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Véritable institution du panorama du cinéma indépendant, le cinéma Metro d’Edmonton a retrouvé son niveau de fréquentation prépandémique.
Pour Heater Noel, responsable de la programmation, ce succès repose sur deux éléments : la programmation et l’expérience enrichie offertes par le cinéma Metro. En effet, l’établissement propose des concerts ou des discussions pour accompagner les projections, autant d’éléments qui font qu’une sortie dans ce bâtiment historique n’est pas seulement simplement aller voir un film, dit-elle.

Heater Noel veut croire que l'appétit des Albertains et Albertaines envers le cinéma d'ici, qui racontent leurs histoires, a augmenté dans les dernières années.
Photo : Radio-Canada / Danielle Benard
Alors que les usagers peuvent parfois se sentir submergés par la quantité de films proposés sur les plateformes, Heater Noel veut croire que la ligne éditoriale du cinéma répond à la volonté du public de sortir des sentiers battus et de nourrir leur soif de curiosité sur le monde.
Les projections sont très diversifiées, alors c’est aussi une manière de rassembler des communautés entre elles qui n’auraient pas eu d'autres espaces où le faire.
Toutefois, les observateurs soutiennent que la situation heureuse du cinéma Metro ne reflète pas forcément le secteur dans son ensemble.
Un secteur qui manque encore d’une structure forte
Réalisateur indépendant et membre de l'Association de l’industrie de la production médiatique de l’Alberta, Lewis Delbert nuance cette situation. Selon lui, le secteur fait face à des enjeux bien enracinés et systémiques d’investissement et d'élargissement des publics.
L’Albert a pris conscience de la valeur d’une industrie du cinéma forte et locale mais manque encore d'investissements structurels. [...] Cela permettra de moins dépendre des investissements étrangers et des États-Unis et de moins subir les aléas de leurs fluctuations.
Même son de cloche du côté de Robert Sutherland, professeur associé en économie, justice et sciences politiques à l’Université Mount Royal. Il regrette qu’aucun plan stratégique n’existe à l’égard de l’industrie du cinéma indépendant alberta, à l’instar de celui sur la musique, annoncé en mai 2026.

En 2023, le secteur de la production cinématographique en Alberta a contribué pour environ 450 millions de dollars au PIB de la province. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Tom Ross/CBC
Taxer les grands diffuseurs numériques pour financer la production locale, fausse bonne idée?
Ce constat d’une industrie vivante qui manque d’impulsion pour atteindre son plein potentiel arrive dans un contexte particulier.
Depuis plusieurs mois voire années, le Canada est en plein bras de fer avec les diffuseurs numériques américains.
Dernièrement Ottawa a dû débourser 600 millions de dollars pour payer la facture de ces derniers, refusant d’augmenter leur soutien à la production canadienne, comme le recommandait le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.
Si le Québec a annoncé vouloir instaurer une taxe provinciale pour les contraindre à soutenir la production locale, Robert Sutherland doute qu’une telle politique puisse voir le jour en Alberta. Car, dit-il ce n’est ni la philosophie, ni la dynamique du gouvernement en place.
Lewis Delbert, lui, appelle à la vigilance : on ne connait jamais réellement les effets domino que ce genre de politique fiscale de taxation peut avoir sur le bout de la chaîne dit-il.


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