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Les 1000 logements abordables supplémentaires promis dans le budget sont loin d’être à la hauteur de la crise qui secoue le milieu de l’habitation, dénoncent les défenseurs de locataires comme les constructeurs.
« L’habitation n’est toujours pas la priorité du gouvernement », déplore l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).
« Tout ce que prévoit le budget [2026-2027], c’est le financement de 1000 logements abordables », déplore de son côté le FRAPRU qui en réclamait dix fois plus.
Concrètement, l’annonce de 1000 unités permettra aux groupes locaux de soumettre des projets de logement à bas prix au gouvernement pour obtenir des subventions dans le cadre du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ). Il n’y avait pas eu d’appel de ce genre depuis 2023 à la Société d’habitation du Québec.
Or c’est nettement insuffisant, a lancé la co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal, qui a tourné l’annonce en dérision. « 1000 pour tout le Québec ! Aussi bien dire qu’il n’y en a pas ! », a-t-elle lancé au huis clos du budget.
De l’aide lors de la crise du logement
Le gouvernement prévoit aussi des fonds pour pouvoir offrir 1000 aides au loyer autour du 1er juillet. Cette aide sera offerte à des personnes qui risquent de se retrouver à la rue. Elle prendra la forme de suppléments au loyer limitant à 25 % la part de revenu qu’elles doivent consacrer à se loger.
Ce type d’aide est principalement offert aux gens qui vivent en HLM au Québec. L’an dernier, 42 594 personnes en ont bénéficié au Québec. Or plus de 30 000 personnes sont sur une liste d’attente pour accéder à ces logements.
Au-delà du manque de logements promis, les organismes d’aide aux locataires réclamaient de la prévisibilité avec des fonds sur plusieurs années.
Rien pour l’accès à la propriété
Les constructeurs, eux, espéraient des mesures pour pouvoir construire « plus et plus vite ». Ils réclamaient que l’État facilite l’accès à la propriété, réduise les obstacles à la construction et finance la modernisation des infrastructures municipales. Ces embûches, déplore l’APCHQ, ont freiné la construction de 36 000 logements l’an dernier.
Pour stimuler le marché de la construction, le ministre des Finances a préféré investir dans un institut dédié aux meilleures pratiques en construction dans la MRC de la Nouvelle-Beauce (15 millions de dollars sur cinq ans) et une enveloppe dédiée à l’amélioration de la productivité dans le secteur (7 millions de dollars sur deux ans).
Rien sur l’argent du fédéral
La signature en janvier d’une entente avec Ottawa pour faciliter la construction de logements est par ailleurs restée sans effets sur le budget du Québec. En vertu de cette entente, le programme Maisons Canada doit financer la construction de nouveaux logements et Québec doit recevoir près d’un milliard de dollars sur dix ans pour adapter les infrastructures municipales à l’ajout d’habitations. Or cela ne s’est pas traduit par des investissements supplémentaires au menu de cette année. En 2023, le Québec avait doublé l’investissement d’Ottawa de 900 millions de dollars en matière de logement pour un total de 1,8 milliard de dollars alloués à la construction de 8000 logements.


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