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Visiblement ébranlé, le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé mardi qu’il porterait plainte auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à la suite de l’utilisation d’une guillotine contre une marionnette le représentant lors d’une manifestation à Montréal samedi. Il a également dénoncé la réaction des centrales syndicales.
« Dans notre société, on ne peut pas admettre des événements de cette nature-là, qui incitent à tout ce que vous pouvez imaginer, mais fondamentalement de la violence », a-t-il déclaré en mêlée de presse à l’Assemblée nationale mardi. « Quand t’es la personne qui est représentée, qui fait l’objet d’une décapitation, ça fait mal. »
Le ministre du Travail s’est « senti menacé dans [son] intégrité » par cet acte « inadmissible ». « Les gens de ma famille, des personnes autour de moi, c’est sûr que ça a un impact. »
Lundi, le SPVM a confirmé avoir ouvert une enquête sur l’incident, sans donner davantage de détails. M. Boulet a affirmé être en contact avec les autorités.
« Se dissocier, ce n’est pas dénoncer »
Jean Boulet a également dénoncé la réaction des centrales syndicales. Dimanche, dans une première déclaration commune, la CSQ, la CSD, la CSN et la FTQ ont qualifié cette action d’« isolée », dont elles se « dissocient entièrement », dans une déclaration commune publiée sur X.
« Se dissocier, ce n’est pas dénoncer ; se dissocier, ce n’est pas condamner », a clamé M. Boulet. « Je ne vais pas leur faire assumer un fardeau de preuves, mais il faut minimalement condamner et dénoncer des actes-là », a-t-il insisté en parlant des centrales syndicales.
M. Boulet a confié qu’un seul leader d’une centrale, sans préciser son nom, l’avait contacté pour lui dire qu’il était « désolé » de cet événement.
Dans une nouvelle déclaration, publiée lundi sur Facebook, la FTQ a « condamné cette action » et a réitéré « qu’elle n’a pas été impliquée d’aucune façon dans sa préparation ou son déroulement ».
« Incitation à la haine »
Le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a aussi pris la parole à ce sujet lundi à l’Assemblée nationale, dénonçant un acte « inacceptable ». Selon lui, les manifestants avaient « clairement l’intention d’envoyer un message, un message qui allait limite à l’incitation à la haine, l’incitation à commettre des actes criminels ».
M. Lafrenière a ajouté qu’il y a une « limite » dans la démocratie. « Quand on commet des gestes d’apparence criminelle, c’est inacceptable. »
À l’instar de M. Boulet, le vice-premier ministre s’est dit « déçu » de la réaction des syndicats. « On s’entend que cette guillotine-là n’a pas été cachée dans un sac à dos, c’est arrivé, les gens l’ont vu, […] personne n’a agi », a lancé Ian Lafrenière. « Une fois que c’est sorti médiatiquement, les gens s’en sont distanciés, je parle des syndicats, mais personne ne l’a décrié. »
L’Alliance ouvrière, qui a revendiqué l’action, a défendu une « performance carnavalesque » et a nié lundi avoir voulu personnifier le ministre Jean Boulet, bien que la tête de la marionnette en papier mâché, dans la vidéo, ait eu son apparence.


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