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La myosite éosinophilique, une infection indétectable, cause des lésions verdâtres sur les muscles des agneaux, les rendant impropres à la consommation humaine. Le parasite Sarcocystis, à l’origine de cette infection, se trouve chez les canidés sauvages, comme les coyotes. Impuissants, les producteurs d’agneaux du Bas-Saint-Laurent doivent s’adapter à cette réalité.
Selon Julie Arsenault, professeure titulaire en épidémiologie vétérinaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, il est impossible de savoir si un agneau a été infecté ou non. Les carcasses atteintes de la myosite éosinophilique sont condamnées et elles ne sont pas propres à la consommation. On ne signale toutefois aucun risque pour les humains.
Dans notre étude, on s’est rendu compte que les agneaux lourds les plus beaux étaient les plus affectés. C’est rendu à l’abattoir, une fois que l’animal est ouvert, qu’on voit à l'œil nu des lésions verdâtres sur les muscles.
Cet agneau-là n’apporte aucun revenu à l’agriculteur qui a dépensé de l’argent pour le faire grandir. C’est une perte nette pour l’entreprise, précise Julie Arsenault. Pendant l’étude qu’elle a menée entre 2013 et 2022, 413 carcasses d’agneaux ont été condamnées au Québec en raison de la myosite éosinophilique.
Au cours de la même période, quatre régions ont présenté des taux de condamnation de plus de 5 pour 10 000 agneaux lourds. Il s’agit du Bas-Saint-Laurent, du Centre-du-Québec, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Des cas de myosite éosinophilique ont été vus dans toutes les régions productrices d'agneau au Québec.
Cette infection est causée par un parasite appelé sarcocystis. Celui-ci se trouve dans les canidés sauvages. Le parasite est ingéré, puis excrété dans les matières fécales de l’animal, avant de se retrouver dans l’environnement. Lorsque le parasite est ingéré par les moutons et les agneaux, dans leur pâturage, par exemple, il se loge dans leurs muscles. C’est la réaction de l’animal contre le parasite qui va causer les lésions de myosite éosinophilique, ajoute Mme Arsenault.

La ferme l'Abitibienne de Saint-Mathieu-de-Rioux compte plus de 1200 moutons, brebis et agneaux.
Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs
Les animaux infectés représentent donc une perte nette pour les producteurs, qui sont impuissants devant cette situation. Le producteur ovin de Saint-Mathieu-de-Rioux Alexandre Anctil plaide pour un meilleur contrôle des populations de coyotes dans la région.
Tu peux avoir une régie impeccable, puis te retrouver avec un certificat de condamnation qui te jette en bas de ta chaise et qui te fait perdre des milliers de dollars parce qu’ils ont détecté la présence du parasite une fois l'animal abattu, renchérit le président du Syndicat des producteurs ovins du Bas-Saint-Laurent, Alexandre Anctil. Les animaux de son élevage ne sortent plus à l’extérieur en raison de la présence de coyotes.

Alexandre Anctil est copropriétaire d'une ferme ovine de plus de 1200 têtes.
Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs
Comment on fait pour faire en sorte que, dans nos fourrages, il n'y ait pas de déjections animales? On ne va pas se promener dans nos champs, aller ramasser des petits besoins de coyote, ça n'a aucun sens. Il faut qu'on fasse notre travail comme d'habitude, et espérer qu'il n'y a pas eu de contamination autour de nos bâtiments, autour de nos champs, c'est tout ce qu'on peut faire.
Les pertes de revenus liées à la myosite éosinophilique peuvent augmenter rapidement lorsque plusieurs animaux d’un même cheptel en sont atteints. Afin de prévenir la contamination, la professeure titulaire en épidémiologie vétérinaire estime qu’il faut limiter tous les contacts entre les coyotes et les moutons. Les canidés sauvages s’infectent en mangeant les carcasses de moutons, ce qui perpétue le cycle du parasite, précise Mme Arsenault.
Elle est d’avis que d’autres études doivent être menées pour mieux connaître les espèces de Sarcocystis qui sont présentes au Québec. Selon la chercheuse, cette information serait pertinente pour mieux comprendre les mécanismes de transmission de l’infection.


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