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Le mouvement des lycéens se poursuivait vendredi sous haute tension, avec plus de 500 établissements perturbés et quelques incidents, tandis que les syndicats et associations lycéennes ont appelé à poursuivre la mobilisation, faute de « mesures concrètes ».
Commencé le 17 septembre en région parisienne, le mouvement de protestation s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, le bureau du premier ministre condamnant des « violences urbaines » dont il impute la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale). À sept mois environ de la présidentielle, pour lesquelles la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen est donnée favorite, et avec un climat social électrique en raison du prix des carburants, le dossier est particulièrement sensible.
Pour le moment, la mobilisation et les incidents semblaient moindres vendredi que la veille, mais la situation reste difficile à évaluer.
James, élève de seconde à Lille (nord), déplore « la répression policière extrêmement violente qui forcément attise la colère des lycéens ».
« Parce que quand on voit des camarades à nous qui se font frapper, étrangler, éborgner, gazer dans tous les sens, alors qu’on essaie juste de pouvoir avoir un dialogue avec le gouvernement, forcément, ça met en colère », assure-t-il.
Près de 400 lycées (sur les 3700 dans le pays) étaient fermés vendredi. Le lycée Mandela de Nantes, dont le hall d’entrée a été détruit la veille par un incendie, a été fermé jusqu’à mi-octobre.
« Les enfants sont en danger »
De nombreux établissements prévoyaient par conséquent d’assurer les cours à distance, a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray.
À la mi-journée, « 564 établissements ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations », selon le ministère de l’Éducation nationale.
Des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont été constatés dans plusieurs villes, notamment à Paris ou Strasbourg (est). Et un policier a été violemment frappé à Belfort (est) par des « émeutiers », selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
« Ce matin, notre lycée devait être ouvert, mais des jeunes qui ne sont pas du lycée sont venus juste pour mettre le feu », témoigne Eliott, 16 ans, élève de première dans un établissement de La Rochelle (ouest).
Le ministre de l’Éducation nationale a demandé l’aide des parents, plaidant que « dans la rue, les enfants sont en danger »
Afin de renouer le dialogue, le ministre a rencontré vendredi les syndicats de l’éducation et associations lycéennes, dont l’Union syndicale lycéenne (USL), fer de lance de la mobilisation.
Mais les organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, faute de « mesures concrètes » proposées par le ministre.
Grande mobilisation prévue mardi
« L’Union syndicale lycéenne appelle à continuer la mobilisation, à continuer les manifestations et à rejoindre le mouvement de l’acte 3 mardi », journée de grande manifestation nationale, à laquelle la CGT et Solidaires vont se joindre, selon le président de l’USL Ryad Rani.
Jeudi, « 1027 établissements », sur environ 3700 lycées en France, « ont été concernés par le mouvement lycéen », selon le ministère de l’Intérieur, qui a comptabilisé près de 2000 interpellations.
De premières gardes à vue ont abouti, dans les tribunaux, à de premières condamnations à des travaux d’intérêt général. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés.
Edouard Geffray a précisé que 65 personnels de l’Éducation nationale — dont 40 proviseurs — et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants afin de leur faire « payer les réparations ».
Selon les services du premier ministre, le mouvement serait une « manœuvre organisée par [le parti de gauche] LFI et ses proxys de l’ultragauche ». Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a reproché à Matignon de « sombrer dans le complotisme ».


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