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Dénonçant ce qu'ils qualifient de « travail non rémunéré », les quelque 4600 agents de bord de WestJet pourraient déclencher une grève dès le 2 août. Au cœur du litige, des dizaines d'heures pour lesquelles les employés estiment ne pas être payés. Plusieurs empoyés de la compagnie à Winnipeg ont exprimé leur mécontentement.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente le personnel de cabine de la compagnie aérienne, a mené une journée d'action au niveau des départs de l'aéroport international Richardson de Winnipeg, mardi.
Quelques 255 membres du personnel sont affectés à cette base, selon Tyson Conrod, le vice-président de la SCFP 8125.
Les agents de bord travaillent en moyenne environ 35 heures par mois sans être rémunérés. Nous sommes déterminés à combler ces lacunes, affirme Tyson Conrod. Le travail non rémunéré ne décollera pas.
Un tiers du personnel de WestJet de Winnipeg s'est présenté à la mobilisation pour exprimer leur solidarité à leurs collègues et montrer un front uni.
Nous sommes ici pas seulement en tant que section de Winnipeg, [mais en] soutien avec tous les agents de bord du réseau [qui aspirent à voir des changements dans leur convention collective], affirme Tyson Conrod
Nous réclamons des salaires équitables, du respect. En tant que professionnels de la sécurité, nous méritons que les dispositions de la convention collective reflètent ce respect.
Rena Kisfalvi, hôtesse de l'air de WestJet à Winnipeg, a participé à la manifestation.
Beaucoup de nos collègues du secteur aérien ne perçoivent pas de salaire qui reflète réellement l’économie actuelle. Et c’est ce que [...] nous voulons que notre employeur comprenne, indique-t-elle.
Selon les protestataires, durant leur quart de travail, les agents de bord doivent arriver une heure avant le départ du vol pour effectuer les contrôles de sécurité, organiser les briefings d’avant-vol, vérifier le service de restauration, puis les briefings avec les passagers.
On n’est pas payé pour tout ça , dénonce M. Conrod.

Les protestataires disent réclamer « des salaires qui reflètent la réalité économique actuelle »
Photo : Radio-Canada / Adèle Doat
Changer une structure salariale obsolète et complexe
La rémunération des agents de bord est un sujet assez complexe, fait savoir M. Conrod. Il ajoute que le système de rémunération actuel date d’environ 25 ans et ne tient pas compte des hausses du salaire minimum ni des responsabilités supplémentaires qui nous ont été confiées.
Le directeur général de WestJet, Alexis von Hoensbroech, indique qu'il travaille avec le syndicat pour élaborer des conventions collectives qui répondent aux attentes [des employés protestataires, mais aussi] qui conviennent également à l’entreprise.
M. von Hoensbroech insiste que la structure salariale de la compagnie est conçue pour rémunérer chaque heure travaillée, mais il soutient que WestJet est disposée à modifier cette structure complexe, notamment la manière dont les forfaits sont rémunérés.
Commentant le fait que la crise dure depuis plus de deux ans, le directeur général de WestJet explique que la dernière convention collective, en vigueur depuis cinq ans, a été conclue en pleine pandémie.
Il y a donc un important retard à rattraper, car les rémunérations sont très en deçà de l’inflation. Nous reconnaissons donc qu'une amélioration significative est nécessaire, dit-il.
Les conciliateurs fédéraux sont présents à la table pendant cette phase de négociation, dit-il.
Menace de grève
Cette mobilisation des agents de bord se déroule en parallèle avec le vote des membres devant se conclure le 15 juillet, en vue d'une possible grève qui pourrait débuter dès le 2 août prochain.
Sans entente, il s'agirait du deuxième conflit de travail majeur chez WestJet en moins de deux ans, à la suite de la grève des mécaniciens survenue en juin dernier. Le SCFP assure toutefois que son objectif premier demeure la conclusion d'une entente négociée.
Nous ne voulons pas en arriver à une grève, et nous sommes ici aujourd’hui uniquement pour manifester notre solidarité avec le comité de négociation, précise Mme Rena Kisfalvi.
Elle dit espérer qu'avant le 2 août, WestJet se montrera aussi déterminée que nous à s’asseoir à la table des négociations et à conclure une convention collective équitable.
Avec les informations d'Adèle Doat et Anis R. Heydari


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