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Les quelque 400 pêcheurs de crabe des neiges du Nouveau-Brunswick et de la Gaspésie doivent encore patienter avant de lancer leur saison dans la zone 12, la plus importante de l’est du pays. La présence de glace dans le golfe du Saint-Laurent retarde les activités, dans un contexte déjà marqué par des quotas en baisse et une hausse importante des coûts.
À Sainte-Thérèse-de-Gaspé, Sylvain Roussy fait partie des pêcheurs qui tentent de s’adapter. Pêcheur de poissons de fond, il a obtenu un petit quota de crabe pour maintenir ses activités.
Sauf que cette année, il doit composer avec une troisième baisse en autant d’années. Le quota total dans la zone 12 atteint désormais un peu moins de 13 000 tonnes, ce qui limite sa propre récolte à environ 20 000 livres.

Sylvain Roussy, pêcheur de crabe des neiges à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, doit composer avec la baisse des quotas et la hausse des coûts cette saison.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Avec les quotas qui diminuent, normalement les prix devraient augmenter.
À cette pression s’ajoute la flambée du prix du diesel, qui pèse lourdement sur la rentabilité des sorties en mer. Le diesel, je l’ai payé autour de 1,80 $ récemment. Il y a 10 ans, c’était 60 ou 70 cents. L’impact sur la rentabilité est énorme, affirme le pêcheur.
Entre glace et course contre la montre
Comme chaque année, les crabiers gaspésiens doivent aussi attendre leurs collègues de la péninsule acadienne avant de prendre le large. La glace bloque toujours les quais de Caraquet et de Shippagan, retardant l’ouverture de la saison pour l’ensemble de la zone.
Une fois en mer, la course contre la montre s’enclenche. Les pêcheurs doivent capturer leur quota rapidement avant le passage des baleines noires, qui entraîne des restrictions et des déplacements d’engins.
Le plus important, c’est si on sort plus de bonne heure, on sauve une partie des baleines, qui est notre plus grand problème dans ces années-ci , explique Sylvain Roussy.
Le crabe des neiges est une espèce cyclique. Après plusieurs années d’abondance entre 2018 et 2022, les stocks ont diminué, forçant les autorités à réduire les captures.
Le biologiste de Pêches et Océans Canada, Tobie Surette, rappelle que ces ajustements visent à protéger la ressource.
Comparativement au homard, le crabe des neiges a des quotas fixes. La pêche suit l’abondance de la population d’assez près, ce qui permet de ne pas extraire trop de crabes lorsque les stocks sont faibles.
Depuis 2023, les quotas dans la zone 12 ont chuté de plus de 50 %. Les scientifiques entrevoient toutefois une reprise graduelle. Il y a une quantité de petits crabes qui grandissent et qui atteindront la taille légale dans les prochaines années. On estime qu’une augmentation de la biomasse commerciale pourrait survenir dès l’an prochain, ajoute Toby Surette.
Malgré tout, Sylvain Roussy garde espoir que cette période difficile tire à sa fin. Je ne suis pas trop inquiet. Normalement, dans les prochaines années, la situation devrait revenir à la normale. Mais c’est certain que ce sont des saisons plus difficiles en ce moment, avance-t-il.
Les pêcheurs et Pêches et Océans Canada doivent faire le point sur l’état des glaces le 8 avril, avant de fixer une date pour le début de la saison.


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