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Disons-le d'entrée : il y a bel et bien eu un réchauffement climatique il y a 304 millions d'années, et il n'a absolument rien à voir avec celui que nous vivons aujourd'hui. Le seul point commun est la hausse des températures, mais nos sociétés modernes font face à un réchauffement anthropique qui s'accompagne d'une hausse du niveau des gaz à effet de serre sans précédent.
Cela dit, cette hausse brutale des températures qui remonte à l'ère du Paléozoïque peut tout de même nous renseigner sur les conséquences en cascade qui ont eu lieu à cette époque. C'est ce qu'a cherché à comprendre une équipe de chercheurs chinois. Ils viennent de publier leurs résultats dans la revue PNAS.
Des réchauffements différents... Mais avec des similarités
Ils ont examiné ce rapide réchauffement global qui a eu lieu il y a un peu plus de 300 millions d'années, lorsque le niveau de méthane dans l'atmosphère a drastiquement augmenté, poussant à la fonte du permafrost et à une température moyenne en hausse de sept degrés sur l'ensemble de la planète, avec en plus une hausse de la température à la surface des mers et des océans.
Pour les 25 ans de Futura, nos journalistes racontent la découverte, l’événement ou la bascule scientifique qui a marqué leur regard sur ce premier quart de siècle, et continue d’éclairer notre avenir. Souvenez-vous, c’était le 12 décembre 2015. À Paris, 195 pays parvenaient à un accord historique pour tenter de contenir le réchauffement de la planète. Onze ans plus tard, cette promesse résiste-t-elle à l’épreuve des faits ?... Lire la suite
Bien que rapide, ce réchauffement antique était moins brusque que ce que nous connaissons aujourd'hui, puisque nous parlons d'un dixième de degrés supplémentaire tous les 1 000 ans contre environ un degré ces 100 dernières années.
Les conséquences du réchauffement climatique actuel sont encore mal comprises. © Concept Photo Studio, Adobe Stock (image générée avec IA)
En revanche, les conséquences peuvent être potentiellement les mêmes. Comme à l'époque, la hausse des températures que nous connaissons aujourd'hui entraînera la fonte du permafrost, relâchant ainsi une grande quantité de carbone jusque-là stockée dans la glace.
De même, le réchauffement rapide de la Terre se poursuit lorsque l'atmosphère est surchargée de méthane et de dioxyde de carbone, ce qui a tendance à piéger la chaleur et à l'empêcher de s'échapper dans l'espace. C'était le cas durant le Paléozoïque, avec un important effet de serre déjà à l'époque, même si le surplus de dioxyde de carbone n'était pas lié à l'activité humaine comme aujourd'hui.
Le point de bascule climatique
Le principal sujet qui a intéressé les auteurs de l'étude fut le point de bascule climatique atteint il y a 300 millions d'années. Toutes les conditions étaient réunies pour dépasser ce point : l'activité volcanique, l'orbite de la Terre autour du Soleil, les radiations solaires, les émissions de carbone... Le tout pendant que la température moyenne augmentait, ce qui a provoqué des conséquences en cascade aboutissant à un réchauffement extrêmement important.
La Climate Change Initiative, pilotée par l'Agence spatiale européenne (ESA), a permis de cartographier la fonte du pergélisol de 2003 à 2017. © ESA, Permafrost CCI, Obu et al.
Enfin, les chercheurs ont trouvé un dernier point commun entre ce réchauffement et celui que nous vivons aujourd'hui. Tous les deux ont lieu durant un âge glaciaire. Même s'il peut être difficile, entre deux canicules, de se considérer comme étant dans un âge glaciaire, nous vivons tout de même sur une planète où deux grandes masses de glace coexistent : le Groenland et l'Antarctique.
Avec le réchauffement climatique, les sols jusqu’ici gelés en permanence des régions septentrionales pourraient dégeler. Les microbes qui s’y cachent libèreraient alors des quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Sans doute plus encore que les scientifiques le craignaient déjà, révèlent de nouveaux travaux.... Lire la suite
Certes, nous ne sommes pas au maximum de cet âge, atteint il y a 20 000 ans, mais nous n'en sommes pas encore sortis, et c'était également le cas il y a 300 millions d'années. Cela ajoute un point commun entre l'expérience vécue par la planète à l'époque et celle d'aujourd'hui. Cela veut-il dire que la planète va survivre à ce réchauffement ? Certainement sur le long terme, mais avec de profonds bouleversements dans les paysages et la biodiversité.


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