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Le ministre David Amiel met en garde le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko après ses propos sur les agents municipaux

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Propulsé sur le devant de la scène depuis son élection à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko a été directement interpellé par le ministre David Amiel.

Par Marie Haynes avec AFP

Le nouveau maire de Saint-Denis Bally Bagayoko après son premier conseil municipal le 21 mars 2026.  (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

LUDOVIC MARIN / AFP

Le nouveau maire de Saint-Denis Bally Bagayoko après son premier conseil municipal le 21 mars 2026. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

- Le ministre David Amiel a averti le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, après ses propos sur les agents municipaux, soulignant l’illégalité de décisions basées sur des motifs politiques.

- Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a exprimé son inquiétude concernant les déclarations de Bagayoko, qui pourraient entraîner des infractions pénales.

- Une source indique que 90 demandes de mutation ont été enregistrées au sein de la police municipale, reflétant une agitation administrative.

Une polémique arrivée jusqu’au sommet de l’État. Ce jeudi 26 mars, le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a adressé un courrier au nouveau maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte Bally Bagayoko, après ses récentes déclarations concernant les agents municipaux de la ville.

« Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux, leur affectation ou leur maintien en fonctions pourraient dépendre de leur adhésion, réelle ou supposée, aux orientations politiques de l’exécutif municipal », explique le ministre dans une lettre consultée par l’AFP.

Un rappel à l’ordre qui intervient après que Bally Bagayoko, élu maire le 15 mars, a déclaré à la chaîne CNews que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique ».

« Forcément, ils partiront »

Devant l’hôtel de ville, le nouvel édile, membre de La France insoumise, avait aussi dit : « Celles et ceux qui, pour des tas de raisons qui peuvent les regarder d’ailleurs, ne sont pas en phase avec le projet politique, forcément, ils partiront. Mais ce n’est pas le fait qu’on les mettra dehors, c’est parce qu’ils feront une mobilité qui est complètement naturelle et qui n’est pas quelque chose de nouveau ». « Bally Bagayoko, il ne fait ni la chasse à l’homme, ni la chasse à la femme », avait-il insisté.

Le ministre David Amiel rappelle que toute décision « d’écarter un agent pour des motifs politiques serait entachée d’illégalité et pourrait être suspendue ou annulée par le juge administratif ». Le ministre ajoute que de telles mobilités d’agents territoriaux pourraient « relever du harcèlement moral » voire constituer de possibles infractions pénales en termes de discrimination. « Leur loyauté (des agents publics) à l’égard de l’institution ne se confond en aucun cas avec l’adhésion partisane ni avec l’alignement idéologique », poursuit David Amiel.

La veille, en conseil des ministres, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui s’était inquiété des paroles tenues par le nouveau maire de Saint-Denis. « Je serai extrêmement attentif aux décisions qui pourront être prises par un certain nombre de municipalités dont les maires ont pu tenir des propos qui ont légitimement choqué, notamment quant à ce qu’est la fonction publique territoriale et son statut », avait-il déclaré avant de préciser les propos en question, « sur des agents municipaux qui auraient vocation à prendre la porte parce qu’ils n’ont pas partagé telle ou telle option (sic). »

Une source au sein de l’ancienne administration a assuré jeudi à l’AFP qu’« il y a eu 90 demandes de mutation qui ont été faites au sein de la police municipale » et qu’« il y a aussi beaucoup de départs dans le reste de l’administration ».

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