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Le gouvernement du Manitoba alloue une enveloppe de 4 millions de dollars pour la préservation et la création d’une aire protégée dans le bassin versant de la rivière Seal. Ce projet découle d’une collaboration tripartite entre les gouvernements fédéral et provincial, ainsi que la River Watershed Alliance.
Cela a été annoncé lors d'une conférence de presse vendredi. L'enveloppe s’inscrit dans les nouvelles mesures d’Ottawa pour la protection de la nature.
Le 31 mars dernier, le gouvernement de Mark Carney s’est engagé à verser 74,14 millions de dollars sur 11 ans et 7,9 millions de dollars de financement continu pour la création d’une zone protégée de la rivière manitobaine, mais également d’un parc national et provincial.
Dans un communiqué, la chef de la Première Nation dénée Sayisi, Kelly-Ann Thom-Duck, salue cette proposition et soutient que cela rejoint les objectifs de la communauté.
Aujourd’hui, nous travaillons de nation à nation pour préserver ces terres et ces eaux, créer des activités économiques, préserver notre mode de vie et accueillir les visiteurs. C’est une nouvelle ère de force et de guérison.
Le premier ministre Wab Kinew a d'ailleurs mis l’accent sur la collaboration avec les leaders autochtones afin de bénéficier de leur expertise et de leurs savoirs ancestraux.
Ce n’est pas nous qui possédons la terre, c’est la terre qui nous possède. Pour moi, c’est là tout l’esprit du partenariat de la rivière Seal, a-t-il assuré.
Situé à l’extrême nord du Manitoba, le bassin de la rivière Seal, qui s'étend sur 50 000 km2, est l'un des plus grands bassins versants encore intacts au monde.
Le territoire abrite la Première Nation dénée Sayisi, en plus de bénéficier d'une diversité d’espèces terrestres et marines, dont plusieurs sont menacées d'extinction.

Le bassin versant de la rivière Seal accueille plus de 30 espèces menacées, dont le caribou de la toundra, l'ours polaire et le glouton.
Photo : Photo fournie par l'Alliance River Watershed.
Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature, a pour sa part insisté sur l'aspect multifacette du projet.
L’initiative du bassin versant de la rivière Seal, qui possède une mosaïque de possibilités en matière de protection et d’accès aux terres, aux eaux et aux glaces, nécessite une approche sur mesure et adaptée, a déclaré la ministre.
Le gouvernement manitobain espère, entre autres, favoriser le tourisme durable, le développement économique à travers la création d'emplois, ainsi que le respect des modes de vie autochtones.
Un projet en plusieurs étapes
Lors de la COP15 en décembre 2022, le Manitoba et le gouvernement fédéral avaient annoncé pour la première fois leur partenariat avec l’Alliance River Watershed dans le but d’élaborer un plan de gestion à long terme pour la rivière Seal.
Avec l’engagement de 195 autres pays, le Canada avait déclaré vouloir atteindre un objectif de 30 % de zones protégées d’ici 2030. Cette proposition lui avait valu les réactions de l’ONG Greenpeace et de l’opposition fédérale.
Les conservateurs avaient qualifié ce projet d'illusion, tandis que les membres de l’ONG avaient remis en cause sa faisabilité en estimant que l’annonce n’était pas assez ambitieuse.
Ces discussions ont mené à la réalisation d’une étude de faisabilité en 2024, qui avait pour objectif de transformer ces terres en réserve de parc national et en aires protégées et de conservation autochtones (APCA).


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