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Quelques mois après la fin de la grève où les enseignants demandaient de meilleures conditions de travail et leur retour forcé au travail, comment se sentent les enseignants?
Récemment, un sondage de l’Association des enseignants de l'Alberta indiquait que 94 % des enseignants sondés étaient pessimistes à propos du futur de leur profession.
Selon Ronald Dery, enseignant à l’École Maurice-Lavallée à Edmonton, c’est difficile d’être optimistes quand on se fait arracher nos droits.
On s'est fait forcer un contrat pour lequel on avait dit non et on doit retourner à des conditions qui étaient déplorables et inacceptables avant. Puis elles sont encore exactement les mêmes. Puis, on doit sourire et mettre un beau visage .
Il explique aussi que, depuis la grève, c’est encore plus difficile de trouver des enseignants [bénévoles] pour accompagner les équipes sportives [parascolaires].
On essaie de pas trop parler de la grève parce que ça fait encore mal, dit-il.
David McIntyre, enseignant à Morinville, est du même avis : C’est difficile de rester optimiste quand [le gouvernement] utilise un schéma où il dit la bonne chose, mais ne fait pas la bonne chose.
Certains enseignants, comme Véronique Biley, enseignante à l’École La Mission à Saint-Albert, indique qu’elle a réussi à bien s’adapter depuis le retour en priorisant des sujets comme le français, la littératie et la numératie.
Le directeur d’école Miles Muri précise toutefois que ça a été difficile à cause de la longueur de la grève. C’était comme une deuxième rentrée scolaire, surtout pour les plus jeunes enfants [...] pour les plus vieux, il y a eu beaucoup de compressions, explique-t-il.
Il ajoute que ces enseignants sont des champions et qu’il essaie de mettre certaines choses de côté [...] parce que c’est important d’éduquer, d’avoir un impact, de faire des choses qui vont perdurer.
Ces enseignants se sont rencontrés à Edmonton à l’occasion du Congrès des enseignants du centre nord. L’événement offre surtout des activités de développement professionnel. Or, il y a tellement de choses qui ont un impact [sur l’enseignement] que ce soit les parents, la politique, le matériel ou les bulletins, précise Carryl Bennet, présidente du congrès.

Les congrès d'enseignants contiennent des conférences et des ateliers dédiés aux développements des capacités professionnels.
Photo : Radio-Canada / Bérénice Claude
Le président de l’Association des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling, réaffirme que malgré que les enseignants sont de retour en classe depuis la fin du mois d’octobre, les revendications persistent.
On n'a toujours rien vu du Comité sur la complexité des classes. Le gouvernement n’a toujours pas dévoilé les données sur la taille des classes alors qu’il est censé les avoir depuis le 24 novembre 2025 et qu’il devait les présenter en janvier.
Plus de défis pour les enseignants francophones
Un des enjeux relevés par Jason Schilling est l’absence de ressources offertes aux enseignants francophones pour le nouveau curriculum scolaire, puisqu' ils doivent traduire les documents de l’anglais vers le français. Il entend discuter de cet enjeu avec le gouvernement provincial.
Pour Miles Muri, la défense de l’éducation francophone est un combat constant.
C'est difficile tout le temps. On cherche des appuis, du support et du soutien. On travaille très fort et on a des enseignants dédiés qui en donnent plus pour nos enfants.
L'enseignant Ronald Dery anticipe que plusieurs enseignants porteront du rouge, couleur symbolique de l'éducation publique pendant la grève, vendredi, pour la deuxième journée du congrès.
Avec les informations de Alice Burgat et de Bérénice Claude


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