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Dans un rapport déposé au Parlement canadien le 23 mars dernier, la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, a indiqué que les efforts de recrutement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont très loin de ses objectifs prévisionnels, malgré un afflux de candidatures. La pénurie d'agents se fait surtout ressentir au Manitoba.
Le taux de postes à pourvoir au Manitoba est de 17 %, soit, le taux le plus élevé parmi les provinces canadiennes, sans compter les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.
Sur les 1299 postes disponibles au sein de la GRC au Manitoba, 228 sont vacants.
Le surintendant principal et dirigeant principal du recrutement de la GRC, Alexandre Laporte, explique que le défi lié à l’attractivité des provinces est récent.
Le Manitoba est une vaste province, et un grand nombre de ses collectivités, dont la GRC assure la protection, sont éloignées et peu accessibles ou uniquement par voie aérienne l’hiver, dit-il. Si bon nombre de policiers de la GRC sont désireux de se rendre au Manitoba en raison de cette diversité d’environnements, d’autres préfèrent travailler et vivre dans un lieu à proximité des services et équipements collectifs qui sont offerts en milieu urbain.
Il y a plusieurs années, les gens semblaient vouloir vivre l'expérience unique d'aller dans des postes éloignés et apprendre les cultures des communautés sur place. Mais la nouvelle génération a une approche un peu différente et les centres urbains peuvent être plus attractifs pour certains.
La GRC au Manitoba compte 80 détachements couvrant l’ensemble de la province. Ils sont répartis dans trois districts, soit Nord, Est et Ouest.
Répartition des effectifs de la GRC au Manitoba
| District Est | 25 postes vacants |
| District Nord | 20 postes vacants |
Le coût moyen pour attirer et former un nouvel agent au cours des exercices 2023‑2024 et 2024‑2025 était d’environ 247 000 $.
Le bureau du vérificateur général du Canada (BVG) a indiqué que la politique d’affectation flexible, qui, à l’origine, avait été mise en place pour stimuler le recrutement au national, a entraîné des niveaux d’effectifs inégaux à travers le pays, et aggravé les pénuries dans le Nord, les Prairies et certaines provinces de l’Atlantique.
Le rapport du BVG met aussi en lumière un processus de recrutement qui s’est allongé d’une trentaine de jours entre avril 2023 et juillet 2025.
Diminuer le délai de traitement des candidatures est l’un des objectifs d’amélioration principaux pointés par le rapport.
Avec les étapes qu'on a mises en place, on a réduit ce processus à environ 365 jours par année. Notre but pour 2028-2029, c'est de réduire ça à six mois, donc c'est agressif, mais c'est nécessaire pour différentes raisons.
La GRC précise que, depuis septembre dernier, la priorité est donnée aux candidats qui résident au Manitoba et en Saskatchewan, ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.
Ces efforts portent leurs fruits, car 41 nouveaux policiers devraient entrer en fonction au Manitoba au cours des deux mois qui suivent leur promotion à la Division Dépôt. La police fédérale organise aussi régulièrement des foires de recrutement, et la prochaine aura lieu à Steinbach le 21 avril.
En matière de francophonie, des efforts de recrutement sont menés dans tout le pays, et de nombreux agents francophones ont été affectés au Manitoba. Certains agents francophones du Québec, par exemple, ont choisi le Manitoba pour une affectation de deux ans, indique la GRC.


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