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Des agriculteurs, des membres de Premières Nations et d'autres de communautés du nord-est de la Colombie-Britannique expriment des craintes concernant la volonté du gouvernement de réexaminer la viabilité du projet de barrage hydroélectrique dit du Site E.
Adrian Dix, ministre de l’Énergie, a annoncé lundi que le gouvernement réexamine sérieusement le projet de barrage, dont la construction avait été initialement envisagée à la confluence des rivières de la Paix et Alces.
La province étudie aussi la faisabilité d’un autre projet, celui du barrage Homathko, près de l'anse Bute, sur la côte centrale.
Elle entend ainsi devenir une superpuissance en électricité propre, mais aussi répondre à la demande de courant, qui devrait bondir de 20 % d'ici 2030, puis de 50 % d'ici 2050, selon les données de BC Hydro.
Le Site E serait juste de la folie, lâche Ken Boon, président de la Peace Valley Landowner Association. À tous les niveaux, les barrages électriques n’ont plus aucun sens. Les impacts sont trop énormes.

Ken Boom est président de la Peace Valley Landowner Association.
Photo : Radio-Canada / Matt Preprost/CBC
Le barrage du Site E avait été initialement proposé en 1958, en même temps que quatre autres sites sur la rivière de la Paix, dont le projet Site C, récemment rebaptisé John Horgan, et qui avait finalement été privilégié. Ce dernier a récemment été achevé, malgré l’opposition de propriétaires terriens et de Premières Nations.
À l'époque, les études préliminaires de BC Hydro avaient conclu que la construction du Site E nécessiterait l'inondation de 7700 hectares de terre et qu'elle coûterait environ 500 millions de dollars.
BC Hydro a décidé d'abandonner le projet, favorisant celui du Site C parce qu’il était plus économique.
La construction du barrage du Site C a, au bout du compte, coûté 16 milliards de dollars, soit deux fois plus que le coût initial estimé.
Le Site C comme précédent
Ken Boon explique que les agriculteurs font toujours les frais de la perte de milliers d’hectares de terres. Selon lui, la construction du barrage John Horgan a également eu des contrecoups sur des sites culturels autochtones, ainsi que sur la faune et la flore, inondés pour les besoins du barrage.
L’emplacement du Site C n’est pas bon, et celui du Site E ne sera pas mieux, voire pire. Les contribuables ne pourront pas financer encore une fois de telles dépenses, indique Ken Boon, qui ajoute qu’il existe aujourd’hui des solutions de rechange moins coûteuses et qui entraînent moins de conséquences pour l’environnement.
Les autorités locales et des recherches avaient établi que la construction du barrage du Site E aurait des répercussions importantes sur la région. Des fermes, des ponts, des parcs et une canalisation auraient dû être inondés, selon elles, ce qui aurait eu un effet sur l’approvisionnement en eau de communautés, comme celles de Taylor ou de Fort St. John.
Manque de consultation
Si Adrian Dix a prévenu que la province est encore loin d’avoir pris une décision concernant la construction d’un ou deux barrages, certains auraient voulu être consultés. C’est le cas de Brent Taillefer, maire du district de Taylor. Nous savons qu’on a besoin d’énergie, et que quelque chose doit être fait. Mais je ne suis pas sûr qu’un barrage soit la bonne solution, dit-il, vantant les mérites du gaz naturel.
Roland Willson, chef des Premières Nations de West Moberly, aimerait quant à lui que les communautés autochtones puissent être consultées dès les prémices des projets qui touchent leur territoire.
Les Premières Nations de West Moberly font partie des communautés qui se sont opposées au projet du Site C. Elles ont d’ailleurs porté la cause devant la justice, arguant que la construction du barrage contrevenait aux droits des traités.
Nous n’avons jamais dit non à la production d’énergie; nous avons dit non à la manière dont l’énergie est produite, nuance-t-il.
Adrian Dix a précisé, lundi, que la consultation des communautés aurait lieu après une éventuelle étude de faisabilité.
D’après un article (nouvelle fenêtre) de Matt Preprost


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