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La Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) a donné le coup d’envoi de sa nouvelle saison artistique avec No Exit, une exposition de l’artiste sudburois Tarun Godara.
Présentée en partenariat avec Up Here, l’exposition a été inaugurée vendredi dernier à l’occasion de la première journée du festival.
Au cœur de la galerie, on retrouve Limbo, une imposante installation construite entièrement à partir de matériaux recyclés.
L'œuvre évoque un sentiment d’enfermement et de stagnation, celui d’être coincé dans des circonstances, des relations ou des lieux dont il semble impossible de s’échapper.
Pour Tarun Godara, ce sentiment est intimement lié à son propre parcours.
Installé à Sudbury depuis bientôt dix ans, l’artiste multidisciplinaire originaire de l’Inde puise dans son expérience comme personne racisée et queer pour créer.
Depuis quelques années, une grande partie de son travail porte notamment sur les questions d’immigration.
J’ai failli faire face à une déportation, explique-t-il. Retourner en Inde n’était pas une option pour moi.

Tarun Godara est l'artiste derrière l'exposition «No Exit» à la GNO.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
L’an dernier, un moment d’espoir est venu changer la trajectoire de son parcours. En plein Mois de la fierté, sa demande de résidence permanente a été approuvée.
Après des années d’incertitude, il croyait enfin pouvoir tourner la page, mais cette approbation n’était pas la fin du processus. Elle devait encore être confirmée, une étape qui peut prendre plusieurs mois.
Un an plus tard, son statut demeure toujours incertain.
Vivre entre deux mondes
Pour Tarun Godara, un retour dans son pays d’origine signifierait devoir renoncer à une partie de la vie qu’il a construite au Canada.
En Inde, les relations entre personnes de même sexe ont été dépénalisées en 2018 par la Cour suprême, mais le mariage homosexuel n'est pas encore légal.
Je ne peux pas me présenter tel que je suis devant ma famille en Inde, affirme-t-il.
Y retourner, ce serait revenir sur tous les progrès que j'ai faits comme personne queer.
L'artiste reconnaît que les droits des personnes LGBTQ+ ont progressé en Inde, mais estime que les avancées législatives ne reflètent pas toujours la réalité vécue par les personnes queers.
Les mentalités n’ont pas toutes changé. Il y a encore beaucoup de haine et de crimes haineux, soutient-il.
Son propre parcours a d'ailleurs été largement médiatisé dans ses deux pays, l'exposant à une vague de commentaires racistes, xénophones et homophobes sur les réseaux.
Plusieurs d'entre eux, publiés en anglais, en hindi et en pendjabi, ont été intégrés à Limbo.
Cette installation représente les défis des dernières années depuis l’approbation de ma résidence permanente, résume Tarun Godara. Pas seulement l’aspect légal, mais aussi le regard du public qui m’a amené à remettre en question mon parcours et à me demander à quoi ressemblerait ma vie à l’avenir.

L’œuvre intègre des commentaires haineux publiés en ligne au sujet de Tarun Godara.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
Transformer l'incertitude en création
No Exit a pris forme au cours d’une résidence artistique d’environ un mois réalisée cet été à la GNO. Tarun Godara a construit son installation directement dans la galerie, avec l’aide de l’équipe technique.
Pour Anyse Ducharme, responsable du développement éducationnel à la GNO, le projet s’inscrit pleinement dans la volonté de la galerie de soutenir des pratiques artistiques porteuses de sens.
C’est tellement une œuvre importante, c’est tellement une pratique artistique intéressante, affirme-t-elle.
Selon elle, cette première exposition donne le ton à la saison artistique 2026-2027 de la galerie.

Des papiers portant sur le statut d'immigration de Tarun Godora sont collés sur les murs de la galerie.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
De son côté, Tarun Godara espère que No Exit permettra de susciter une réflexion sur les réalités du système d’immigration, tout en sensibilisant le public au racisme envers les personnes sud-asiatiques.
Et malgré le sentiment d'enfermement qui est au cœur de son exposition, l'artiste ne veut pas que l’œuvre soit uniquement associée à la peur ou à la solitude.
Ce qui m’a permis de tenir bon, c’est le soutien des gens autour de moi. Ces personnes m’ont donné la force de continuer à me battre pour ma liberté, conclut-il.
No Exit est présentée à la Galerie du Nouvel-Ontario jusqu'au 17 septembre.


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