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Ottawa annonçait récemment avoir atteint ses cibles en immigration francophone hors Québec pour une quatrième année consécutive. La Nouvelle-Écosse ne semble pas profiter de cet élan national. La province maritime accueille une part de plus en plus mince des nouveaux arrivants d'expression française.
Préoccupée, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) s'interroge sur les causes de cette tendance.
Selon les données préliminaires compilées par la FANE, la province avait accueilli 795 immigrants francophones en 2022.
L'année suivante, ce nombre a diminué de moitié, pour atteindre 390.
En 2024, la chute s'est poursuivie, avec seulement 250 nouveaux arrivants francophones.
Manque de promotion à l'international
Pourquoi la Nouvelle-Écosse attire-t-elle de moins en moins? Selon Emmanuel Nahimana, directeur général adjoint de la FANE, la réponse se trouve en partie dans le marketing.
Franchement, nos chiffres restent très bas comparés au Nouveau-Brunswick, admet-il. Cela veut dire qu'il y a probablement plus d'attraits ailleurs, comme des programmes plus intéressants pour les candidats.
Il souligne aussi l’importance d’avoir plus d'activités de promotion à l'extérieur du pays. On a besoin de ce genre d'activité à l’international, dit-il.

Emmanuel Nahimana (debout) est le directeur général adjoint de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Stephanie Blanchet
Actuellement, seul le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ) participe aux missions de recrutement à l'étranger pour promouvoir des offres d’emploi.
La FANE réclame un retour aux anciennes méthodes plus inclusives. L’organisme rêve de missions qui intégreraient les diverses associations francophones de la province.
Ça donnait plus de visibilité et permettait de partager beaucoup plus d'informations qu'un seul organisme, explique M. Nahimana.
Selon lui, cette approche permettrait de promouvoir la communauté et les services en français, tout en espérant attirer de l'intérêt pour la province.
Il y a du travail à faire

Des drapeaux de l'Acadie à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, le 10 août 2024.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Le son de cloche est le même du côté de l'organisme Immigration francophone de la Nouvelle-Écosse (IFNÉ). Pour renverser la vapeur, la gestionnaire Hajar Hajhouji souhaite voir une meilleure coordination entre le fédéral et la province.
Elle se demande ce qu’il manque. Est-ce que c'est de la publicité géolocalisée? Des webinaires? Dans tous les cas, il y a certainement du travail à faire du côté de la promotion, insiste-t-elle.
Mme Hajhouji souligne pourtant que la Nouvelle-Écosse possède de nombreux atouts.

Dans un bureau touristique en Nouvelle-Écosse, une affiche indique que l'établissement participe au programme «Bonjour!» et qu'il offre aux clients d'être servis en français. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve
On est vraiment sur la bonne voie. On observe des résultats positifs. Il y a des services disponibles en français, c'est encourageant, note-t-elle avec optimisme.
Le défi reste l'attraction et la rétention de ces nouveaux arrivants.
Un appel à l'action provinciale
Ces deux dernières années, la Nouvelle-Écosse a reçu moins de 1 % du total des immigrants francophones hors Québec arrivés via le programme Entrée express (nouvelle fenêtre).
Comparativement aux chiffres du gouvernement fédéral, ça reste une portion très minime, déplore Emmanuel Nahimana.
Face à ces statistiques, la FANE interpelle le gouvernement provincial. L'organisme demande à la province de se fixer une cible d'immigration francophone et de mettre en place les programmes nécessaires pour l'atteindre.
La FANE, qui affirme avoir d’une bonne relation avec le gouvernement provincial, compte entamer des discussions à ce sujet dès cette année.


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