dernières années, la résilience des fruits est également prise en compte lors du processus de sélection de nouvelles variétés.
Graham Karner, responsable de la propriété intellectuelle de ces fruits chez Summerland Varieties Corp., mentionne que lorsqu’un choc climatique survient, comme lors du gel de janvier 2024, les scientifiques sortent dans le verger pour observer les variétés qui y résistent le mieux.
Si une variété ne survit pas, elle sera éliminée par la force des choses, résume le chercheur Singh.

Graham Karner est spécialiste de la recherche nationale chez Summerland Varieties Corp.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Vais-je gagner de l’argent avec cette variété?
Graham Karner raconte que les producteurs fruitiers sont principalement préoccupés par l’aspect financier lorsque vient le temps d’adopter une nouvelle variété développée par le CRDS.
Leur grande question est : "Vais-je pouvoir gagner de l'argent avec ça?". Et c'est toujours un aspect très important du programme : essayer d'améliorer les revenus des producteurs.
L’une de ses autres missions est de favoriser les producteurs canadiens par rapport aux concurrents internationaux, qui doivent payer davantage de redevances.
Il mentionne que le plus grand défi pour la commercialisation des pommes est de les distinguer dans un marché très compétitif.
Pour les cerises, plus vulnérables aux variations climatiques, il s’agit de prolonger leur saison de cueillette.


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