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ON A REGARDÉ POUR VOUS - Le documentaire de Netflix retrace la chronologie du chaos pathétique qui a ridiculisé l’équipe de France de football aux yeux du monde en 2010.
Passer la publicité Passer la publicitéSeize ans après, les images et les mots font toujours aussi mal aux supporters de l’équipe de France. Et à tous ceux qui aiment simplement le football. Comment le sélectionneur Raymond Domenech et son staff, le capitaine Patrice Evra et ses coéquipiers ont-ils pu écrire la page à la fois la plus scandaleuse et la plus ridicule de l’histoire du foot français lors de la Coupe du monde 2010 ?
Produit par Breath Film et Roger Film, le documentaire Le Bus : les Bleus en grève revient en 80 minutes sur le pathétique épisode de Knysna, retransmis à l’époque en direct sur les écrans de télévision du monde entier. De l’arrivée des Bleus en Afrique du sud jusqu’à leur retour en France, en passant par les trois matches catastrophes et surtout la journée de chaos vécue à l’hôtel et au stade d’entraînement, les réalisateurs Jérôme Fritel et Christophe Astruc détaillent chronologiquement les faits en s’appuyant sur des images d’archives et des témoignages tous plus forts les uns que les autres.
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« Va te faire enculer, sale fils de pute »
« Je n’ai jamais voulu en parler jusqu’à aujourd’hui », avoue Patrice Evra, qui découvre pour la première fois la Une de L’Equipe et le titre qui a mis le feu aux poudres : « Va te faire enculer, sale fils de pute ». Des mots qu’aurait prononcés l’attaquant Nicolas Anelka à l’adresse de Raymond Domenech dans le vestiaire, à la mi-temps du match perdu par la France face au Mexique (0-2). « T’as qu’à la faire ton équipe de merde… Moi, c’est la seule chose que j’ai entendue », affirme Domenech, lequel a mis à disposition son carnet de bord personnel tenu à l’époque, afin que les scénaristes du film puissent y puiser ses propres réflexions. Les punchlines signées du sélectionneur complètent ainsi ses propos d’aujourd’hui. Très instructifs.
Les témoignages des joueurs (William Gallas, Bakary Sagna), de l’encadrement des Bleus (l’ex-chef de presse François Manardo, le préparateur physique Robert Duverne) et de l’ancienne Ministre des Sports (Roselyne Bachelot) éclairent le déroulé des événements, lesquels sont suffisamment catastrophiques pour qu’il soit inutile d’en rajouter. S’enchaînent le départ d’Anelka, l’incompréhension entre le groupe de joueurs et leurs dirigeants, la recherche de «la taupe », l’interview lunaire de Franck Ribéry sur le plateau de Téléfoot… L’épisode du bus constitue évidemment un temps fort inoubliable qui cristallise la tension et la bêtise ambiante. « Je sais que j’ai échoué… Sans le foot et les footballeurs, je ne suis rien », confesse Duverne, en pleurs face à la caméra lorsqu’il se souvient de cette matinée où il balance son chronomètre de rage en tournant le dos aux Bleus.
Les explications de nos confrères de L’Equipe Vincent Duluc et Sébastien Tarrago, alors envoyés spéciaux en Afrique du Sud, constituent également de solides repères pour comprendre et décrypter l’indescriptible chaos dans lequel a été plongé le sport français mais aussi les plus hauts responsables de l’État, à l’image du président Nicolas Sarkozy, contraint de se pencher sur le dossier. « Nous avons donné une mauvaise image du football français et du pays », conclut Patrice Evra. Doux euphémisme.


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