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Le gouvernement fédéral lance son plan pour confier au secteur privé les opérations des quatre plus gros aéroports du pays, a annoncé mardi le premier ministre Mark Carney en marge de sa grande messe de l’investissement.
« Nous allons chercher de l’investissement privé par le biais de concessions à long terme pour opérer les quatre plus grands aéroports du Canada », a lâché le chef libéral devant des chefs d’entreprise et investisseurs réunis à Toronto pour son Sommet canadien de l’investissement.
L’aéroport de Montréal-Trudeau se retrouvera ainsi partiellement privatisé, sous forme de contrat de « 35 ou 50 ans » entre le gouvernement et un opérateur privé. La courte liste des aéroports concernés inclut aussi Toronto-Pearson, le plus achalandé du pays, ainsi que ceux de Vancouver et de Calgary.
Les capitaux pourraient venir de l’étranger, a concédé le premier ministre devant les journalistes. « Il y aura une concurrence entre les investisseurs, afin d’avoir les meilleurs résultats pour les Canadiens. »
Le gouvernement fédéral restera par contre propriétaire des terrains et des infrastructures, selon les quelques détails qu’il a donnés sur le projet. Un aéroport est aussi « une série de restaurants et de magasins », a présenté Mark Carney pour illustrer où le privé pourrait aller chercher du « rendement » et de « l’efficacité ».
Il n’a par exemple donné aucun indice quant à son échéancier.
Expertise des fonds de pension
En mêlée de presse, l’ex-banquier central a présenté les choses ainsi : les principaux régimes de retraite canadiens, comme La Caisse, au Québec, ou encore Investissements PSP, au fédéral, font déjà dans la gestion de gros aéroports mondiaux. Mais à l’étranger seulement.
« On a l’expertise dans nos régimes de retraite », a répété M. Carney, qui dit s’inspirer des « meilleures pratiques d’autres pays » pour améliorer la gestion des opérations et la croissance de ces aéroports.
Les standards de service et normes de sécurité seraient toujours sous la responsabilité d’Ottawa.
Chose certaine, le nouveau fonds dit souverain « pour un Canada fort » serait co-investisseur dans l’aventure, afin d’en tirer « des rendements directs ». Le premier ministre promet d’utiliser les milliards injectés par le privé pour réinvestir dans les aéroports régionaux, afin d’améliorer l’expérience de voyage des citoyens des régions rurales.
Dans son budget de novembre 2025, le gouvernement Carney avait annoncé pour la première fois son intention de se pencher « sur divers scénarios pour privatiser des aéroports ».
L’opposition sceptique
Le Bloc québécois s’est tout de même dit surpris d’entendre que ce plan de privatisation va de l’avant. « C’est quoi l’idée ? Vendre des actifs pour financer le déficit, c’est la logique du grand banquier ? À qui ça profite ? Pas à la population », a tranché le porte-parole du Bloc québécois en matière d’Industrie, Gabriel Ste-Marie.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, a pesté contre toute privatisation des aéroports, « une très mauvaise affaire pour les voyageurs, les travailleurs et les finances publiques ». Il prédit une hausse des frais de service et une détérioration des conditions de travail pour les employés.
Dans une vidéo mise en ligne lundi, le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a aussi sévèrement critiqué le sommet créé par son opposant Mark Carney, n’y voyant qu’une « grande illusion ». Selon le conservateur, les statistiques sur l’investissement étranger sont présentées de manière exagérée, puisqu’il s’agit surtout de cas d’entreprises canadiennes qui passent sous contrôle étranger.
Mark Carney a aussi annoncé mardi qu’il allait balancer le budget des opérations courantes du fédéral dès l’an prochain, un an plus tôt que son échéancier, selon son savant calcul qui ne prend pas en compte les dépenses qu’il catalogue dans un « plan d’investissement ».


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