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Les chambres de commerce de l’Abitibi-Témiscamingue joignent leurs voix à celle de la Conférence des préfets en cette période électorale : la région ne reçoit pas sa juste part des investissements du gouvernement du Québec et, par conséquent, elles demandent une hausse des investissements publics dans la région.
L’Abitibi-Témiscamingue contribue largement à la prospérité du Québec, mais elle ne dispose pas toujours des leviers nécessaires pour soutenir son développement selon les cinq chambres de commerce.
Ça fait longtemps qu’on le dénonce, ajoute avec vigueur Éric Beaupré, qui est président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda.
Un message qui fait référence au « déséquilibre fiscal » dénoncé par la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT).
En effet, au début du mois de mai 2025, la CPAT présentait les résultats d’une étude qu’elle a commandée à la firme Aviseo. Résultat, la région génère davantage de revenus pour le gouvernement québécois qu’elle n'en reçoit en investissements publics. Selon l’étude, le déficit fiscal annuel se situerait à 666 M$ et 822 M$. Sur 10 ans, ce déséquilibre pourrait se chiffrer à 6,7 milliards $.

Les chambres de commerce craignent que la région soit oubliée au profit des enjeux de la guerre commerciale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Clara Fortin
Les chambres de commerce soutiennent aussi que les entreprises de l’Abitibi-Témiscamingue ont besoin de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande et que cette rareté de la main-d'œuvre est l’un des principaux freins à la croissance économique régionale.
Le plus gros problème qu’ont les entreprises de chez nous présentement, c’est la main-d’œuvre. Même les minières commencent à avoir des difficultés, raconte le président du conseil d’administration.
Pour ces raisons, les chambres de commerce demandent au gouvernement de faciliter le processus d’immigration des nouveaux travailleurs. Non seulement pour leur intégration, mais dans la rétention de la main-d’œuvre, puisqu’elle constitue un outil essentiel au développement économique.
De l’aide, on n’en a pas. C’est compliqué. Les deux paliers de gouvernement ne se parlent pas. Présentement, il y a des travailleurs qui sont retournés chez eux. Des gens qui ont quitté la région, qu’on a perdus. Des travailleurs que l’on avait formés. Et ça, c’est la doléance que l’on entend le plus, on a beaucoup d’appels sur cet enjeu-là. Ça explose présentement, s’inquiète Éric Beaupré.

Selon les chambres de commerce, la pénurie de logements frappe aussi l'Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jessica Gélinas
Or, comme partout au Québec, l’Abitibi-Témiscamingue est victime de la pénurie de logements. Les chambres de commerce demandent un investissement dans le logement, les services de garde, l’éducation et les services de proximité.
Et selon le président, si la région recevait sa juste part des investissements publics, ces projets pourraient se faire. On a besoin de cet argent-là, ajoute l’homme d’affaires. Le privé s’implique, le privé en met, mais le privé ne peut pas tout faire.
Demandes des chambres de commerce de l’Abitibi-Témiscamingue
Assurer la disponibilité énergétique nécessaire à la réalisation des projets industriels, miniers et économiques actuels et futurs;
Permettre aux collectivités de bénéficier davantage des retombées générées par l'exploitation des ressources naturelles;
Accroître l'autonomie des régions dans les décisions qui les concernent et reconnaître leur capacité à définir leurs propres priorités de développement;
Soutenir durablement l'occupation du territoire par des investissements dans le logement, les services de garde, l'éducation et les services de proximité;
Reconnaître l'immigration comme un outil essentiel de développement économique régional en facilitant le recrutement, l'intégration et la rétention des travailleurs immigrants.
En conférence de presse mardi, le président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, a dit craindre que la région soit oubliée alors que la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis prend une place importante dans cette campagne électorale.
Éric Beaupré est du même avis. On n’en parle pas assez, on ne parle pas beaucoup de l’immigration et des travailleurs étrangers. C’est désolant. On ne sent pas qu’on a une écoute des partis politiques, conclut-il.


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