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Des chercheurs de la Washington State University ont développé un traitement nanothérapie ciblé contre l’endométriose, utilisant une molécule modifiée du niclosamide pour atteindre directement les cellules immunitaires associées à la maladie. Testée avec succès sur des modèles murins, cette thérapie non hormonale ouvre la voie à de futurs essais cliniques chez l’humain.
Une maladie chronique touchant 190 millions de femmes dans le monde
L’endométriose touche environ 190 millions de personnes de sexe féminin à travers le monde, selon les données publiées par la Washington State University. Cette affection chronique et incurable se caractérise par la prolifération de cellules de la muqueuse utérine à l’extérieur de l’utérus, provoquant des lésions inflammatoires.
Les patientes font face à des symptômes invalidants au quotidien, incluant des douleurs pelviennes intenses, des crampes menstruelles sévères, des douleurs lors des rapports sexuels ainsi que des problèmes d’infertilité. Pour de nombreuses femmes, le diagnostic intervient après des années d’errance médicale, aggravées par la normalisation de la douleur menstruelle et les disparités historiques dans la prise en charge de la santé féminine, comme le relève Nature.
Les limites des thérapies hormonales et chirurgicales actuelles
Jusqu’à présent, les options thérapeutiques se limitaient aux interventions chirurgicales pour retirer les lésions et aux traitements hormonaux suppriment les œstrogènes. Cependant, ces approches comportent d’importants inconvénients. Les chirurgies offrent souvent des résultats temporaires, près de la moitié des patientes voyant les lésions réapparaître dans les cinq ans suivant l’opération, d’après Nature.
Photo : NatureDe leur côté, les médicaments hormonaux bloquent la fertilité et entraînent des effets secondaires lourds comparables aux symptômes de la ménopause, tels que des bouffées de chaleur, de la dépression et une baisse de la densité osseuse mesurée par l’ostéoporose. Ces contraintes pénalisent particulièrement les jeunes femmes cherchant à préserver leur avenir reproductif.
L’innovation de la nanothérapie ciblée par l’équipe de la WSU
Pour contourner ces obstacles, des chercheurs de la Washington State University ont mis au point une approche novatrice en ciblant le dysfonctionnement du système immunitaire.
Photo : BioTechniquesLe traitement utilise le niclosamide, un médicament approuvé par la Food and Drug Administration pour traiter les infections de vers solitaires intestinaux. Bien que ce médicament antiparasitaire ait montré par le passé une capacité à réduire l’inflammation et la taille des lésions endométriotiques, sa faible solubilité dans l’eau exigeait des doses massives provoquant des crampes d’estomac, des nausées et une perte d’appétit, limitant son usage réglementaire à de de courtes périodes de sept jours.
Cette structure transporte le niclosamide directement vers les cellules immunitaires malades, agissant comme une clé dans une serrure.
Résultats des tests précliniques et perspectives d’essais cliniques
Kanako Hayashi a déclaré : « Bien que nous devions encore franchir plusieurs étapes, cette étude nous indique que l’efficacité est forte et que ce nanoporteur est stable jusqu’à présent pendant deux semaines, et nous pensons pouvoir aller plus longtemps. »
Selon les estimations relayées par KUOW, l’obtention des financements nécessaires auprès de l’industrie pharmaceutique et le passage des différentes phases réglementaires pourraient permettre une commercialisation d’ici environ cinq ans.


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