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La publication d'un article de 24 pages du média d'extrême droite Frontières sur Youssef Badr a déclenché une vague de cyberharcèlement contre le magistrat.
La rédaction - Aujourd'hui à 17:13 | mis à jour aujourd'hui à 17:23 - Temps de lecture :
Une nouvelle vague de menaces vise le juge Youssef Badr. Mercredi 14 octobre, le magistrat de Bobigny a fait la une du magazine d’extrême droite Frontières, qui lui consacre un article de 24 pages pour mettre en cause son impartialité. La publication le décrit comme un « militant ouvertement anti-RN » ou encore « le favori d’Emmanuel Macron », en dénonçant une « justice politique ».
Frontières lui reproche notamment ses positions en faveur de la diversité, en pointant son implication dans l’association La Courte Échelle qu'il a fondée et préside. Cette structure a pour but d’aider les étudiants issus de milieux modestes et de quartiers populaires à accéder aux métiers du droit « sans aucune distinction d'âge, d'origine, ou de revenus », précise-t-il.
Jeudi, le garde des Sceaux Gérald Darmanin lui a apporté son soutien sur X. « Aucun magistrat ne doit être menacé ou insulté dans une démocratie fière de son État de droit », a-t-il écrit. Le parquet de Paris a également indiqué examiner le contenu du magazine, « ainsi que les commentaires auxquels il donne lieu », tandis que Youssef Badr avait expliqué sur X recevoir « de nombreux messages d’insultes et de menaces, comme en juin dernier », lorsqu’il avait porté plainte.
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Des attaques « inédites et très préoccupantes »
En effet, les attaques contre Youssef Badr ne sont pas une première. En juin dernier, le magistrat avait obtenu la condamnation d’Erik Tegnér, directeur de la rédaction de Frontières, à six mois de prison avec sursis et à 10 000 euros d’amende pour avoir divulgué dans son journal les données personnelles d’avocats spécialisés en droit des étrangers. Le responsable du magazine, qui a fait appel, avait alors dénoncé une « totale dinguerie » et appelé ses abonnés à se mobiliser. Depuis, Youssef Badr fait régulièrement l’objet de cyberharcèlement de la part de militants d’extrême droite.
De son côté, le magistrat rejette les accusations de politisation. « Vous pouvez répéter partout que je suis un juge politisé : je ne le suis pas », a-t-il répondu sur X. Le Conseil supérieur de la magistrature lui a apporté son soutien, dénonçant « un risque de déstabilisation de l’institution judiciaire ». Jacques Boulard, le premier président de la cour d’appel de Paris, a également exprimé sa « très vive inquiétude » concernant ces attaques « inédites et très préoccupantes ».


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