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La recette pour sortir 31 personnes de la rue

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Où aller quand on sort de la rue ? Où se sentir en sécurité?  Si certains pensent que le choix est facile, les démarches s’avèrent plutôt facétieuses. L’organisme Point de Rue peut toutefois dire qu’elle connaît la recette, puisqu’elle a aidé 31 personnes à se trouver un toit.

Sortir une personne de la rue ne se fait pas en claquant des doigts. La plupart du temps, il faut partir de zéro. Certificat de naissance, carte d’assurance maladie, carte d’assurance sociale… les intervenants doivent s’assurer que la personne ait tout en main pour se stabiliser.

Mais pour l’organisme Point de Rue, ce marathon de démarches s’est conclu en plusieurs belles victoires.

« On a quand même 26 personnes qui se sont retrouvées dans une meilleure situation cet hiver, peut être quatre ou cinq autres cet été. On serait rendu à 31 personnes [cette année], affirme fièrement le directeur d’hébergement à l’organisme, Jean-Félix R. St-Germain.

Jean-Félix St-Germain dans un local avec des tables et des chaises.

Jean-Félix St-Germain (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau

Selon lui, les résultats sont perceptibles dans les rues de Trois-Rivières.

 L’été passé, on avait plus d’une centaine de personnes dans les campements. Là, on tourne autour de 70. Ça fait assurément une différence ! 

Une stabilité qui se crée à petits pas

La vie après la rue ne se dessine pas toujours de la même façon. Pour certains, un appartement individuel s’impose en raison d’un besoin d’isolement. Pour d’autres, un milieu qui offre une vie communautaire, comme une maison de chambres, est préférable.

C’est ce qu’explique Jean-Félix R. St-Germain, qui constate que, parfois,  c’est la solitude qu’ils vont trouver difficile .

C’est le cas pour Mario et Denis, qui, malgré le fait qu’ils ont un appartement, choisissent de passer la grande majorité de leur temps dans les rues de Trois-Rivières avec leurs amis, souvent, sans domiciles fixes.

Denis et Mario préparent leur vélo.

Bien qu’ils disposent désormais d’un appartement, Mario et Denis restent profondément attachés à la vie de la rue.

Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau

M. St-Germain souligne que, dans d’autres cas, la thérapie est un bon départ de la rue pour finalement régler une problématique avant d’essayer de se stabiliser.

Une recette qui donne le goût

Avec sa halte-douceur, qui permet aux personnes qui vivent dans la rue de dormir au chaud l’hiver, les intervenants de Point de Rue y voient une façon de donner le goût aux usagers, de sortir définitivement de la rue.

 Tu sais, quand on n’est jamais sûr si on peut dormir le soir, ou si on peut manger… et bien, quand on offre cette assurance-là, on redonne le goût à cette stabilité-là , constate ce dernier.

Un espace cuisine comprend une table et des chaises.

La halte-douceur accueille les personnes en situation d’itinérance pendant les nuits, du 9 décembre 2025 au 24 février 2026, de 20 h à 9 h. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Darcy Côté

Les séjours à la halte-douceur offrent donc du temps précieux aux intervenants, afin qu'ils accompagnent les usagers dans leurs démarches, tant personnelles que bureaucratiques, pour se sécuriser un logement.

D’après ses dires, l’acquisition de saines habitudes requiert tout autant de temps que l’enracinement des mauvaises.

Comment rassurer les propriétaires ?

Une autre facette de cette démarche est de trouver des propriétaires qui acceptent de louer un logement à quelqu’un qui sort de la rue.

Pour Jean-Félix R. St-Germain, l’un des meilleurs leviers de persuasion réside dans le programme de supplément au loyer (PSL). En effet, le locataire est tenu de verser 25 % de son revenu au propriétaire, et l’office d’habitation paie la différence.

Il est d’avis qu’il est nécessaire de faire de l’éducation auprès des propriétaires face à ce programme. D’après lui, avoir un locateur qui bénéficie du PSL s’avère plutôt sécurisant pour un propriétaire, puisque n’importe quel locataire régulier peut faire face à un imprévu et ne pas être en mesure de payer son loyer.

Des édifices sont en bordure d’une rue en hiver.

La halte-douceur est située au centre-ville de Trois-Rivières. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Darcy Côté

« Quand tu as 75 % de garantie de ton revenu, il y a beaucoup plus de chance que ton locataire soit capable de payer le 25 % restant, même s’il a un pépin », souligne-t-il.

L’organisme propose également d’aider les usagers avec la gestion de cet argent, qui se fait sur une base volontaire. Selon lui, la présence de l’organisme rassure souvent les propriétaires.

 On va mettre [l’argent] dans la fiducie, et le montant du loyer est pris directement dans son chèque. Après ça, il peut choisir, soit qu’on lui remette la totalité du chèque, ou qu’on le sépare en quatre semaines pour qu’il y en ait un peu toutes les semaines. C’est selon la volonté de la personne , explique-t-il.

Avec les informations de Julie Grenon

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