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Le retrait de la couronne britannique des armoiries du Québec la semaine dernière visait à purger cet emblème de ses références monarchiques en affirmant « l’autonomie de la nation québécoise ». Cette refonte héraldique a toutefois effacé l’un des legs d’Eugène-Étienne Taché, auteur de la devise « Je me souviens ».
La modification des armes du Québec par le gouvernement Legault a rappelé à plusieurs l’existence de cet emblème légué par la reine Victoria en 1868, dans l’année suivant la mise en place du dominion canadien.
À l’origine, les armoiries du Québec se limitaient à son bouclier médiéval, l’écu. Elles n’étaient dotées d’aucune ornementation extérieure, que ce soit une devise ou une couronne. Ces attributs ont toutefois été ajoutés sur la façade du parlement québécois dès 1883 par son architecte, Eugène-Étienne Taché.
« Il a mis des couronnes un peu partout pour compléter le dessin », explique l’expert en héraldique Marc Beaudoin. L’architecte entreprenant a également fait inscrire dans la pierre du parlement et le verre de ses mosaïques une devise de son cru : « Je me souviens ».
Ces quelques mots insérés au bas de l’écu ont fait l’objet de nombreuses interprétations depuis. On en a ainsi fait le préambule d’une autre devise : « Je me souviens… que né sous le lys, je croîs sous la rose ». Il s’agit toutefois de deux énoncés distincts, comme l’a montré l’historien Gaston Deschênes. Le premier évoque un simple devoir de mémoire.
Réforme
Les armoiries revues et augmentées par Taché ont été adoptées de facto par l’État québécois au moment de la signature des plans du parlement, en 1883. La couronne et la devise ont ainsi été reproduites sur les documents officiels bien avant sa refonte héraldique, survenue au début de la Seconde Guerre mondiale.
En décembre 1939, alors que les armées française et allemande se font face sur le Rhin, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout adopte un décret reconnaissant les ajouts de Taché. Cette opération est réalisée en douce, sans prévenir les autorités de Londres.
Sur les recommandations de l’héraldiste Maurice Brodeur, on en profite pour redessiner l’écu représentant les régimes français, britannique et canadien incarnés respectivement par les lis, un léopard et des feuilles d’érable. Sans surprise, le blason conçu en 1868 par le Collège des Hérauts de Londres avait fait l’impasse sur les 10 000 ans d’histoire autochtone ayant précédé la colonisation.
Le nombre de lis passe de deux à trois sur la bande supérieure de l’écu, dont les couleurs sont inversées afin de correspondre aux armes de la France de l’Ancien Régime. Leur silhouette est également amincie dans un esprit Renaissance évoquant l’époque de la prise de possession du Canada par l’explorateur Jacques Cartier.
Maurice Brodeur élague les branches d’érable que Taché avait ajoutées de part et d’autre de l’écu et redessine les feuilles de la partie inférieure du bouclier en se basant sur un modèle recueilli dans une érablière québécoise. L’expert reçoit 200 $ pour son travail, l’équivalent de 4000 $ aujourd’hui.
L’inversion des couleurs de la bande fleurdelisée de l’écu a eu pour effet de mettre en contact le bleu et le rouge du bandeau central. Ce voisinage contrevient à une règle élémentaire du blason, selon laquelle les « couleurs » doivent être séparées par des « métaux », comme l’or (jaune) ou l’argent (blanc). C’est du moins ce que croyait Burroughs Pelletier, qui fera office de conseiller héraldique de Maurice Duplessis à la fin des années 1940.
« Il n’y a pas de faute là-dessus », prévient Marc Beaudoin, en évoquant l’exception du « tiercé », qui désigne un écu divisé en trois bandes. L’essentiel est d’éviter le contact des couleurs à l’intérieur de chaque bande, comme c’est le cas, par exemple, du léopard d’or de l’écu qui se déploie sur un fond de gueules, c’est-à-dire rouge.
Effacement
Les armoiries du Québec ont été supplantées par le fleurdelisé, adopté par le premier ministre Duplessis en 1948. À partir de cette date, le blason sera surtout utilisé dans les publicités de l’Union nationale destinées à l’électorat anglophone, que l’on présumait réfractaire à l’étendard bicolore.
L’effacement progressif des armoiries est consolidé par le gouvernement de Daniel Johnson père, qui les retire de l’en-tête de sa papeterie en 1966. L’écu coiffé de sa couronne va toutefois s’incruster dans la cire du Grand Sceau du procureur général du Québec, jusqu’à son remplacement par une fleur de lis en 1979.
Les armoiries québécoises sont devenues la chasse gardée du lieutenant-gouverneur, qui les arbore sur son drapeau flottant à l’entrée de son bureau situé à l’arrière du parlement. L’avenir de cet étendard unique est en suspens.
« Nous sommes en discussion avec les partenaires concernés afin d’obtenir davantage d’informations sur les éventuelles implications de ce décret », a expliqué Ian Préfontaine, le porte-parole du cabinet de la lieutenante-gouverneure, dans un courriel affichant toujours les anciennes armes.
Les couronnes sculptées sur les façades des édifices de l’État québécois seront conservées « par souci de préservation du patrimoine », a indiqué le gouvernement Legault par voie de communiqué la semaine dernière. Il en va de même du diadème coiffant les armoiries peintes en 1920 au plafond du Salon bleu, que l’Assemblée nationale vient tout juste de restaurer.


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