Le rover Curiosity de la NASA vient de transmettre des clichés stupéfiants qui défient toute explication logique. Arpentant les pentes du mont Sharp, le robot a immortalisé des réseaux interconnectés de crêtes rocheuses, s’étendant sur 20 kilomètres, qui évoquent irrésistiblement de gigantesques toiles d’araignée. Mais la découverte ne s’arrête pas là : des gros plans révèlent la présence de minuscules sphéroïdes ovoïdes, véritables « œufs » minéraux, recouvrant ces structures. Les scientifiques de la NASA sont perplexes et s’efforcent de comprendre l’origine de cette formation géologique unique.
Le labyrinthe du cratère Gale
Depuis huit mois, Curiosity explore une région fascinante surnommée « structures en boîte », sur les contreforts du mont Sharp. Ces crêtes s’élèvent de 1 à 2 mètres au-dessus du sol martien, formant un maillage complexe visible depuis l’espace depuis 2006, mais resté inexploré jusqu’à l’arrivée du rover.
Ces structures ne doivent pas être confondues avec les « araignées de Mars », des formations créées par la sublimation des glaces de dioxyde de carbone. Ici, il s’agit de réseaux rocheux sculptés par des éons d’érosion éolienne. La NASA explique que de minéraux cimentés se sont accumulés dans des fissures souterraines, résistant à l’usure du vent bien mieux que la roche environnante.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSSL’énigme des « œufs » mystérieux
Ce qui intrigue le plus les chercheurs, c’est l’apparition soudaine sur les images d’août dernier de petits nodules irréguliers, comparables à des mini-sphéroïdes. Ces « œufs » minéraux présentent une ressemblance frappante avec des structures découvertes l’an dernier par Perseverance dans un autre cratère, dont l’origine demeure inconnue.
« Nous ne pouvons pas encore expliquer précisément pourquoi les nodules apparaissent à ces endroits », avoue Tina Seeger, planétologue à l’Université Rice. L’hypothèse actuelle suggère que les crêtes ont été cimentées par des minéraux, puis que des épisodes ultérieurs d’infiltration d’eau souterraine ont laissé ces nodules, mais cela reste à confirmer.
Bien que l’apparence soit étrangement biologique, la NASA exclut pour l’instant tout lien direct avec une vie extraterrestre. Ces structures ont cependant une implication majeure : elles se situent étonnamment haut sur la montagne, suggérant que la nappe phréatique devait être très élevée et que l’eau a persisté « bien plus longtemps qu’on ne le pensait ».
Une mission de tous les dangers
Cette découverte est d’autant plus passionnante que la zone aurait pu abriter des microbes martiens anciens. « Ces crêtes renferment des minéraux qui se sont cristallisés sous terre, dans un environnement plus chaud, traversé par de l’eau liquide salée », explique Kirsten Siebach, scientifique de la mission. Un environnement que des microbes primitifs terrestres auraient pu coloniser.
Pourtant, cette exploration est sans doute la plus difficile pour le rover depuis son atterrissage en 2012. Le terrain est traître et Curiosity doit se maintenir en équilibre « comme sur une autoroute » pour éviter de glisser dans les crevasses.
La tâche est compliquée par l’état d’une des roues du robot, qui présente un trou béant depuis fin 2024. Malgré ces obstacles, l’équipe du Jet Propulsion Laboratory reste déterminée : « Il y a toujours une solution », affirme Ashley Stroupe, ingénieure système. « Il suffit d’essayer différentes pistes. »


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