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Si le drapeau franco-ontarien a un marché plutôt restreint, les produits dérivés qui l'arborent jouissent d'un certain succès commercial.
La Boutique franco de l'Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury est le distributeur officiel du drapeau franco-ontarien.
Or, c'est surtout les produits dérivés qui se vendent bien, selon la directrice générale de l'ACFO du Grand Sudbury, Karine Tellier. Dans les bonnes années, dit-elle, elle peut écouler plus de 15 000 petits drapeaux en papier et entre 7000 et 12 000 tatouages temporaires, très prisés par les écoles.
On peut aimer le drapeau, mais pas nécessairement avoir une place pour l'afficher chez nous. Mais, une petite gommette qu'on peut mettre sur une bouteille d'eau, des tatouages temporaires ou un t-shirt, c'est tout à fait possible.
La Boutique franco ne détient pas l’exclusivité commerciale du drapeau. Les créateurs du drapeau voulaient que ce soit le drapeau de la francophonie [ontarienne]. Il n'y a pas de droit d'auteur, explique Mme Tellier.
Cette liberté permet à n'importe qui de fabriquer et de commercialiser l'emblème, sans verser de redevances. Sur Amazon, on trouve des dizaines de différents drapeaux franco-ontariens, certains produits en Chine, aux États-Unis, ou même en Jamaïque.
L'ACFO privilégie une chaîne d'approvisionnement canadienne en s'associant avec un imprimeur situé à North York dans le nord de Toronto. Une précaution importante : la Ville du Grand Sudbury a déjà acheté par erreur un drapeau franco-ontarien fabriqué en Chine sur lequel le trille avait été imprimé à l'envers.

C’est Joanne Gervais, la sœur du cofondateur du drapeau Gaétan Gervais, qui avait remarqué que le trille sur le drapeau franco-ontarien du Pont des Nations à Sudbury était à l’envers et qui l’a signalé à la Ville.
Photo : Gracieuseté de Karine Tellier
Aussi des cartes et des t-shirts
L'illustrateur franco-ontarien Marc Keelan-Bishop conçoit des t-shirts, des masques et des murales scolaires arborant les symboles du drapeau franco-ontarien. On est très chanceux comme communauté d'avoir un emblème qui est si facilement adaptable et reconnaissable, explique-t-il.

Les cartes de Saint-Valentin franco-ontariennes imaginées par Marc Keelan-Bishop ont été imprimées à des milliers d'exemplaires au fil des ans.
Photo : Marc Keelan-Bishop
Pour l'artiste, la création de produits dérivés est plus un moyen d'unir la communauté et de lutter contre l'assimilation linguistique que de faire du commerce.
Si tout mon revenu provenait des produits franco-ontariens, je ne pourrais pas nourrir mes enfants, confie-t-il.
Mais, une fois que tu quittes l'école, si tu travailles pour un organisme anglophone ou que tu vis dans un village anglophone, un t-shirt ou une affiche franco-ontarienne chez toi, c’est peut-être une des seules connexions que tu as encore avec la communauté [francophone], raconte-t-il.


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