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TRIBUNE - Alors que le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur la loi sur l’aide à mourir, le maître de conférences montre que la saisine du premier ministre attaque des dispositions défendues par son propre gouvernement tout au long des débats.
Laurent Frémont est maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.
La chronologie, d’abord, accable. Le 14 juillet 2026, jour de fête nationale, Matignon annonce par communiqué que le premier ministre saisira le Conseil constitutionnel contre la loi créant un droit à l’aide à mourir. La lecture définitive ne s’est pas encore ouverte que le texte est déjà frappé de suspicion par celui-là même qui en a organisé l’adoption. S’opposer la veille du vote, sans bulletin à déposer ni prix politique à payer : le procédé donne le ton. Le 15 juillet, l’Assemblée nationale adopte définitivement la proposition de loi, à une faible majorité et après 3 rejets successifs au Sénat. Le 17, la saisine arrive rue de Montpensier. Le 27, les cinq rapporteurs du texte, venus d’horizons politiques différents, répondent par des observations d’une politesse toute parlementaire, où la démonstration du premier ministre est jugée «pour le moins discutable». Dans…


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