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La Suède tire profit d'un problème que plusieurs pays peinent à résoudre: l'incinération de leurs déchets. En 2024, les usines de traitement des déchets suédoises ont manipulé jusqu'à 3,9 millions de tonnes d'ordures provenant d'autres pays, principalement du Royaume-Uni, de Norvège et d'Italie. Les exportateurs de détritus rémunèrent Stockholm pour ce service, qui promet, elle, de transformer leurs immondices en chaleur et en électricité. Problème: l'incinération émet toujours des gaz à effet de serre, en particulier du CO₂. Selon le média Ecoticias, il s'agirait donc davantage d'une réussite énergétique que d'une méthode de recyclage durable.
Une question subsiste: pourquoi la Suède accepte-t-elle de traiter les déchets d'autres États? Dans le pays nordique, les réseaux de chauffage urbain distribuent la chaleur des centrales par le biais de canalisations isolées. L'avantage est double: les ménages peuvent se passer de chaudière à gaz, polluante, et l'énergie récupérée de la combustion des ordures alimente directement les radiateurs.
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Ces dernières années, Stockholm a développé son système d'incinération, capable désormais d'absorber une quantité de déchets bien supérieure à celle produite par sa population. Selon une étude du Conseil nordique des ministres de 2024, les importations de combustibles issus d'ordures s'élèvent à 1,4 à 1,6 million de tonnes par an depuis 2017. Ce chiffre exclut toutefois les déchets envoyés aux centres de recyclage et le combustible brûlé dans les cimenteries.
71 millions d'euros de profit
Mais alors, combien ça rapporte exactement de traiter les détritus d'autres pays? Sur ce point, difficile d'obtenir des chiffres précis. Un reportage de la chaîne de télévision suédoise SVT parlait, en 2015, de 373 couronnes (environ 33 euros) par tonne. Appliqué aux 2,14 millions de tonnes importées en 2013, cela représente un joli pactole de 798 millions de couronnes (71 millions d'euros).
En 2025, l'Agence suédoise de l'énergie a indiqué que la valorisation énergétique des déchets permet de produire 19,5 térawattheures par an, ce qui correspond aux besoins en chauffage de près de 1,5 million de logements.
Mais un problème persiste: en brûlant dans les fours géants, les ordures émettent du dioxyde de carbone d'origine fossile. En 2021, l'incinération des déchets représentait 73% des émissions de CO₂ de Stockholm. Des émissions imputées principalement aux nombreuses matières plastiques contenues dans nos détritus ménagers.
Les défenseurs de ce système ne se laissent toutefois pas démonter. Ils arguent que le traitement des déchets importés permet d'éviter les émissions de méthane provenant des décharges étrangères, où les ordures stagnent. La politique de l'Union européenne (UE) ne va cependant pas dans leur sens: les directives privilégient la réduction des déchets et le recyclage à la valorisation énergétique.
Le secteur industriel l'a bien compris: «Le traitement des déchets ne doit pas remplacer le recyclage», souligne Tony Clark, directeur d'Avfall Sverige, l'association suédoise de gestion des déchets. Si Stockholm a démontré l'intérêt de récupérer l'énergie contenue dans les ordures, son modèle ne peut pas, à l'heure actuelle, être considéré comme une prouesse technologique au service du climat. Même si, les immondices venues d'Italie, du Royaume-Uni et de Norvège permettront aux chauffages de tourner à plein régime à l'approche de l'hiver.





























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