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Des intervenants des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) signalent que Service aux Autochtones Canada (SAC) a suspendu les renouvellements et l'admission de nouveaux patients dans le cadre de son programme de counseling offert aux survivants des pensionnats pour Autochtones et à leur famille.
Dans le cadre de ce programme, les patients peuvent notamment obtenir une préapprobation pour obtenir des séances d’aide psychologique sur une période d’un an, puis doivent renouveler leur demande.
Or, les renouvellements et l’admission de nouveaux patients ont été mis en pause à la fin du mois de mai. Le gouvernement fédéral a pourtant approuvé en mars le renouvellement du financement du programme.
Catherine Blondin, résidente des T.N.-O., a dû se passer d’une consultation à laquelle elle avait droit, à un moment où elle en avait besoin, et ce, sans savoir à quel moment elle obtiendrait l’approbation pour ses prochaines séances.

Akaitcho Hall était une résidence pour des élèves venant hors de Yellowknife qui fréquentaient l'école secondaire Sir John Franklin. La résidence est incluse parmi les établissements liés aux pensionnats pour Autochtones. Cette image date de 1973.
Photo : Archives TNO/Native Communications Society fonds/N-2018-010: 01090
Sa fille dépend aussi de ce programme, dit-elle, pour gérer le traumatisme intergénérationnel causé dans leur famille par les pensionnats pour Autochtones.
C’est effrayant, confie Mme Blondin. Il faut des soins continus pour assurer le succès d’un programme de counseling.
Accéder aux soins
Catherine Blondin souligne qu’il lui a fallu beaucoup de temps pour trouver le bon thérapeute. C’est chose faite depuis deux ans, et elle affirme que le programme a changé sa vie.
Nous sommes très forts et résilients parce que nous n’avons pas eu le choix, mais nous devons pouvoir compter sur une continuité des soins pour que la guérison ait un véritable impact.
À Fort Smith, Betty Bird tente également de comprendre ce que cette pause signifie pour le futur du programme.

Betty Bird avec son petit fils. « De ma grand-mère à mon petit fils, nous avons fait d’importants progrès pour devenir une famille en santé », dit-elle, en déplorant les défis supplémentaires auxquels elle doit aujourd'hui faire face pour accéder aux ressources dont elle a besoin.
Photo : Fournie par Betty Bird
Elle l’utilise depuis des décennies, et encourage d’autres personnes à faire de même.
Sa grand-mère a séjourné dans un pensionnat pour Autochtones et elle aurait elle-même commencé l’école l’année suivant la conversion de l’externat autochtone local en une école régulière.
Aucun des abus n’a cessé et mes années scolaires n’ont pas du tout été heureuses, affirme-t-elle.
Elle parle de la thérapie comme d’un tournant dans sa vie, et dit y avoir recours de façon ponctuelle, lorsqu’elle en a besoin.
Je peux dire en toute honnêteté que mes problèmes ont été relayés au second plan, et que c’est moi qui aie pris les commandes, se réjouit Mme Bird.
Elle veut qu’Ottawa sache à quel point ce programme est nécessaire dans le Nord.
Vous avez affaire à la douleur des gens et à leurs traumatismes. Vous n’aviez pas rempli votre obligation de nous ramener à un état où nous pouvons prendre le dessus.
Les préjudices se poursuivent
Des thérapeutes déplorent également la situation.
C’est vraiment frustrant, parce que ce programme existe à cause des dégâts du système colonial, et cette pause du programme donne le sentiment que les préjudices se poursuivent, se désole une conseillère en santé mentale.
CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas la nommer, puisqu’elle craint que de s’exprimer publiquement lui fasse perdre de futurs contrats avec SAC.
Depuis que le programme est mis sur pause, elle a continué à offrir des consultations gratuites à huit clients, et a évité de leur mentionner cette pause.
Deux autres fournisseurs de services ont indiqué que cette situation impose aux thérapeutes de choisir entre offrir des soins à leurs clients et voir à leur propre bien-être financier.
Cette pause toucherait environ 60 de leurs clients.
La réponse d’Ottawa
Service aux Autochtones Canada a refusé une demande d'entrevue de CBC/Radio-Canada et a fourni une réponse écrite.
On y souligne que la ministre Mandy Gull-Masty a annoncé en mars 630 millions de dollars en financement de renouvellement sur deux ans pour un ensemble de programmes, incluant celui qui finance les services de counseling pour la résolution des questions des pensionnats.

Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux Autochtones, s’adresse aux médias dans le foyer de la Chambre des communes, le mardi 16 juin 2026.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
À la fin de l’exercice financier 2025-2026, des retards ont été constatés dans l’approbation des factures et les paiements, a déclaré Jacinthe Goulet, porte-parole de SAC, dans un communiqué.
SAC a reçu son financement et devrait approuver les factures en respectant les normes de service.
Nous reconnaissons que l’incertitude et les retards dans l’approbation des services ont pu poser des difficultés à certains clients et fournisseurs de services, et nous regrettons sincèrement les inconvénients ou les répercussions subis, déclare Mme Goulet.
Avec les informations de Sarah St-Pierre


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