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Le diable est dans les détails (défensifs)

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Vu de l’extérieur, honnêtement, ça ne paraît pas si compliqué. Il s’agit de rejeter le petit objet noir au fond du territoire adverse quand le goulot devant les joueurs se rétrécit, quand les choses se compliquent. Il s’agit de ne pas s’entêter dans un geste qu’ils savent risqué. Cela a l’air simple. Et pourtant.

Qui n’a pas péché par orgueil encore et encore dans sa vie, surtout dans sa tendre jeunesse? Qui n’a pas eu à répéter 17 435 fois la commande la plus élémentaire à ses enfants?

L’on n’infantilisera pas les joueurs du Canadien, non madame, mais ça illustre bien un point : c’est drôlement humain que de s’obstiner parfois.

C’est un peu ce qui semble se produire avec la troupe de Martin St-Louis depuis le début de la saison dans ce court échantillon de trois rencontres au cours duquel l’équipe a accordé 13 buts, en enlevant celui marqué dans un filet désert par les Hurricanes.

La défense prend l’eau, le CH n’arrive plus à attaquer par vagues et le gardien en fait, à force de patauger devant son filet.

Quelques chiffres en rafale, voulez-vous?

En défense, jusqu’à présent, le Canadien est 29e pour les buts accordés en moyenne par rencontre, 26e pour les tirs, 28e pour les chances de qualité, 29e pour les buts anticipés, 19e pour le taux de possession de rondelle et 19e en désavantage numérique.

Rappelons ici que l’accent a été mis sur l’importance de rehausser la qualité du jeu défensif cette saison. St-Louis et ses acolytes — dont le nouvel entraîneur associé Derek Lalonde, embauché pour donner un coup de main au patron dans ce département — voyaient cela comme la progression normale d’une jeune équipe talentueuse qui rivalise tranquillement avec les grandes.

Durant la saison morte, on se disait que c’était vraiment le point qu’on veut améliorer. Je m’attendais à ce qu’on mette beaucoup l’accent là-dessus. Est-ce que ça va prendre 3 matchs, 5 matchs, 10 matchs? Je ne sais pas. L’important, c’est de continuer à pousser là-dessus pour qu’on passe à la prochaine étape, a estimé Alexandre Carrier au terme de l’entraînement, mercredi, à Brossard.

S'attaquer à un problème ne signifie pas le résoudre rapidement. Et si Carrier n'en est point surpris, c'est une réalité qui peut être difficile à accepter pour une bande de surdoués accoutumés à engranger les succès. Le CH pensait peaufiner les détails de son style de jeu cette année; il en est plutôt à retourner à la base.

Mardi, l'équipe souhaitait se servir de la visite de la Caroline à Montréal pour jeter les bases des bonnes habitudes retrouvées. Il n’y a pas de meilleur moment pour le faire que devant cet adversaire à la cohésion exemplaire, au système de jeu affiné qui ne pardonne pas les errances.

Or, si errances il y a…

Il arrive essentiellement ce qui s’est produit mardi : une correction un peu humiliante. Seul le gardien des Hurricanes Brandon Bussi a permis au Canadien de demeurer longtemps dans le coup.

Mercredi, il a beaucoup été question de ces actions téméraires, de ces nombreux revirements, des batailles à un contre un trop souvent perdues. Toutes des choses qui se corrigent et s’enseignent, a insisté St-Louis, déplorant le fait que ses joueurs n’ont peut-être pas toujours la bonne mentalité.

Quand tu te présentes dans une bataille, apportes-tu juste ce qu’il faut pour la gagner ou tu apportes le maximum? Avec l’attitude et le désespoir, tu ne vas pas toutes les gagner, mais tu vas te donner tout le temps une meilleure chance, a lancé l’entraîneur.

En plus de la nécessité d’adopter la bonne mentalité, Carrier a aussi évoqué l’exécution.

Des fois, on fait vraiment des passes pas bonnes, a-t-il simplement résumé.

J’ai l’impression qu’on se complique la vie. On essaie d’aller chercher le jeu parfait. Parfois, c’est juste le jeu simple qu’il faut faire. Sortir la rondelle, la mettre dans le fond du territoire, surtout contre une équipe comme la Caroline qui est dans ta face et ne te laisse pas beaucoup d’espace.

Encore une fois, au risque de se répéter, cela paraît simple, mais ne l’est pas quand les meilleurs joueurs de hockey de la planète forcent leurs rivaux à réfléchir rapidement ou font naître un peu de panique.

Et comme le CH est encore tout jeune, au 4e rang des équipes les plus jeunes de la ligue selon le site Elite Prospects, la maturité n’est pas chose acquise. Ou n’est pas permanente du moins.

C’est encore tôt en saison. Le groupe était très déçu de ne pas obtenir de résultat [mardi]. On sait pourquoi. On est très conscients de ne pas avoir pris soin de la rondelle, a fait valoir St-Louis.

Ce groupe est honnête. Notre honnêteté nous aide à redresser rapidement la barre. Il s’agit de s’en remettre à notre maturité plutôt que tout le monde essaie de sortir un gros jeu, un gros jeu maintenant. Nous n’avons pas besoin de jeux extraordinaires, on a besoin de plein de petites choses ordinaires qui mènent à des choses extraordinaires, a ajouté le pilote, tel que l'expliquait le collègue lundi.

Pour avoir de la simplicité durant les matchs, St-Louis en a créé à l’entraînement.

Il s’en est remis à l’un de ses exercices de base, qu’il affectionne particulièrement, où les joueurs envoyaient la rondelle en fond de territoire et luttaient pour la récupérer. Tantôt à quatre contre quatre, tantôt à trois contre trois, toujours du haut des cercles de mise au jeu environ jusqu’au bas de la zone. Peu d’espace, peu de temps, il faut prendre des décisions rapidement. Les bonnes, idéalement.

Gonflé à bloc par son parcours exceptionnel, le CH s’attendait peut-être à une meilleure cohésion en début de saison. Il a encore beaucoup à apprendre.

Les hauts et les bas de Juraj

Juraj Slafkovsky savait bien ce qui l’attendait en entrevue après l’entraînement. Prompt à se taper sur les doigts, le Slovaque n’a besoin de personne pour lui rappeler ses erreurs, particulièrement nombreuses mardi.

Ce fut une rencontre pénible pour lui qui s’est amorcée par deux revirements dès qu’il a sauté sur la glace, le deuxième menant au premier but des Canes.

La première présence n’a pas aidé, mais tu ne peux pas essayer de la réparer pendant tout le match. Parce que là, tu essaies de faire des choses que tu n’aurais peut-être pas tentées autrement. Tu perds des rondelles. Ça paraît mal.

L’attaquant de 22 ans a avoué avoir beaucoup de difficulté à retrouver son calme lorsqu’il est déçu de lui-même ou lorsqu’il se fâche.

Je dois faire mieux, je ne peux pas me frustrer après une mauvaise présence, a-t-il ajouté.

Un joueur avec la rondelle est pourchassé par un adversaire.

Juraj Slafkovsky poursuivi par Sebastian Aho.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Slafkovsky se met beaucoup de pression sur les épaules pour mener la charge offensive au sein de son trio, surtout quand il joue avec quiconque ne s’appelle pas Cole Caufield et Nick Suzuki. En l’absence d’Ivan Demidov, il estime qu’il est de sa responsabilité de transporter ce qu’on appelle le deuxième trio de l’équipe.

Son entraîneur l’a invité à relativiser la situation.

Il touche à la rondelle et il veut faire la différence tout de suite. Mais il y a un processus. Des fois, ce n’est pas le bon moment, c’est peut-être deux ou trois autres actions plus tard. C’est de jouer le jeu en avant de toi au lieu de tenter de créer quelque chose qui n’est pas là. Ce n’est pas un manque de volonté, c’est juste d’équilibrer ça un peu et de se concentrer sur le processus plutôt que sur le résultat, a expliqué St-Louis.

Un classique indémodable.

En rafale

Samuel Montembeault a quitté prématurément l'entraînement du Canadien mercredi. Le gardien a semblé se blesser à la jambe droite ou à l'aine vers la fin de la séance en perdant pied vers l’arrière.

Grâce au flair de l’excellent chasseur d’images Jean-François Vachon, qui n’a pas perdu une miette de la séquence, nous avons pu observer le Québécois de 29 ans rentrer au vestiaire. Il peinait à mettre du poids sur sa jambe et semblait fort mécontent.

L'entraîneur-chef Martin St-Louis n'a pas offert de mise à jour au sujet de l'état de santé de Montembeault, se contentant de dire qu'il continuait d'être évalué.

Par ailleurs, Oliver Kapanen a raté l’entraînement après avoir pris part à celui de lundi et à toutes les séances de l’équipe à Pittsburgh. Il ne s’agit pas d’un recul dans sa rééducation, a assuré le CH. Le Finlandais est toujours évalué quotidiennement.

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