On dit souvent qu’on ne devrait jamais gaspiller une bonne crise. Celle du pétrole après la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz survient alors que la planète doit effectuer une transition énergétique, sur fond de déglobalisation et de numérisation. La solution passe par des investissements massifs dans les infrastructures, de l’ordre de 100 000 milliards de dollars d’ici à 2040, selon plusieurs conférences organisées ce mardi dans le cadre de Building Bridges, l’événement annuel consacré à la finance durable à Genève. Ces tendances se traduisent par un supercycle d’investissement, dans les capacités de production d’électricité mais aussi et surtout dans les réseaux qui devront transporter ce courant. Le cadre général paraît clair mais, comme souvent, les choses ne sont pas aussi simples qu’elles en ont l’air.
Le choc pétrolier provoqué par la guerre américaine contre l’Iran a déjà poussé TotalEnergies à investir dans la logistique de manière à sécuriser la production d’énergie. Une course est lancée pour obtenir des panneaux solaires, des turbines ou des batteries, mais aussi pour signer des contrats d’approvisionnement à long terme, sans oublier que des pipelines supplémentaires seront nécessaires pour éviter de nouveaux blocages des voies maritimes.


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