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L’Hôpital pour enfants du Centre des sciences de la santé de Winnipeg (HSC) a annoncé la création d’un espace de guérison communautaire destiné aux enfants et aux familles des Premières Nations, métisses et inuit. L’établissement affirme qu’il s’agit du premier projet de ce type dans un hôpital pédiatrique au Canada.
L’objectif est d'offrir des soins culturellement pertinents, dans un environnement où seront respectées les traditions, les valeurs, les visions du monde et les approches holistiques autochtones en matière de guérison.
Les responsables présentent cet espace comme un symbole de reconnaissance et de sécurité culturelle au sein du système de santé.
Un remède contre l’isolement et le déracinement
Pour de nombreux jeunes patients autochtones, l’hospitalisation signifie bien plus que la maladie. Elle s’accompagne souvent d’un éloignement prolongé de leur communauté, de leur territoire et de leur culture.
Certains enfants viennent souvent de régions très éloignées et doivent passer des semaines, parfois des mois, à Winnipeg. L’objectif du projet est aussi de ramener un peu de chez eux à l’hôpital.
Janessa Dumas Colomb, membre de la Nation crie de Mathias Colomb, a vécu cette réalité durant son enfance.Quand j'avais 10 ans, les médecins m'ont inscrite sur la liste des transplantations. Mes parents, mes frères et sœurs et moi avons dû déménager pour que je puisse être proche de l'hôpital, recevoir des traitements réguliers et attendre une greffe. Je me sentais toujours très loin de chez moi, confie-t-elle.
[Durant mon hospitalisation] ça me manquait de ne plus pouvoir me promener dans la campagne autour de ma communauté, guérir lentement et pêcher. Mes amis, ma famille élargie et les plats que nous aimons partager me manquaient. La danse du châle et la culture dans lesquelles j'ai grandi me manquaient.

Il s'agit d’un service de soins entièrement dédié aux communautés autochtones.
Photo : Radio-Canada / Farah Mekki
Un projet porté par l’expérience et le plaidoyer
À l’origine de cette initiative se trouve la Dre Melanie Morris, aujourd’hui première femme autochtone chirurgienne pédiatrique au Canada. Elle a elle-même été patiente dans cet hôpital lorsqu’elle était enfant.
Le projet s’inscrit dans des années de mobilisation d’aînés, de familles et de membres des communautés autochtones qui poussaient pour que leurs réalités soient reconnues dans le système de santé.
Selon Stefano Grande, président de la Fondation de l’Hôpital pour enfants du Manitoba, entre 50 et 60 % des enfants hospitalisés proviennent de communautés autochtones. Dans certains services spécialisés, comme la néphrologie, qui compte près de 100 enfants, la totalité des patients est issue de ces communautés.
Il établit un lien direct entre cette situation et les conséquences du colonialisme, évoquant notamment les inégalités en santé, la pauvreté, l’insécurité alimentaire, le manque d’eau potable et l’accès limité aux soins.
Un geste de réconciliation concret
En présence de représentants autochtones, dont la Grande Cheffe Kyra Wilson de l’Assemblée des chefs du Manitoba, les responsables ont présenté le projet comme un geste de reconnaissance et de réconciliation.
Selon eux, l’espace permettra aux familles de pratiquer des traditions, de rencontrer des aînés et de ne pas être isolées durant l’hospitalisation.
Ils ont également souligné que plusieurs familles autochtones ont vécu de la méfiance ou du racisme au sein du système de santé.
Le projet est toujours en cours de réalisation et fait appel au soutien communautaire.
Avec les informations de Farah Mekki


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