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Entourée de médecins en blouse blanche et de militants applaudissant la cérémonie, la gouverneure démocrate Maura Healey a signé le 10 août 2026 le Prioritizing Patient Access to Care Act. Derrière ce titre administratif soigneusement inoffensif se trouve une modification majeure de la législation du Massachusetts sur l’avortement tardif.
Le gouverneur du Massachusetts signe pour permettre l’avortement jusqu’à la naissance pic.twitter.com/pEEG1jKKIM
— Aldo Sterone (@AldoSterone111) August 11, 2026
Ce que la loi H.5595 change après 24 semaines
Jusqu’à présent, une interruption de grossesse pratiquée après 24 semaines devait répondre à l’un de quatre motifs : protéger la vie de la mère, préserver sa santé physique ou mentale, constater une anomalie fœtale létale ou diagnostiquer une affection grave incompatible avec une survie durable hors de l’utérus.
La loi H.5595 efface cette liste. Elle la remplace par une formule beaucoup plus large : « un avortement peut être pratiqué par un médecin sur la base de son jugement professionnel ». Le seuil des 24 semaines reste mentionné dans la structure de la loi, mais aucune durée maximale ni aucun motif médical obligatoire ne viennent ensuite limiter l’intervention.
En clair, le texte ne contient plus de barrière légale correspondant à la viabilité de l’enfant. Un avortement peut donc, juridiquement, être autorisé très tard dans la grossesse, y compris à proximité du terme, si un médecin considère l’acte justifié.
Le « jugement professionnel » comme dernière frontière
La réforme précise également qu’aucune procédure de contrôle médical ne pourra passer outre la décision du médecin traitant, de la patiente ou de son représentant. Les élus ont donc supprimé les critères écrits tout en réduisant la possibilité qu’une instance hospitalière s’oppose à l’intervention.
Maura Healey présente cette évolution comme une réponse aux grossesses devenues médicalement complexes. « Les décisions de santé doivent être prises entre les femmes et leurs médecins », a-t-elle déclaré lors de la signature. Son administration évoque notamment des diagnostics fœtaux graves et des patientes auparavant contraintes de quitter l’État.
Mais le texte voté ne se limite pas à ces situations dramatiques. Il ne réclame plus qu’une anomalie soit mortelle, qu’une grossesse menace la mère ou que l’enfant soit incapable de survivre. La justification politique se veut étroite ; la rédaction juridique, elle, ouvre beaucoup plus grand la porte.
Un enfant viable sans protection explicite
À 24 semaines, certains enfants prématurés peuvent survivre avec une prise en charge intensive. La nouvelle loi ne crée pourtant aucune protection spécifique liée à cette viabilité. Elle préfère confier l’ensemble de la décision au corps médical, comme si le second patient présent dans la pièce n’avait aucune existence propre.
Au Massachusetts, la médecine reçoit ainsi un pouvoir que la loi refusait encore d’assumer ouvertement : décider jusqu’au dernier moment si une naissance aura lieu.


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