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Comme de nombreux autres pays, le Japon tente actuellement de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine en ce qui concerne les terres rares. Or, en raison de son histoire géologique, le Japon ne possède pas de gisements terrestres significatifs.
Il faut rappeler que cet archipel relativement jeune est né de la convergence entre plusieurs plaques tectoniques. C'est l'enfoncement de la plaque Pacifique sous la plaque Eurasiatique qui est à l'origine de ces îles volcaniques. Si ce contexte tectonique entraîne la formation d'importants gisements de métaux comme le cuivre, le zinc ou l'or, il n'est en revanche pas favorable à la formation de gisements de terres rares, que l'on trouve le plus souvent dans les anciens complexes granitiques des zones intracontinentales stables, comme en Chine, au Brésil, aux États-Unis ou en Afrique.
D’immenses gisements au fond de l’océan
Mais le Japon pourrait posséder d'importants gisements cachés. C'est ce que vient de révéler le gouvernement japonais, suite aux résultats d'une campagne océanographique d'exploration menée dans la zone économique exclusive du Japon, autour de l'île de Minami Torishima.
Le navire de recherche Chikyu, capable d'effectuer des forages à très grande profondeur, a en effet révélé la présence d'importantes concentrations de terres rares dans les sédiments gisant à 6 000 mètres de profondeur. Pour Kai Sato, porte-parole du gouvernement, il s'agit là d'un « accomplissement significatif, tant en matière de sécurité économique que de développement maritime ».
Le navire de recherche océanographique japonais Chikyu. © Gleam, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Une exploitation qui ne sera pas facile
Exploiter des terres rares à une telle profondeur serait une première mondiale qui nécessiterait, si le gouvernement décidait de se lancer sur cette voie, de mettre en œuvre de nouveaux et coûteux moyens d'extraction, tout en veillant à maîtriser l'impact environnemental sur les écosystèmes marins profonds.
Le Japon teste actuellement des projets pilotes pour établir la viabilité économique et écologique d'une telle exploitation. Mais il faut dire que l'enjeu est important : d'après le journal Nikkei, le gisement dévoilé pourrait être le troisième plus grand au monde, avec plus de 16 millions de tonnes de terres rares.


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