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Le comité permanent des Langues officielles faisait vendredi un dernier arrêt à Woodstock dans le cadre de sa tournée provinciale de consultations publiques sur la révision de la Loi sur les langues officielles.
À l’horaire, il n’y avait qu’un seul nom, celui de Dominic Cardy, l'ancien ministre de l’Éducation de Blaine Higgs et actuel chef fédéral du Parti avenir canadien, qui s'est exprimé à titre de résident du Nouveau-Brunswick.
Dominic Cardy a commencé par aborder le sujet de l’intelligence artificielle, une révolution importante qui, selon lui, permettra des traductions et des interprétations presque sans fautes ces prochaines années.

L'ex-ministre Dominic Cardy s'exprime devant le comité permanent des langues officielles à Woodstock.
Photo : Radio-Canada
Il y a donc, selon lui, urgence d’agir pour accroître la portée de la Loi sur les langues officielles et ne pas la limiter à l’emploi du français et de l’anglais.
À ses yeux, elle est d’ailleurs perçue de manière différente par les deux communautés linguistiques : comme un instrument de protection de la langue pour les francophones, et comme un outil pour obtenir un emploi pour les anglophones.
Pour une culture néo-brunswickoise
Il propose d’intégrer la culture à la portée de la loi.
Dans ce projet, Dominic Cardy propose aussi de travailler sur une culture néo-brunswickoise qui pourrait regrouper les francophones et les anglophones autour de valeurs communes, mais aussi, par la suite, les Autochtones et même les allophones.
Avant que nous réussissions à la base, nous ne serons jamais un endroit attirant pour les autres, parce que nous ne savons pas qui nous sommes, et c’est un problème fondamental quand vous êtes au pouvoir. Dites-moi ce que ça veut dire, être un Néo-Brunswickois, a demandé en anglais Dominic Cardy aux députés qui forment le comité.
Il propose un rapprochement des communautés linguistiques et de plus grandes interactions entre elles.
Selon lui, il faut que ce travail mène à des échanges francs, parfois difficiles, dans l’espace public et, surtout, parmi les décideurs.
On va jamais dire : "Aujourd’hui, on va créer une identité néo-brunswickoise et, en 2028, ça va être terminé." C’est un processus qui va jamais se terminer, mais aujourd’hui, on a aussi un processus qui ne se termine jamais, c'est d’éviter d’avoir les conversations sur les questions linguistiques et culturelles, explique-t-il.
Il n’est pas question selon lui de détruire une culture déjà existante, comme la culture acadienne, mais plutôt de rassembler.
Le fait qu’on a des gens dans la communauté francophone qui ont aucun intérêt pour le premier [lundi] d’août et des anglophones qui ont aucun intérêt pour le 15 août, ça, c’est une démonstration qu’on a pas réussi comme province, jusqu’à ce point, à créer une province.
Des députées intéressées
La députée progressiste-conservatrice Margaret Johnson a beaucoup apprécié l’idée avancée par Dominic Cardy.
Quand vous allez dans des aéroports partout au pays, vous voyez de grandes affiches de l’Île-du-Prince-Édouard. C’est l’île de la nourriture. [...¸] Et ils promeuvent leur culture. Et ils promeuvent leur histoire. Ils ont une identité. Et les gens de la Nouvelle-Écosse, ils ont cette identité. Terre-Neuve, ils ont cette identité. Le Nouveau-Brunswick n’a jamais vraiment saisi ça : qu’est-ce que ça veut dire, d’être Néo-Brunswickois? Son message a été très très bon, dit-elle.

Margaret Johnson, députée progressiste-conservatrice de Carleton-Victoria.
Photo : Radio-Canada
L’unilingue anglophone Margaret Johnson reconnaît humblement qu’avant d'entreprendre ces consultations, elle ne savait pas ce qu’est un ayant droit. Elle estime que cela illustre bien le fossé qui existe entre les deux communautés linguistiques.
Natacha Vautour, députée libérale, estime qu’un tel rapprochement entre les deux communautés est possible.
On a une richesse dans notre province avec le bilinguisme. On a une richesse avec la force de l’Acadie encore, avec les anglophones qui travaillent, beaucoup d’anglophones avec nous. C'est ça qui est intéressant de voir dans la tournée. Les perceptions sont vraiment différentes, mais on a beaucoup d'alliés pour la communauté francophone. On a beaucoup d’alliés dans la communauté anglophone, dit la députée acadienne.
Fin des consultations
Le comité permanent sur les Langues officielles conclut ainsi sa tournée provinciale.
Il sera maintenant chargé de produire des recommandations pour moderniser la Loi sur les langues officielles. Les recommandations pourraient aussi, selon son président Benoît Bourque, comprendre des recommandations connexes, qui se rapportent aux langues officielles, mais pas à la loi.
Mais auparavant, les députés devront digérer les nombreux commentaires formulés ces deux dernières semaines.

Natacha Vautour, députée de Dieppe-Memramcook
Photo : Radio-Canada
Il y a eu beaucoup de choses. Honnêtement, ça a été très varié, dit Natacha Vautour, qui a assisté à toutes les audiences.
Ça été magnifique d’entendre les gens de la base. Ce n’est pas juste des organisations comme la SANB [Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick] et Canadian Parents for French. Ce sont des gens qui ont des problèmes linguistiques dans leur communauté ou des gens qui veulent appuyer le bilinguisme, ajoute Margaret Johnson, qui a assisté à l'ensemble des consultations, sauf deux.


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