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Ahmed al Ahmed, dont l’acte héroïque a été salué par les autorités australiennes, est revenu auprès de CBS News sur le moment où il a « sauté » sur l’un des terroristes.
Par Maxime Dhuin avec AFP

CBS News
Le « héros » de l’attentat de Bondi Beach, Ahmed al Ahmed, raconte le moment où il a désarmé l’un des assaillants.
Les images de son acte de bravoure ont fait le tour du monde. Ahmed al Ahmed, qualifié de « héros » par les dirigeants australien ou américain pour avoir désarmé l’un des deux assaillants de l’attentat de la plage de Bondi, à Sydney, est revenu sur cet épisode ce lundi 29 décembre au micro de CBS News. Une cagnotte lancée en ligne mi-décembre pour le soutenir avait récolté près d’un million et demi de dollars en moins de 24 heures.
« Mon objectif était simplement de lui prendre son arme et de l’empêcher de tuer des êtres humains et des innocents », a confié ce vendeur de fruits, père de deux enfants et qui a émigré en Australie depuis la Syrie en 2007. Au cours de l’interview que vous pouvez visionner ci-dessous, il s’est souvenu du moment où, après s’être approché par derrière, il a « sauté » sur le dos d’un des tireurs, le tenant avec sa main droite, et lui a dit : « Lâche ton arme, arrête ce que tu es en train de faire ».
Il est ainsi parvenu à désarmer Sajid Akram, l’un des deux assaillants, qui décédera lors de l’attaque qualifiée par les autorités australiennes d’attentat antisémite. Son fils, Naveed Akram, avec lequel il a mené l’assaut, est actuellement aux mains des autorités. Ils ont fait 15 morts et des dizaines de blessés lors de la fête juive de Hanouka qui était célébrée sur la plage de Bondi.
« Je ne veux pas voir des gens se faire tuer devant moi »
« Je sais que j’ai sauvé beaucoup de vies, mais je suis désolé pour celles qui ont été perdues », a ajouté celui qui a reçu plusieurs balles dans l’épaule lors de l’altercation, et a dû subir plusieurs opérations. « Je ne veux pas voir des gens se faire tuer devant moi, je ne veux pas voir de sang, je ne veux pas entendre son arme, je ne veux pas voir des gens crier et supplier, demander de l’aide », a déclaré Ahmed al Ahmed en se replongeant dans la scène.
Son oncle Mohammed, agriculteur à Al-Nayrab dans sa ville natale Al-Nayrab, a assuré à l’AFP que l’acte du « héros » de Bondi est « une fierté » pour sa famille et « pour la Syrie ». Le gouvernement australien a accéléré les procédures et accordé un certain nombre de visas à la famille d’Ahmed al Ahmed, ont rapporté les médias locaux.
« Ahmed a fait preuve du courage et des valeurs que nous recherchons en Australie », a déclaré le ministre de l’Intérieur Tony Burke dans un communiqué.
Les familles de victimes dénoncent la « montée de l’antisémitisme »
Deux semaines après la fusillade, les familles des victimes de l’attentat de Bondi ont appelé ce lundi le Premier ministre Anthony Albanese à former une commission royale fédérale pour enquêter sur « la montée rapide de l’antisémitisme » dans le pays. Dans leur lettre, ils demandent que soient examinées les « défaillances des forces de l’ordre, du renseignement et de la politique qui ont conduit au massacre ».
En Australie, les commissions royales sont des comités d’enquêtes publiques du plus haut niveau, disposant de larges pouvoirs pour s’attaquer à des affaires de corruption, de pédocriminalité ou de protection de l’environnement. La dernière en date remonte à 2022, selon le site du Parlement. Elle s’était focalisée sur un vaste scandale de demandes de recouvrement de dettes frauduleuses.
Le Premier ministre Albanese n’a jusque-là pas répondu à cette demande d’enquête fédérale, déclarant la semaine dernière qu’une commission royale de niveau régional, menée dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud, où l’attentat a eu lieu, suffirait selon lui. « Vous nous devez des réponses. Vous nous devez la responsabilité. Et vous devez la vérité aux Australiens », ont exigé les familles, estimant que la montée de l’antisémitisme représentait une « crise nationale » et une « menace persistante ».


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