Récemment, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a communiqué à propos de son utilisation de la réalité virtuelle (VR). Cette technologie permet de ressentir et comprendre des situations de guerre et ainsi, de former le personnel humanitaire, sensibiliser le grand public et les militaires et plus largement, de prévenir les violations du droit international humanitaire.
Des solutions VR pour divers secteurs opérationnels
Habituellement, les applications de réalité virtuelle dans le secteur militaire sont davantage mises en avant en comparaison à celles potentiellement plus portées sur la prévention et la sensibilisation. Cette technologie est d’ailleurs largement explorée par l’armée des Etats-Unis depuis plusieurs années pour équiper les soldats et même des chiens de combat. Cependant, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a évoqué le recours à la VR à des fins beaucoup plus pacifiques, dans un communiqué publié le 26 février 2026.
En 2012, le CICR a monté une équipe pour travailler sur la réalité virtuelle, avec la mission d’expérimenter des environnements générés par ordinateur à des fins d’éducation, de communication mais également, de promotion du respect du droit international humanitaire (DIH) par les autorités et les forces armées. Les premières simulation ciblaient donc davantage les formations relatives aux personnes habilitées à porter une arme, notamment les militaires. Par la suite, l’équipe a élaboré ou collaboré à d’autres solutions VR à destination de divers secteurs opérationnels, notamment la médecine légale, la réhabilitation physique ou encore, l’industrie du jeu vidéo.
« Les technologies immersives offrent désormais une nouvelle dimension à ces efforts, en permettant de confronter les participants à des situations proches du réel, sans les exposer aux risques du terrain. », peut-on lire dans le communiqué du CICR.
Source: DRFormation, sensibilisation et respect du droit
Les expériences de réalité virtuelle dont il est ici question permettent, notamment auprès des autorités, de mieux appréhender les réalités vécues sur le terrain par les populations civiles, les acteurs humanitaires et les militaires. Toutefois, il est aussi question de préparation des équipes avant leur arrivée sur site. Il peut s’agir d’exercices de gestion d’une situation de prise d’otage, de visites de lieux de détention ou encore, de pratiquer des opérations médico-légales complexes. Dans certains cas, les contenus peuvent concerner la formation aux premiers secours et la préparation aux catastrophes naturelles. Également, les formats peuvent varier en proposant des films à 360° et des expériences multi-joueurs, entre autres.
Pour le CICR, la réalité virtuelle peut surtout représenter un levier de changement des comportements. Il faut dire qu’en temps de conflit, les prises de décision interviennent sous pression et cette technologie place directement la personne dans la peau de celle qui doit agir. Dans la mesure où l’immersion favorise l’apprentissage comportemental, le cerveau de l’utilisateur peut réagir en réalité virtuelle comme s’il s’agissait d’une expérience réelle. Ainsi, bien que le danger soit absent, le stress, le sentiment de responsabilité et l’hésitation sont quant à eux bien présents. Ainsi, la VR permet d’expérimenter des choix, d’en comprendre les effets et d’en tirer des enseignements durables.
Alors que sur le terrain, toute prise de décision peut avoir des conséquences terribles – avec des vies humaines en jeu – le CIRC espère transformer l’immersion en prise de conscience, puis en comportements conformes au droit. En bout de chaine, l’un des objectifs est en effet de prévenir les violations du DIH de différents types, comme les attaques contre les civils (et biens civils), les souffrances inutiles et mauvais traitements contre les prisonniers et les blessés (ex : torture, usage d’armes interdites) ou encore, la destruction de l’environnement.


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