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FIGAROVOX/TRIBUNE - Le maire divers droite de Briançon, Arnaud Murgia, raconte comment l’extrême gauche a largement contribué à nourrir un climat de tension dans sa ville. Et il accuse La France insoumise d’entretenir une hystérisation du débat qui finit par nourrir la violence physique.
La mort tragique de Quentin à Lyon n’est pas un fait divers, c’est un drame national. Un jeune homme de 23 ans a perdu la vie, sauvagement lynché, au terme d’un engrenage de haine et de violence qui n’a rien d’accidentel. Ce crime nous oblige collectivement. Il nous oblige à regarder en face une réalité trop longtemps minimisée, voire occultée : la réintroduction de la violence dans le débat public français.
Depuis plusieurs années, une partie de la classe politique s’emploie à conflictualiser aussi méthodiquement que systématiquement le débat démocratique. La violence verbale, l’invective permanente, l’anathème et l’outrance ont remplacé l’argumentation et la raison. Cette brutalisation des mots n’est jamais neutre. Elle prépare, légitime et nourrit la violence physique dont elle constitue souvent l’aboutissement logique.
Il faut avoir le courage de nommer les choses. La France insoumise, car c’est principalement d’elle qu’il s’agit, a fait de l’hystérisation du débat public une stratégie politique assumée. Menaces, insultes, mises en cause personnelles, mise en scène permanente de la tension : chacun peut en observer chaque semaine les manifestations jusque dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, trop souvent transformée en théâtre de la provocation et de l’outrance. Ce climat délétère n’est pas sans conséquence. Il diffuse bien au-delà de Paris et des réseaux sociaux. Il irrigue les territoires, y compris les plus éloignés des grands centres urbains.
Maire de Briançon, ville de montagne et de frontière, je peux en témoigner. Depuis plusieurs années, à la faveur de la crise migratoire, des groupes se réclamant de l’ultra-gauche ont tenté de faire de notre commune un terrain d’affrontement idéologique. Instrumentalisation permanente de la détresse humaine, culpabilisation systématique des habitants, remise en cause de l’État de droit, pressions, menaces, dégradations : nous avons connu, ici aussi, ce cortège de violences physiques et symboliques.
Je veux saluer celles et ceux qui, ces derniers jours, à l’instar de François Hollande ou Raphaël Glucksmann, ont choisi la clarté et le courage : aucune alliance avec La France insoumise.
Face à cela, j’ai choisi de dire non. Non à la complaisance. Non au relativisme. Non à l’idée selon laquelle certaines violences seraient plus acceptables que d’autres en fonction de leur couleur politique. J’ai défendu Briançon et les Briançonnais, l’État de droit, les institutions républicaines dans un climat souvent nauséabond d’intimidation. J’ai souvent constaté, hélas, une troublante indulgence à l’égard de ceux qui bafouent la loi au nom de causes qu’ils s’arrogent.
Cette complaisance est aussi politique. Elle engage la responsabilité morale et politique de formations comme La France insoumise et de leurs alliés, qui soutiennent, excusent ou refusent de condamner clairement des comportements pourtant intolérables, tels ceux de la Jeune Garde. Par leurs silences, par leurs ambiguïtés, par leurs mots parfois, ils ont contribué à normaliser, banaliser l’inacceptable. Encore récemment, à Briançon, des propos infamants visant l’État et les institutions ont été tenus publiquement par un responsable associatif, conduisant le préfet des Hautes-Alpes à effectuer un signalement auprès du Procureur de la République.
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Soyons clairs : toute violence est inacceptable. D’où qu’elle vienne. De droite comme de gauche. La République ne saurait tolérer ni coups, ni menaces, ni intimidations, ni appels à la haine. Mais la lucidité impose de reconnaître qu’il existe aujourd’hui un deux poids, deux mesures. Les violences issues de l’extrême gauche ont trop souvent bénéficié d’une indulgence coupable. Le résultat, nous le voyons aujourd’hui dans ce qu’il a de plus tragique.
En 2026, en France, on ne devrait pas mourir pour ses idées. L’heure est au sursaut, à la responsabilité collective. Le premier ministre l’a rappelé récemment à LFI à l’Assemblée nationale : « il est temps de faire le ménage dans vos propos, dans vos idées et dans vos rangs ». Ce message doit être entendu au-delà, en particulier par une gauche de gouvernement qui n’a rien à voir avec une formation politique qui prospère sur la division, l’exacerbation des tensions et le rejet de l’adversaire.
Je veux saluer celles et ceux qui, ces derniers jours, à l’instar de François Hollande ou Raphaël Glucksmann, ont choisi la clarté et le courage : aucune alliance avec La France insoumise. Ce n’est pas une posture électorale. C’est une exigence de principe. La République ne peut pas transiger avec ceux qui jouent avec le feu. Car l’Histoire nous l’enseigne : quand la violence politique est tolérée, elle finit toujours par se retourner contre la démocratie.


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