Petit à petit, les craintes de surpopulation sur Terre s’estompent avec une perspective très particulière : avant la fin de ce siècle, la population mondiale devrait commencer à diminuer. S’agit t-il réellement d’un frein en termes de productivité ? Devrons-nous faire face à des conséquences néfastes pour nos sociétés ?
Un taux de fécondité en chute libre un peu partout
Au début de l’humanité il y a plusieurs millions d’années, la croissance de la population était très faible et ce, jusqu’en – 60 000. Vers – 10 000, la population mondiale est estimée entre 5 et 10 millions d’individus. Vient ensuite l’Antiquité durant laquelle la population dépasse les 200 millions (en l’an 0), puis le Moyen-âge et la Renaissance, des périodes se caractérisant par une croissance plutôt lente et ponctuées de crises comme celle de la Peste noire (1347-1352) ayant décimé entre 30 et 50% de la population européenne. Dès le XVIII siècle, la transition démographique puis les révolutions industrielles entrainent une croissance rapide, 1804 étant l’année où l’humanité a atteint le nombre de un milliard d’individus. Entre 1900 et aujourd’hui, ce nombre est passé de 2 à 8 milliards de personnes – 8,3 milliards en ce début d’année 2026.
Pour la suite, les perspectives annoncent un pic à environ 10,3 milliards vers 2080 avant une baisse progressive, comme l’indiquait notamment une publication de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 2024. Pourtant, les prévisions étaient assez différentes dans les années 1990 puisque les experts tablaient sur un nombre se situant entre 12 et 15 milliards vers 2100. Or, cette baisse à venir n’est pas le fruit du hasard car, si dans les années 1950, le taux de fécondité mondial moyen était de cinq enfants par femme, ce dernier est désormais en chute libre un peu partout sur Terre. Aujourd’hui, celui-ci oscille entre 2,2 et 2,3 enfants par femme, à peine plus que le seuil nécessaire au renouvellement de la population (2,1).
Sommes-nous à l’aube d’une importante crise démographique ? Quels seront les effets sur les sociétés humaines ? Ce 20 février 2026, le Discover Magazine a publié un article s’essayant à un début de réponse.
Crédit : Auris / iStock
Un déclin pas forcément synonyme de récession
Voir cette inversion démographique comme une récession est peut-être une erreur. Depuis l’invention de l’agriculture au Néolithique, la logique de la force physique a dominé l’Histoire, c’est à dire que la richesse d’une population était tout simplement son nombre, comme levier de croissance. En ce temps, le volume de la population traduisait son niveau de production. Or, ce modèle de « croissance extensive » devient obsolète, principalement en raison des progrès et innovations technologiques. Désormais, la valeur d’un pays ne se mesure pas seulement à la taille de sa population mais également et surtout par sa force de production par habitant, sa capacité d’innovation mais aussi, la bonne santé de sa population et son niveau d’éducation.
Selon certains experts, une population dont le nombre décline mais qui jouit d’une meilleure espérance de vie, d’un bon niveau en termes de santé et d’éducation et de moyens technologiques avancés ne sera pas un terrain favorable à la chute du niveau de vie des habitants. En revanche, ce genre de déclaration n’est pas sans limite.
En effet, analyser la dynamique démographique mondiale sous le seul prisme de la productivité est peut-être également une erreur en soi. Si les notions évoquées plus haut peuvent contrebalancer la baisse de la population mondiale, rien n’indique que la cohésion sociale sera de mise, même chose en ce qui concerne la paix entre les pays. Le fait est que nous évoquons tout de même un monde dans lequel la retraite et les dépenses de santé de trois ou quatre personnes âgées reposerons sur un seul citoyen actif. En somme, tout est possible et l’avenir de la population humaine est comme celle de notre planète : assez incertaine.


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